rouge blanc rosé
en terrasse les trois couleurs
se lèvent en cœur
vins du Languedoc
les vignes médaille d’or
pour leur robe
heure d’hiver
le soleil replonge
dans mon thé
on se savait mortel
au cimetière
on se vit mortel
ruelle animée
quelques Stambouliotes
parmi les chats
ensemble
une femme voilée
une femme fardée
(Istanbul 11/15)
la femme voilée
à chaque coup de fourchette
lève sa voilette
six heures du mat
le chant du muézin aussi beau
qu’un cri de plaisir
jeune femme en niqab
je l’imagine en dessous
en noir et blanc
partie visible
émergeant de l’iceberg noir
des yeux merveilleux
la fille en niqab
j’entrevois la peau blanche
de sa cheville
à la télé
de l’histoire vraie
au lieu d’un film
à la télé
c'est pas du cinéma
leur film d’horreur
à la télé
Allah par ci Allah par là
à la vie à la mort
au téléphone
les pleurs de ma fille
me rassurent
grasse matinée
il ne nous changerons pas
on ne lâche rien
tout nu
le grand chêne élégant
tout en gland
vent violent
les feuilles mortes s’envolent
reste l’écrit