Haikus et senryu au fil du temps...
heure d’hiver ce matin le soleil replonge dans mon bol d’été pas encore cette année qu'ils changent d'heure les rouges queues
I nous regardant de haut le geai tout là haut garde le haut I I I I l’arbre presque nu les dernières feuilles gardent le bas I I I ------------------------
mort en été elle a un parfum de lavande ° visite aux morts : ceux qui vont mourir vous saluent ° devant la tombe s’arrêter un instant de vivre °
printemps arabe une robe d’été croise deux Burqas noires
vent de printemps le dernier envol des feuilles mortes matin de bonne heure être un merle rester à l’ancienne
réchauffement clim… peaux d’oignons et collants de plus en plus fins ruelle glacée mélange avant le baiser des buées
cris des canards (coin coin!) sur le canal une canette de coca
ce midi le ciel les arbres les peaux plus bleu plus rouges plus douces sur le coup de midi le cadran solaire croise un nuage un an de moins des nuits et des jours de plus en plus courts de jour en jour la séduction se replie mais ne se rend pas
clair de lune son visage illuminé par son i phone
nue pour une fois gardant juste du maillot la trace plage de Maguelone… un couple et son chien tout nu détenus au-delà des nues les textiles première fraicheur imaginer ces gens nus tout habillés la plage nue sous une femme confondue Maguelone
première fraicheur imaginer ces gens nus tout habillés Maguelone plage nue sans maillot équinoxe un grain entre ses seins (presque) équidistant dernier jour d’été elle montre sa fidélité au soleil fin septembre plus de grains de sable par naturiste
maison de vacances l’araignée l’habite plus longtemps que nous maison d’amis insectes et animaux admis le loir sous le toit était ce lui était ce toi l’hôte de l’été
sortie du métro deux garçons s’embrassent sur la bouche au grenier les graines ignorées par les rats la mort aura souri
la feuille jaune sur le marbre noir de la jeune fille son visage émaillé aux yeux bleu outremer
soleil de juin déjà levé l’oiseau joyeux dit « Je suis là » jamais ce jour de joie ne sera rejoué "C’est le déclin du jour, et je me souviens du nombre infini de jours que j’ai vu mourir ainsi…" Pier Paolo Pasolini
quelques cheveux blancs adoucissent sa blondeur vieillir en douceur
prêtes à séduire pour la Saint Valentin premières violettes parfum des violettes pensée pour la ville rose pour son chanteur, con
nuit de Chine la lune d’automne de plus en plus jaune nuit câline un chat miaule sur le toit plus éloquent que moi nuit canine un chien aboie dans la rue ou dans le rêve
printemps son premier mot fleurs les retombées sans danger des pétales blancs
bleu blanc douce levée des couleurs avec elle ses iris bleus sans odeur l’odeur vague invisible avant de se joindre sa défense inutile et agréable sprint final : partir ses jambes à mon cou
premier jour d’hiver la nuit pareille au jour de son dernier un homme s’éloigne sans me retourner devant le passé de mon vieux transistor (Grundig !) d’ado retrouvé : de l’électro house Vieilles photos… Oh ! Ma mère moins vieille que moi
automne croisé une femme enceinte du printemps première buée dessiné sur la vitre un soleil fin de l’été presque tous les boutons refermés
beaujolais nouveau la robe rouge de la jeune caviste le parfum retrouvé de l’odeur juvénile des deux beaujolais choisir l’étiquette la plus sobre ni violettes ni bananes que des souvenirs
jouets d'autrefois se sentir jeune et vieux
plage naturiste tout le monde regarde le voyeur devant l’individu dévoiler son derrière premier bain les premiers corps moins beaux que l’an passé