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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 17:11

saintjulien.jpg

 

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 10:22

Encore un explorateur, un expérimentateur, de la brièveté : un croqueur de tranches de vie ! (que dis-je de tranches, de carpaccio de vie !!); bien sûr ce ne sont pas des haïkus (ni vraiment «des haïkus à la française » dixit Pierre Assouline sur son blog!), mais par leur concision, leur relative objectivité, leur prosaïsme et aussi parfois leur poésie ces petits textes de Félix Fénéon (1861-1944), nous rappelle que ces qualités là en tout cas ont toujours été présentes sous bien des formes dans notre langue.   

C’est dans une rubrique intitulée Les « Nouvelles en trois lignes » que les dépêches de dernière minute reçues au journal Le Matin (en 1905 et 1906), étaient publiées sous formes de « brèves»… qui en disent long.

Ces « mini romans » connaissent une nouvelle jeunesse puisqu’un éditeur américain , qui publie d’autres auteurs français passés dans le domaine public, les a fait traduire en anglais et les diffuse régulièrement sur Twitter : Lien 
Bref, presque rien ne se crée, presque tout se transforme… en gazouillis :

 

« Elle tomba.

Il plongea.

Disparus. 

 

 Mlle Paulin, des Mureaux, 46 ans,

a été saccagée, à 9 heures du soir,

 par un satyre. 

 

Madame Fournier,

M. Voisin, M. Septeuil se sont pendus :

neurasthénie, cancer, chômage. 

 

 Allumé par son fils, 5 ans,

un pétard à signaux de train éclata sous les jupes de Mme Roger, à Clichy :

le ravage y fut considérable

 

Il n'y a même plus de Dieu pour les ivrognes  :

Kersilie, de Saint-Germain, qui avait pris la fenêtre pour la porte,

est mort.

 

Le mendiant septuagénaire Verniot, de Clichy, est mort de faim.

 Sa paillasse recèlait 2000 francs.

 Mais il ne faut pas généraliser.

 

Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme.

 Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère :

le coup porta.

 

Au faîte de la gare d'Enghien, un peintre a été électrocuté.

On entendit claquer ses mâchoires,

et il s'abattit sur la marquise.

 

M. Abel Bonnard, de Villeneuve-Saint-Georges,

qui jouait au billard, s'est crevé l'oeil gauche

en tombant sur sa queue.

 

Catherine Rosello, de Toulon, mère de quatre enfants,

 voulut éviter un train de marchandises.

Un train de voyageurs l’écrasa

 

Une machine à battre happa Mme Peccavi.

On démonta celle-là pour dégager celle-ci.

Morte. 

 

 Le syndicat de l’arsenal de Rochefort

a décidé de présenter quatre revendications.

Le refus ?

La grève.

 

Un flacon flottait.

Mauritz, de Sèvres,  se pencha pour le prendre et tomba dans la Seine.

Il est maintenant à la morgue. 

 

 Séquestrées, martyrisées, affamées par leur marâtre,

 les fillettes du Brestois Joseph, enfin délivrées,

sont squelettiques. 

 

 Derrière un cercueil, Mangin, de Verdun, cheminait.

Il n’atteignit pas, ce jour-là, le cimetière.

La mort le surprit en route. 

 

Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve

en dépôt chez le receveur des contributions directes de Sousse,

rien.

 

 Mme Olympe Fraisse conte que,

dans le bois de Bordezac (Gard),

un faune fit subir de merveilleux outrages à ses 66 ans. 

 

Les femmes rouges d’Hennebont

ont saccagé les vivres qu’apportaient aux ouvriers rentrés aux forges

 les femmes jaunes. 

 

C’est au cochonnet

que l’apoplexie a terrassé  M. André, 75 ans, de Levallois.

Sa boule roulait encore qu’il n’était déjà plus.

 

Un bœuf furieux traînait par la longe vers Poissy le cow-boy Bouyoux.

Elle cassa.

Alors ce bœuf démonta le cycliste Gervet. 

 

Le feu, 126, boulevard Voltaire.

Un caporal fut blessé. Deux lieutenants reçurent sur la tête,

l’un une poutre, l’autre un pompier. 

 

Sous des noms toujours neufs, une jeune femme

se place comme bonne et vite file, lestée. Gain, 25 000 francs.

On ne la pince pas. 

 

MM. Deshumeurs, de La Ferté-sous-Jouarre, et Fontaine, de Nancy,

se sont tués, en tombant

l’un d’un camion, l’autre d’une fenêtre. »

 

 

 

 

 

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Published by André - dans Divers
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 11:27

Dans le petit jeu gratuit et si peu orthodoxe (c'est un clin d'œil, pas une thèse!) qui consiste à pointer des similitudes entre " l'esprit haïku" et le "regard" de certains poètes occidentaux, après Mallarmé avec " Pour un tombeau d'Anatole", intéressons nous à ce cher Valéry. Pour tout dire c'est lui-même qui en nommant un de ces mini textes "Haï Kaï" (voir plus bas) m'en a donné l'idée.

Ce ne sont pas, bien sûr, ces poèmes en vers classiques qui justifient cet exercice mais certains petits textes très personnels trouvés dans ses "Cahiers" (Editions La pléiade).
Le contenu de ces cahiers écrits tout au long de sa vie, le plus souvent à l'aube, n'était pas, pour l'essentiel, destinés à être publiés.
Une sélection de ces textes dans les "Poésies perdues" (poèmes en proses des cahiers: poésies Gallimard) nous révèle un Valéry méconnu du grand public, plus prosaïque, observateur permanent, différent du cliché de l'intellectuel élitiste et mondain.

Abandonnant les poèmes en vers (qu'il reprendra par amour à la fin de sa vie avec " Corona § Coronilla" Editions de Fallois) pour ceux en prose, Valéry y invente une poésie personnelle détachée du symbolisme de son maitre et ami Mallarmé; prenant conscience des contraintes et des limites de la versification et de la description traditionnelle il s'en affranchit : sa prose poétique pointe ce qui surprend et émeut, le singulier et l'universel se complétant; parmi les aphorismes, notes , réflexions ou dessins surgit parfois, sortie d'un ensemble, l'image partielle dans l'instant.

Ces fragments, morceaux de poésie brute, suivent les sensations au plus près, disent les impressions mêlés : "Fixer des vertiges" comme disait Rimbaud, fixer ces moments où les sens entrevoient le monde. Sa pensée procède par impulsion à partir de la vision qui l'a suscitée : toujours sur le fil, il reste en équilibre au dessus du vide de l'inconnu ("L’univers n’est qu’un oiseau dans l’étendue.").

Sa relation la plus connue avec le haïku est la préface qu'il écrivit pour : "Sur des lèvres japonaises" de Kikou Yamata en 1924 ("Les civilisations qui se raffinent en arrivent à des formes poétiques très brèves… Un long poème contient toujours quelque autre chose que poésie...")

Je vous propose une petite sélection qui permets d'entrevoir cette vision globale et particulière qui caractérise ce poète et qui pour certains textes me semblent proche de ce que j'imagine "l'esprit haïku" influencé naturellement par une pensée occidentale.

Pour débuter la sélection, ce tercet de Valéry, inscrit au fronton du palais de Chaillot, justifiant la conviction que, au-delà des mœurs et des cultures (souvent déformées par l'exotisme spiritualiste et parfois dopées par l'EPO (Excès de Philosophie Orientale!)) et en respectant toutes les différences de forme, la poésie (quand elle est bonne!) est universelle :


Choses rares ou choses belles
Comme jamais encore vues
Toutes choses qui sont au monde.

N'entre pas sans désir.

Ce qui est rare dans la minéralogie est sans valeur dans la littérature. On peut se couvrir de diamants : plus on en met, plus on est pauvre…

Un regard sur la mer, c'est un regard sur le possible.

Oiseau posé entre
trois feuilles: un petit bruit
au crépuscule, par moments –
n'existe qu'à ces moments -
S'entend comme une douleur.

 Il ne me suffit pas de comprendre, il me faut éperdument traduire.

Je suis né dans un de ces lieux où j'aurais aimé naître. (Cette!)

Nuque nue et à peine apparue.

Iris – blanc – penché –
gras de gouttes de pluie -
gonflé – lourd – de couleur délicate
(1899)

Nuit. Une immense Chose/objet/obscure et silencieuse.
Et dans elle, - des myriades faibles, un duvet de lueur et de bruits légers.
Travail de tous ces insectes? Qui percent, vrillent, scient, usent la nuit.
Une nuit, un nocturne – mais vraiment étouffé -
et avec ses millions de nuances noyées et distinctes -
la lueur stellaire – venant de partout si universelle.
Le calme grossier, le silence général, le vacarme uniforme des bestioles.
Le vent tacite, la suspension des feuilles qui sur moi fait un si grand effet, l'eau -…
(1899)

La mer, pour moi, impression des narines et des poumons, espace, dressement des vagues, boisson aérienne, grandeur, odeur immense et hérissée, arbre odorant et gros, aérée.
Air hérissé.
(1899)

Lit, Horizon de délices et de douleur -
avec des masses blanches suspendues -
son profil d'ombres écrues.
(1899)

Le ciel est nu. La fumée flotte. Le mur brille.
Oh! Que je voudrais penser clairement!
(1903)

Un printemps si léger que je crois me survivre.
(1906-1907)

Soumets-toi tout entier à ton meilleur moment, à ton plus grand souvenir.
C'est lui qu'il faut reconnaitre comme roi du temps…
(1910)

 6 heures [du] matin (4/09/14), je descends après la nuit si chaude à insectes, à pensées ; je laisse Paris investi — je descends et je viens de marcher dans la légère lame tremblante glacée de l'eau, sur le fil de la mer. / Assis, je suis comme muet intérieurement. / Je suis lourd et je m'ouvre. Je regarde sans voir. Que c'est calme ! Quelle distance entre ce que je sais et ce que je vois. Ce que je vois n'est rien et n'arrive pas à penser. Ce sont des photographies que prennent mes yeux contraints. Que me font ces clichés ? / Au moment que la vague se penche pour se rompre, sur l'arête de sa lame brille / brillera / le soleil même. / L'eau de la crête commence à couler sur le versant de tête la plus belle transparence sous la voûte naissante de la vague est entrevue. Puis le bruissement de l'écroulement; ce froissement augmente très rapidement et est interrompu par la catastrophe d'écume. La rumeur finit dans un choc, que suit le gémissement du sable et du retrait. La chose se rengorge, se reprend, pour se revomir encore et encore.

La passion de l'intellect veut tout comprendre, tout reconstruire, tout abolir…
(1917)

La mer est en extase sous mes yeux. Toute chatouillée de petits soleils.
(1925)
Le jour croît, par degrés assez sensibles, et à chaque pas qu'il fait telle nuance se dégage du trouble pâle de l'aube.
Le clair et le sombre se divisent — en colorations que l'on peut nommer ; et chaque couleur se divise à son tour — chaque masse de l'espace s'ouvre comme une fleur.
La forme demande peu à peu moins d'hypothèses. Peu à peu la connaissance se fait immédiate et touche au suprême de la netteté. Il n'y en a plus au-delà. L'incertain abandonne l'étendue. Un homme est visible à 300 m — qui entre dans un champ et [se courbe].
... Aube et moi — Corps toujours las qui s'éveille au-dessus de toutes ses pensées possibles — et ce sentiment étrange d'être étrange, étranger, et cependant d'être quelque chose — Tout et rien — Substance unique et accident.
Je suppose alors un autre au même état quelque part, avec le même sentiment d'être — Être nécessaire sans doute... et rien que possible.
Nous avons un mépris essentiel de tout ce qui ne compte pas devant cette heure.
 
L'édifice de la pensée complexe et claire parfois s'entrevoit nettement à travers l'onde du (temps présent non troublée par le moindre remous).
La crainte bouleverse les dieux entrevus.

Nulle crainte — nul émoi ne ride, n'opalise le bassin mental de la conscience.

Comme cristal se forme le monde des idées

Loin de la douleur loin de la peur, des soucis, des croyances, des opinions, des intérêts —
Conditions de formation. Instabilité.
Rapports avec le rêve – rapports avec attention
Rêve à cause de la liberté laissé aux éléments analogiques, --, de la structure de l'espace.
[1925] Poèmes et PPA (Petits Poèmes Abstraits)

Mistral. Toute la mer dans le même sens. Ennui – sub-désespoir. Solitudo.
Tous ces paquets blancs en marche vers l'Est. Sur l'horizon des blocs de neige.
Abattement excité – La plaie étrange r'ouverte.
(1928)

J'attendais je ne sais qui?
(Toi? Ou le jour –ou-)
Il vint une pensée.
(C'est celui que Valéry a appelé Haï-Kaï ! 1937)

(Chaque heure, hélas, atrocement me vante)
La chaleur de ton sein,
Ta bouche au fier dessin
Et l'autre, plus vivante
(Corona…)

Ne me laisse pas seul, dit mon esprit à mon esprit -
Lis, défends-moi contre moi-même – fais un raisonnement, un calcul qui t'occupe - -
Défends- moi contre le désordre et le pire que j'engendre -
Contre le vrai - - La vérité est toujours terrible.
La certitude est inexorable. Ne regarde pas par la fenêtre qui donne sur la nuit.
(1938)

La pensée de ce qui est empoisonne ce que je vois.
La beauté du soleil et de la mer font souffrir.
Car il faut souffrir – et le beau doit y travailler aussi.
(1940)

Il y a un moment où la lumière commence à s'en prendre aux choses, à leur faire balbutier leurs formes, et puis leur noms successifs, à partir de celui-ci même de "choses" qui est le commencement. Il y a d'abord quelque chose; puis des choses. Et c'est exactement comme dans la Genèse. Tout se passe comme il est écrit dans le célèbre chapitre I. Division de l'homogène, du rien ou du chaos ad libitum. Il y a une petite enfance de la figure du monde d'un jour, pour un lieu donné.
(1943)

Arriver à ce point de sagesse – c'est-à-dire, d'observation limpide et de regard que rien ne trouble – que la mort nous soit aussi peu de choses qu'elle l'est pour la nature de la vie, laquelle dilapide les êtres comme elle les prodigue, les tourmente, les supplicie comme elle les choie leur donne d'être sensibles comme d'être pesants et mouvants, et, en somme, les ignore dans chacun d'eux comme chacun d'eux l'ignore dans l'immense production qu'elle est et ne conçoit ni ses prévoyances ni ses modes contradictoires, ni le sens de son développement et ce mélange de génie, d'aveuglement, de variété et de mécanique monotone qu'elle manifeste à nous qui la jugeons d'après nous.
(1944, un an avant sa mort)

Je me juge moi-même assez différent du personnage littéraire qui porte mon nom, et qui est l'œuvre de mes œuvres… en un mot ­pour moi, l'objet essentiel ne fut pas une œuvre à faire, ce fut l'éducation de l'auteur. Ceci est la clef. Je n'ai pas varié dans ce sentiment depuis ma vingtième année.» (Lettre à Jean Paulhan)

 

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:29

P1070141s.jpg

retour à la source
suivre le sens inverse
du ruisseau

  (4000 mille marches (Mt. Aigoual)

   

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 12:18

jouets d'autrefois
se sentir jeune
et vieux

 

 

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 17:58

Maguelone plage
aux cent visages…
la mer sans âge


nue face à la mer
indifférente à sa beauté


le soleil sur la peau
sous les fesses l’infini
des grains de sable

grains de sable ensemble :
seuls se dorent ceux du dessus

(09/10)

 

assise5_2_.gif

 


pieds nus sur la plage
pas dans le sable glacé
pas dans la neige

(11/10)

 

 



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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 13:36

Oh ! (presque) la seule
à penser à ma fête…
Rueducommerce

 

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 10:02

maquillage bio
son visage lumineux

au soleil couchant

 

 

assise4_2_.gif

 


en bout de branche
rendant le ciel plus bleu
la pomme rouge

 

sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous le pinceau 

 


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27 novembre 2010 6 27 /11 /novembre /2010 10:28

 Voler...  
HaÏbun 

      Fin de la première journée de printemps : il fait merveilleux. Revenant de la mer je longe seul, lentement, en voiture, l’étang du Ponant de Palavas-les- Flots… à la radio : « Hotel California »…

Soudain surgissent deux flamants (roses !), très proches, volant près de l’eau, dans le même sens et la même vitesse que moi : ils m’accompagnent un instant le long de la route… derrière eux, le soleil couchant… dehors : l’air marin… dedans : l’air malin avec ma chair de poule et  mes yeux mouillés… une sorte de satori (de grâce !?), simple, inattendu, presque trop violent pour si peu de choses…

Le temps, hélas, ne s’arrête pas…

Retour dans les embouteillages de Montpellier… Tout le temps pour repenser à ces sensations : comment reproduire l’image que la nature imprime en nous dans ces instants extraordinaires, comment traduire tout cela en trois petites lignes alors que j’y parviens si mal en beaucoup plus… Comment combattre la frustration de sentir se dérober la poésie de l’émotion éprouvée à cet instant…  Des tercets dérisoires se forment, tantôt simples, tantôt compliqués, toujours impuissants à recréer ces sensations…

 

ébloui

sur l’étang au soleil

un vol de flamants

 

l’autoradio

nostalgie à fond…

soleils flamants

 

enflammant l’étang

le soleil et les flamants

 

monde flottant

un vol de flamants

relie ciel et eau

 

couleur d’un soir

chercher à la revoir

dans le rétroviseur

 

au couchant

les soleils sur l’étang

volent les flamants

 

Au soleil couchant

Aux flamants et à l’étang roses…

Merci

 

un instant

on oublie le noir...

vol de flamants

 

embouteillage

transvaser lentement

le moment donné

 

flamants sur l’étang

le rose et noir d’une odeur

féminine

 

Je pense à ce travers très répandu de vouloir tout photographier pour capturer, (au détriment bien souvent de l’appréciation « sur le vif »!), comme si l’authentification par la photo était plus forte que sa propre impression  (le souvenir étant souvent plus beau que la réalité !). Et puis, pourquoi vouloir à tout prix recréer, retrouver ses impressions ? Un peu pour les autres, pour partager, revivre avec… (Je repense au premier haïku qui m’a touché et fait aimer cette poésie :

  

Oh ! Une luciole

je voulais crier : « Regarde ! »

mais j’étais seul

Taïgi)

 

Beaucoup pour soi : un besoin d’auto analyse (un peu comme Breton avec ses tournesols dans L’Amour fou), d'une nouvelle illumination, un désir de trouver les causes profondes et inexplicables de l’émotion, de percevoir l’influence du déjà vécu avec l’instant présent et la coïncidence parfaite d’éléments indépendants se rejoignant, de dépasser la distinction illusoire entre le subjectif et l’objectif…

 Ouf !! C’est sûrement plus simple !

 Les flamants naturellement ne se posent pas toutes ces questions… ils sont les réponses.

 

Alors, pourquoi faire des haïkus ?

Pour presque rien, pour s’alléger, pour le plaisir d’écrire, pour flirter en amoureux avec ce qu’on appelle la poésie… Bref, pour vivre… survivre et parfois voler.

 

 

 

 

voler1
André Cayrel

 

(Texte déjà publié dans la revue 575 )

 

 

   

 

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Published by André - dans Haïbun
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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 17:52

 Houdon.jpg 

son vrai statut
la seule femme de Houdon
avec sa fente

 

la tête penchée pour
un sourire vertical

(Où donc : au musée Calouste Gulbenkian de Lisbonne)

 

 

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