Un nouveau monde
Flottant dans l’œil de Christophe
Colombe
Un nouveau monde
Flottant dans l’œil de Christophe
Colombe
après Beauduc
il n'y a plus rien…
comme avant
Beauduc c'est bien beau (c'est même très beau!), mais après…
même au bout du monde il y a encore un après!
En continuant vers l'Est, le long de la plage, on laisse les derniers camping cars et autres amateurs de grands espaces pour trouver des espaces encore plus grands et totalement déserts (fin
avril en tous cas).
La mer mais aussi le sable et les marais à perte de vue.
Ici il n'y a presque rien, juste ce rien plein de lumière qu'on trouve parfois et qui heureusement se renouvelle... le néant est inépuisable, le vide plein de ressources illimitées…
Après le phare de Beauduc, une spectaculaire digue protège " la terre"; très abimée par la mer elle devient vite impraticable en VTT et les marais étant encore très humides cette longue partie est difficile; enfin le phare de Faraman et le domaine des salins de Giraud où l'on retrouve progressivement presque tout…
même le Land art est à perte de vue...
Quart d’heure warholien:
"Dans le futur, chacun aura son quart d'heure de célébrité."
Ne pas confondre avec l'heure de gloire qui elle est souvent déjà un peu passée…
Comme le bonheur d'ailleurs, presque en même temps…
son moment de bonheur
il s'en souvient...
comme si c'était demain

Et voili ! La centième vue est arrivée! Ou plutôt la 99 ème… gardons toujours une place pour la
dernière… l'idéale, celle après laquelle il n’y a plus rien, pas même l’horizon…
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Au fil du temps...
jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi
sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante
soirée
d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons
en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam
cachant
le hâle de l’été
son châle
vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe
Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle
maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune
matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin
clair de lune
son visage illuminée
par son i phone
premier lézard
la chatte l'a vu
la première
silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige
pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public
souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent
à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt
sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre
reste un cœur
rayé de rides
sur son bras
devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant
nuit en
gîte
le chant du coq réveille
des
souvenirs
chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche
allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel
prenant le métro
pour la première fois
seul sourire
Trous dans la salade
Sur les lieux du crime
le serial croqueur
piaillements
- s’envolant du pin
une plume
22 décembre
une minute en plus
un jour en moins
avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit
premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre
plage déserte
sous un
bout de bois roulé
deux fourmis
soleil d’avril
les fumeurs
et les non fumeurs
en terrasse
enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre
soir d’été
prendre le temps avec elle
les garder
au café
les touristes boivent le pastis
en VO
jour d’été…
ne rien faire
mais bien
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil
balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe
Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes
sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux
aube grise
le café allume
son brouillard
la pluie
et les poules picorent
les flaques
sur la toile
nue
les pommes rougissent
sous son pinceau
retour
d’alpages
les dames admirent les bêtes
les bergers les dames
réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre
terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis
touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC
plage de Maguelone
toute nue sauf l’oreille
- allo
- nue -
juste autour des reins
la méditerranée