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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 17:03

P1080863a

 

 

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 09:29

 

mort en été
elle a un parfum
de lavande

°

visite aux morts :
ceux qui vont mourir
vous saluent

 

°

devant la tombe
s’arrêter 
un instant
de vivre

 

°

 


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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 08:53

au bord de la route
un bouquet fleuri…
odeur de vie


pensées pour elle ou lui
qui ne sent plus rien


un bouquet blanc
l’ombre du platane
accidentelle ou lui



Voir le blog: Bornes de mémoire

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 09:55

tombe1.jpg

 

 

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30 octobre 2010 6 30 /10 /octobre /2010 07:31

Il est des lieux pleins de charme
où l’on ne souhaite que passer…

  

Une après-midi glacée passée au cimetière pour repeindre les inscriptions gravées sur la tombe familiale.

  

peinture longue durée
pour concession à perpétuité

  

La personne qui faisait cela depuis longtemps est morte. Le cimetière Saint-Lazare à Montpellier est un paradis perdu dans la ville, mais…

  

froid
dans le cimetière désert
vent du Nord

  

aux tombes de l’entrée
le bruit de la rue
mais le soleil

  

les tombes brillantes
après la pluie

  

un vieux vase
des jolies roses
bien fanées

 

dans le ciel
un merle sur le cyprès
silencieux

 

entre les tombes
un jeune homme
avec des fleurs

 

devant les tombes
un vieux assis sur un banc
de pierre

 

ceux d’en haut
ceux d’en bas…
le chant d’un oiseau

 

les tombes
des soldats musulmans
pour s’orienter

 

vent glacial
les dates et les noms
figés

 

  Écrire à nouveau des prénoms plus ou moins longs plus ou moins oubliés.

 

allongé sur la tombe
repeindre les morts
en outrenoir

 

entre deux dates
penser à leur vie…
à l’autre

 

des vies courtes
concédées à perpette

 

entre néant et néant
beaucoup de passé
peu de reste…

 

Et pourtant leur vie c’est bien autre chose que les histoires cent fois dites ou que le petit tas de secrets qu’on a cru leur voler. Leur vie, unique, n’appartient qu’à eux…

Mais nos morts ne sont qu’à nous : gravés dans la tête plus que dans la pierre.
Image unique idéalisée dans l’ombre au-delà des lettres.

 

une araignée
prise dans la peinture
son tombeau

 

effacé
le père de mon père
ravivé

 

Écrire pour se souvenir : les mêmes lettres sur la pierre, le papier, l’écran, les supports électroniques… Au-delà de notre mémoire, qui prolongera le plus loin le souvenir ?

 

épeler
le prénom de ma mère
jamais dit

 

son nom oublié
de jeune fille avant lui
avant moi

 

en vain plus de temps
plus de soin sur le sien

 

l’allée parallèle aux tombes

le bruit du gravier

 

une ombre passe
sur elles avec moi

 

inoubliable
les yeux d’une jeune femme
effacée

 

En partant, l’impression d’un retour en arrière

 

dedans dehors
l’illusion de se voir de loin
de se regarder…

 

Est-ce ainsi qu’on apprend à partir content ?

 

 

André Cayrel

 

 

 

 

 

 

 

 

P1040972s.jpg

 

 

 


 



En 1702, à Yangzhou, le peintre Shitao écrit ceci :


"La veille de la nuit du nouvel an j'ai été malade. Puis brusquement je me suis trouvé plein d'angoisse mais je ne parvenais pas à mettre la main sur les mots qui me permettraient d'exprimer les choses complexes que j'étais en train de ressentir. Je pensais à ce corps que mes parents avaient engendré jadis : il était en mauvais état. Mon corps accuse maintenant soixante années d'âge. Est-ce celui d'un homme ? Est-ce celui d'une femme ? Alors je me mis à pousser un cri comme je dus le faire quand je suis arrivé dans ce monde en sortant du corps de ma mère. Car ceux qui me conçurent, dans ces jours d'autrefois, étaient dans la joie de découvrir un nourrisson dans la lumière au moment de ma naissance. Quant à moi, sans que je fusse tout à fait une herbe dépourvue de conscience, je n'étais pas en mesure de leur répondre. Seul mon cœur continue de battre. Cela fait un seul cœur sur trois ! Pauvre cœur de chair et de sang ! À qui appartient cette chair ? Quel sang s'y revendique ? Qui dans ce monde éprouve de la joie de ma présence ? Dois-je achever ma vie dans les regrets ? Dois-je éprouver de la honte pour les sentiments que je suis en train d'exprimer ? Regret ? Honte ? D'une part la source et d'autre part la fin. Ô effroi ! Ô tristesse !"

 

 

 

 

 

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 15:55

quelques larmes

aux obsèques officielles
pas vraiment pour lui

 

vu de loin Soulages

 les cheveux blancs

 

 

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25 février 2010 4 25 /02 /février /2010 09:28

dernier adieu
nos deux mains 
dans les siennes


un lecteur MP3
son dernier gadget
dernier cri

 
dans son casque
un solo du jazzman
déjà mort
(Milles Davis)


sans paroles
ses bras se soulèvent
puis s’affaissent


pour la première
et la dernière fois
mimosa en fleur


 odeur de merde
derrière la fenêtre
le mimosa en fleur


autour du rond noir
les rayons oranges et bruns
son oeil sain


vue de sa fenêtre
les mouettes niçoises
vol de vautours


chambre du Corse
la future veuve
en noir


Un caillou rouge,
surde la pompe à morphine,
de sa montagne.


sous son pyjama blanc sa peau rouge
  sous la blouse bleue des seins blancs
 

dans la messagerie du mourant
plein de spam pour du Viagra
©


odeur de printemps
juste avant de partir
le mimosa en fleur

(01/2006)

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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 20:57
Quelques extraits des notes rédigées par Roland Barthes après la mort de sa mère.
«Journal de deuil», par Roland Barthes ( Seuil-Imec)


Première nuit de noces.
Mais première nuit de deuil?


 V
ous n’avez pas connu le corps de la Femme !
– J’ai connu le corps de ma mère malade, puis mourante.

Elle disait avec soulagement : la nuit est enfin finie (elle a souffert la nuit, seule, chose atroce).

Dans la phrase « Elle ne souffre plus », à quoi, à qui renvoie « elle » ? Que veut dire ce présent ?

 Neige, beaucoup de neige sur Paris; c'est étrange. Je me dis et j'en souffre : elle ne sera jamais plus là pour le voir, pour que je le lui raconte.

 Pourquoi aurais-je envie de la moindre postérité, du moindre sillage, puisque les êtres que j'ai le plus aimés, que j'aime le plus, n'en laisseront pas, moi ou quelques survivants passés ? Que m'importe de durer au-delà de moi-même, dans l'inconnu froid et menteur de l'Histoire, puisque le souvenir de mam. ne durera pas plus que moi et ceux qui l'ont connue et qui mourront à leur tour ?

-" Jamais plus, jamais plus!"
- Et pourtant, contradiction: ce "jamais plus n'est pas éternel puisque vous mourrez vous même un jour.
"Jamais plus est un mot d'immortel.

A qui pourrais-je posais cette question (avec espoir de réponse)?
Pouvoir vivre sans quelqu'un qu'on aimait signifie-t-il qu'on l'aimait moins qu'on ne croyait...?

 Ne pas dire Deuil. C'est trop psychanalytique. Je ne suis pas en deuil. J'ai du chagrin.

Je vis les hirondelles voler dans le soir d'été.
Je me dis -pensant avec déchirement à Mam.- quelle barbarie de ne pas croire aux âmes - à l'immortalité des âmes! quelle imbécile vérité que le matérialisme!

Calme du week end du 15 Aout; ...je lis ceci (dans la visite du temple de Kashino, grand récit de voyage de Bashô (Haïku. Munier. p.XXII)): "Nous restâmes assis tout un long moment dans le plus extrème silence."
J'éprouve sur le coup une sorte de satori, doux, heureux, comme si mon deuil s'apaisait, se sublimait, se réconciliait, s'approfondissait sans s'annuler- comme si "je me retrouvais".

Le sinistre
égoïsme (égotïsme)
du deuil
du chagrin


Pour un tombeau d'Anatole (Malarmé)



"Devant la photo de ma mère enfant, je me dis: elle va mourir: je frémis d'une catastrophe qui a déjà eu lieu."



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2 janvier 2010 6 02 /01 /janvier /2010 20:10

André M.
Premier enterrement
de l'année


Premier enterrement
de ma vie
d'un André


enterrement le 2
on se souhaite bonne année
sans sourire

 

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 16:52

Fête des morts au cimetière
Journées tombes ouvertes

des roses parfumées
cette année il est gâté
pourri

ballade
dans le cimetière
on s’habitue

dans le cimetière
des chrysanthèmes
mortes

devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant

(10/06)



 

mort de ma mère
tous les lys blancs
de la terre sur elle

dans le cimetière
ceux de demain
saluent ceux d’hier

enterrement de mon père: 
un inconnu sur la route
lève son chapeau



devant sa tombe
 

elle plante des fleurs

- leur jardin


( 10/03)


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