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17 décembre 2010 5 17 /12 /décembre /2010 12:33

 

 

La mode est aux commentaires : ils dégoulinent après chaque article des journaux et publications sur internet, parfois pour le meilleur, souvent pour le pire.
Quand on écrit un poème bref, à fortiori un haïku, on va à l’essentiel. Lorsqu’on a éliminé le superflu ce n’est pas pour ensuite diluer, remplir les vides et fermer les portes ; si on éprouve le besoin de faire des phrases autant le faire dés le début.
On sait que le haïku doit se suffire à lui-même, même un titre est souvent une béquille superflue
.

Pourtant, les commentaires fleurissent avant ou après certains haïkus. Ce besoin part sûrement d’une bonne intention technique et pédagogique mais est il indispensable de tout expliquer de tout analyser? Je suis presque toujours rationaliste mais lorsque je m’aventure dans les mystères de la poésie je n’ai pas envie qu’on m’explique le merveilleux, les « tours de magie », qu’on me démontre ou me démonte le mécanisme qui m’a ému à la lecture d’un simple haïku ; et puis, quand on aime quelqu’un, si l’on cherche à savoir pourquoi c’est déjà qu’on se demande si on aime…
S'il y a de la poésie c'est qu'il y a de l'indicible.
Bref, c’est dur de l’être et de le rester… (honni soit qui mal y pense !).

"L'âge d'or de la littérature sera arrivé quand on n'aura plus besoin de préface"
"... l'ambition d'une œuvre à ce point parfaite qu'elle ne laisse aucune place au commentaire, imposerait face à elle le silence."
Friederich Schlegel

 

 

 

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Published by André - dans Règles floues
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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 09:42

interminables
entre bottes et bas du dos
les jambes du jeans

aux deux extrémités
des choses fantasmées

 


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Published by André - dans Tanka
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15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 12:00

plus deux degrés  :
la jeune Rom et son bébé
n’en rajoutent pas

 

 

 

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Published by André - dans senryû
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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 09:54

besoin d’air pur
faire le plein à la pompe
à vélo

 

 volant
dans les bouchons des villes
en vélo

 

veau de ville:
sa voiture va moins vite
que mon vélo

au feu rouge
son œil noir

 

  assise9_1_.gif

 

 

de retour…
mes pneus pleins d’air
de Compostelle

 

 



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Published by André - dans haiku-senryu
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:49

sur sa blouse
le prénom de la reine
du super marché

 

sous sa blouse en nylon
on sent une fin en soie

des clients rois
au palais de la conso…
une seule reine

à la caisse
mes yeux dans ses yeux
un instant roi

 

la couleur de ma carte
pareille aux siens


   

au supermarché :
la fille ensoleillée
à l’ombre des rayons

 

reine dans ses rayons
la be(i)lle du super market

 

 

 

 à chaque carrefour
chercher l’amour
au rayon librairie
 


rayon textile 
la femme enceinte téléphone
en pleurant

   


rayon lingerie
décontenancé
par son contenu

au grand jour
les culottes sans vie
s’ennuient

 

  un string

en dentelles X
XL


rayon élec
chercher une vraie prise
 femelle

 

 

assise5_2_.gif

dans son caddie
de quoi faire sauter
la nouvelle année

 

  son décolleté torride
penché sur les surgelés

- Z’avez jamais vu des seins ?

- Si mais pas d’aussi beaux !
- Hihihihi !!! merci

 

 

 

   

penchée pour chercher
sa marque de thé, montrant
sa marque de jeans

dans son futal moulant
ça joue monte et descend

ces faits se sont passés là
entre thé et chocolat

 

 
 

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Published by André - dans senryû
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 17:11

saintjulien.jpg

 

 

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 10:22

Encore un explorateur, un expérimentateur, de la brièveté : un croqueur de tranches de vie ! (que dis-je de tranches, de carpaccio de vie !!); bien sûr ce ne sont pas des haïkus (ni vraiment «des haïkus à la française » dixit Pierre Assouline sur son blog!), mais par leur concision, leur relative objectivité, leur prosaïsme et aussi parfois leur poésie ces petits textes de Félix Fénéon (1861-1944), nous rappelle que ces qualités là en tout cas ont toujours été présentes sous bien des formes dans notre langue.   

C’est dans une rubrique intitulée Les « Nouvelles en trois lignes » que les dépêches de dernière minute reçues au journal Le Matin (en 1905 et 1906), étaient publiées sous formes de « brèves»… qui en disent long.

Ces « mini romans » connaissent une nouvelle jeunesse puisqu’un éditeur américain , qui publie d’autres auteurs français passés dans le domaine public, les a fait traduire en anglais et les diffuse régulièrement sur Twitter : Lien 
Bref, presque rien ne se crée, presque tout se transforme… en gazouillis :

 

« Elle tomba.

Il plongea.

Disparus. 

 

 Mlle Paulin, des Mureaux, 46 ans,

a été saccagée, à 9 heures du soir,

 par un satyre. 

 

Madame Fournier,

M. Voisin, M. Septeuil se sont pendus :

neurasthénie, cancer, chômage. 

 

 Allumé par son fils, 5 ans,

un pétard à signaux de train éclata sous les jupes de Mme Roger, à Clichy :

le ravage y fut considérable

 

Il n'y a même plus de Dieu pour les ivrognes  :

Kersilie, de Saint-Germain, qui avait pris la fenêtre pour la porte,

est mort.

 

Le mendiant septuagénaire Verniot, de Clichy, est mort de faim.

 Sa paillasse recèlait 2000 francs.

 Mais il ne faut pas généraliser.

 

Le Dunkerquois Scheid a tiré trois fois sur sa femme.

 Comme il la manquait toujours, il visa sa belle-mère :

le coup porta.

 

Au faîte de la gare d'Enghien, un peintre a été électrocuté.

On entendit claquer ses mâchoires,

et il s'abattit sur la marquise.

 

M. Abel Bonnard, de Villeneuve-Saint-Georges,

qui jouait au billard, s'est crevé l'oeil gauche

en tombant sur sa queue.

 

Catherine Rosello, de Toulon, mère de quatre enfants,

 voulut éviter un train de marchandises.

Un train de voyageurs l’écrasa

 

Une machine à battre happa Mme Peccavi.

On démonta celle-là pour dégager celle-ci.

Morte. 

 

 Le syndicat de l’arsenal de Rochefort

a décidé de présenter quatre revendications.

Le refus ?

La grève.

 

Un flacon flottait.

Mauritz, de Sèvres,  se pencha pour le prendre et tomba dans la Seine.

Il est maintenant à la morgue. 

 

 Séquestrées, martyrisées, affamées par leur marâtre,

 les fillettes du Brestois Joseph, enfin délivrées,

sont squelettiques. 

 

 Derrière un cercueil, Mangin, de Verdun, cheminait.

Il n’atteignit pas, ce jour-là, le cimetière.

La mort le surprit en route. 

 

Au lieu de 175 000 francs dans la caisse de réserve

en dépôt chez le receveur des contributions directes de Sousse,

rien.

 

 Mme Olympe Fraisse conte que,

dans le bois de Bordezac (Gard),

un faune fit subir de merveilleux outrages à ses 66 ans. 

 

Les femmes rouges d’Hennebont

ont saccagé les vivres qu’apportaient aux ouvriers rentrés aux forges

 les femmes jaunes. 

 

C’est au cochonnet

que l’apoplexie a terrassé  M. André, 75 ans, de Levallois.

Sa boule roulait encore qu’il n’était déjà plus.

 

Un bœuf furieux traînait par la longe vers Poissy le cow-boy Bouyoux.

Elle cassa.

Alors ce bœuf démonta le cycliste Gervet. 

 

Le feu, 126, boulevard Voltaire.

Un caporal fut blessé. Deux lieutenants reçurent sur la tête,

l’un une poutre, l’autre un pompier. 

 

Sous des noms toujours neufs, une jeune femme

se place comme bonne et vite file, lestée. Gain, 25 000 francs.

On ne la pince pas. 

 

MM. Deshumeurs, de La Ferté-sous-Jouarre, et Fontaine, de Nancy,

se sont tués, en tombant

l’un d’un camion, l’autre d’une fenêtre. »

 

 

 

 

 

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Published by André - dans Divers
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 11:27

Dans le petit jeu gratuit et si peu orthodoxe (c'est un clin d'œil, pas une thèse!) qui consiste à pointer des similitudes entre " l'esprit haïku" et le "regard" de certains poètes occidentaux, après Mallarmé avec " Pour un tombeau d'Anatole", intéressons nous à ce cher Valéry. Pour tout dire c'est lui-même qui en nommant un de ces mini textes "Haï Kaï" (voir plus bas) m'en a donné l'idée.

Ce ne sont pas, bien sûr, ces poèmes en vers classiques qui justifient cet exercice mais certains petits textes très personnels trouvés dans ses "Cahiers" (Editions La pléiade).
Le contenu de ces cahiers écrits tout au long de sa vie, le plus souvent à l'aube, n'était pas, pour l'essentiel, destinés à être publiés.
Une sélection de ces textes dans les "Poésies perdues" (poèmes en proses des cahiers: poésies Gallimard) nous révèle un Valéry méconnu du grand public, plus prosaïque, observateur permanent, différent du cliché de l'intellectuel élitiste et mondain.

Abandonnant les poèmes en vers (qu'il reprendra par amour à la fin de sa vie avec " Corona § Coronilla" Editions de Fallois) pour ceux en prose, Valéry y invente une poésie personnelle détachée du symbolisme de son maitre et ami Mallarmé; prenant conscience des contraintes et des limites de la versification et de la description traditionnelle il s'en affranchit : sa prose poétique pointe ce qui surprend et émeut, le singulier et l'universel se complétant; parmi les aphorismes, notes , réflexions ou dessins surgit parfois, sortie d'un ensemble, l'image partielle dans l'instant.

Ces fragments, morceaux de poésie brute, suivent les sensations au plus près, disent les impressions mêlés : "Fixer des vertiges" comme disait Rimbaud, fixer ces moments où les sens entrevoient le monde. Sa pensée procède par impulsion à partir de la vision qui l'a suscitée : toujours sur le fil, il reste en équilibre au dessus du vide de l'inconnu ("L’univers n’est qu’un oiseau dans l’étendue.").

Sa relation la plus connue avec le haïku est la préface qu'il écrivit pour : "Sur des lèvres japonaises" de Kikou Yamata en 1924 ("Les civilisations qui se raffinent en arrivent à des formes poétiques très brèves… Un long poème contient toujours quelque autre chose que poésie...")

Je vous propose une petite sélection qui permets d'entrevoir cette vision globale et particulière qui caractérise ce poète et qui pour certains textes me semblent proche de ce que j'imagine "l'esprit haïku" influencé naturellement par une pensée occidentale.

Pour débuter la sélection, ce tercet de Valéry, inscrit au fronton du palais de Chaillot, justifiant la conviction que, au-delà des mœurs et des cultures (souvent déformées par l'exotisme spiritualiste et parfois dopées par l'EPO (Excès de Philosophie Orientale!)) et en respectant toutes les différences de forme, la poésie (quand elle est bonne!) est universelle :


Choses rares ou choses belles
Comme jamais encore vues
Toutes choses qui sont au monde.

N'entre pas sans désir.

Ce qui est rare dans la minéralogie est sans valeur dans la littérature. On peut se couvrir de diamants : plus on en met, plus on est pauvre…

Un regard sur la mer, c'est un regard sur le possible.

Oiseau posé entre
trois feuilles: un petit bruit
au crépuscule, par moments –
n'existe qu'à ces moments -
S'entend comme une douleur.

 Il ne me suffit pas de comprendre, il me faut éperdument traduire.

Je suis né dans un de ces lieux où j'aurais aimé naître. (Cette!)

Nuque nue et à peine apparue.

Iris – blanc – penché –
gras de gouttes de pluie -
gonflé – lourd – de couleur délicate
(1899)

Nuit. Une immense Chose/objet/obscure et silencieuse.
Et dans elle, - des myriades faibles, un duvet de lueur et de bruits légers.
Travail de tous ces insectes? Qui percent, vrillent, scient, usent la nuit.
Une nuit, un nocturne – mais vraiment étouffé -
et avec ses millions de nuances noyées et distinctes -
la lueur stellaire – venant de partout si universelle.
Le calme grossier, le silence général, le vacarme uniforme des bestioles.
Le vent tacite, la suspension des feuilles qui sur moi fait un si grand effet, l'eau -…
(1899)

La mer, pour moi, impression des narines et des poumons, espace, dressement des vagues, boisson aérienne, grandeur, odeur immense et hérissée, arbre odorant et gros, aérée.
Air hérissé.
(1899)

Lit, Horizon de délices et de douleur -
avec des masses blanches suspendues -
son profil d'ombres écrues.
(1899)

Le ciel est nu. La fumée flotte. Le mur brille.
Oh! Que je voudrais penser clairement!
(1903)

Un printemps si léger que je crois me survivre.
(1906-1907)

Soumets-toi tout entier à ton meilleur moment, à ton plus grand souvenir.
C'est lui qu'il faut reconnaitre comme roi du temps…
(1910)

 6 heures [du] matin (4/09/14), je descends après la nuit si chaude à insectes, à pensées ; je laisse Paris investi — je descends et je viens de marcher dans la légère lame tremblante glacée de l'eau, sur le fil de la mer. / Assis, je suis comme muet intérieurement. / Je suis lourd et je m'ouvre. Je regarde sans voir. Que c'est calme ! Quelle distance entre ce que je sais et ce que je vois. Ce que je vois n'est rien et n'arrive pas à penser. Ce sont des photographies que prennent mes yeux contraints. Que me font ces clichés ? / Au moment que la vague se penche pour se rompre, sur l'arête de sa lame brille / brillera / le soleil même. / L'eau de la crête commence à couler sur le versant de tête la plus belle transparence sous la voûte naissante de la vague est entrevue. Puis le bruissement de l'écroulement; ce froissement augmente très rapidement et est interrompu par la catastrophe d'écume. La rumeur finit dans un choc, que suit le gémissement du sable et du retrait. La chose se rengorge, se reprend, pour se revomir encore et encore.

La passion de l'intellect veut tout comprendre, tout reconstruire, tout abolir…
(1917)

La mer est en extase sous mes yeux. Toute chatouillée de petits soleils.
(1925)
Le jour croît, par degrés assez sensibles, et à chaque pas qu'il fait telle nuance se dégage du trouble pâle de l'aube.
Le clair et le sombre se divisent — en colorations que l'on peut nommer ; et chaque couleur se divise à son tour — chaque masse de l'espace s'ouvre comme une fleur.
La forme demande peu à peu moins d'hypothèses. Peu à peu la connaissance se fait immédiate et touche au suprême de la netteté. Il n'y en a plus au-delà. L'incertain abandonne l'étendue. Un homme est visible à 300 m — qui entre dans un champ et [se courbe].
... Aube et moi — Corps toujours las qui s'éveille au-dessus de toutes ses pensées possibles — et ce sentiment étrange d'être étrange, étranger, et cependant d'être quelque chose — Tout et rien — Substance unique et accident.
Je suppose alors un autre au même état quelque part, avec le même sentiment d'être — Être nécessaire sans doute... et rien que possible.
Nous avons un mépris essentiel de tout ce qui ne compte pas devant cette heure.
 
L'édifice de la pensée complexe et claire parfois s'entrevoit nettement à travers l'onde du (temps présent non troublée par le moindre remous).
La crainte bouleverse les dieux entrevus.

Nulle crainte — nul émoi ne ride, n'opalise le bassin mental de la conscience.

Comme cristal se forme le monde des idées

Loin de la douleur loin de la peur, des soucis, des croyances, des opinions, des intérêts —
Conditions de formation. Instabilité.
Rapports avec le rêve – rapports avec attention
Rêve à cause de la liberté laissé aux éléments analogiques, --, de la structure de l'espace.
[1925] Poèmes et PPA (Petits Poèmes Abstraits)

Mistral. Toute la mer dans le même sens. Ennui – sub-désespoir. Solitudo.
Tous ces paquets blancs en marche vers l'Est. Sur l'horizon des blocs de neige.
Abattement excité – La plaie étrange r'ouverte.
(1928)

J'attendais je ne sais qui?
(Toi? Ou le jour –ou-)
Il vint une pensée.
(C'est celui que Valéry a appelé Haï-Kaï ! 1937)

(Chaque heure, hélas, atrocement me vante)
La chaleur de ton sein,
Ta bouche au fier dessin
Et l'autre, plus vivante
(Corona…)

Ne me laisse pas seul, dit mon esprit à mon esprit -
Lis, défends-moi contre moi-même – fais un raisonnement, un calcul qui t'occupe - -
Défends- moi contre le désordre et le pire que j'engendre -
Contre le vrai - - La vérité est toujours terrible.
La certitude est inexorable. Ne regarde pas par la fenêtre qui donne sur la nuit.
(1938)

La pensée de ce qui est empoisonne ce que je vois.
La beauté du soleil et de la mer font souffrir.
Car il faut souffrir – et le beau doit y travailler aussi.
(1940)

Il y a un moment où la lumière commence à s'en prendre aux choses, à leur faire balbutier leurs formes, et puis leur noms successifs, à partir de celui-ci même de "choses" qui est le commencement. Il y a d'abord quelque chose; puis des choses. Et c'est exactement comme dans la Genèse. Tout se passe comme il est écrit dans le célèbre chapitre I. Division de l'homogène, du rien ou du chaos ad libitum. Il y a une petite enfance de la figure du monde d'un jour, pour un lieu donné.
(1943)

Arriver à ce point de sagesse – c'est-à-dire, d'observation limpide et de regard que rien ne trouble – que la mort nous soit aussi peu de choses qu'elle l'est pour la nature de la vie, laquelle dilapide les êtres comme elle les prodigue, les tourmente, les supplicie comme elle les choie leur donne d'être sensibles comme d'être pesants et mouvants, et, en somme, les ignore dans chacun d'eux comme chacun d'eux l'ignore dans l'immense production qu'elle est et ne conçoit ni ses prévoyances ni ses modes contradictoires, ni le sens de son développement et ce mélange de génie, d'aveuglement, de variété et de mécanique monotone qu'elle manifeste à nous qui la jugeons d'après nous.
(1944, un an avant sa mort)

Je me juge moi-même assez différent du personnage littéraire qui porte mon nom, et qui est l'œuvre de mes œuvres… en un mot ­pour moi, l'objet essentiel ne fut pas une œuvre à faire, ce fut l'éducation de l'auteur. Ceci est la clef. Je n'ai pas varié dans ce sentiment depuis ma vingtième année.» (Lettre à Jean Paulhan)

 

 

 

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Published by André - dans Divers
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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:29

P1070141s.jpg

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suivre le sens inverse
du ruisseau

  (4000 mille marches (Mt. Aigoual)

   

 

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 12:18

jouets d'autrefois
se sentir jeune
et vieux

 

 

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Published by André - dans haiku-senryu
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