Vendredi 14 mars 2008

  Juste un petit rappel sur la forme des tercets de ce blog : l’approche étant minimaliste, les majuscules se font discrètes et donc ne s’imposent pas souvent; pour laisser une ouverture, un léger flou dans la lecture, la ponctuation s’efface presque ; impression et non description, un léger flottement doit s'en dégager (quand c’est réussi !!)… au risque même d’une impression trompeuse…



dans l’auto
il engueule le GPS
sans résultat

Lundi 10 mars 2008

sa peau souillée
d'écume de sable et de sel
son maillot de mer
 

 

  Perce voir le mot… seul… le son aussi a un sens… essentiel… 
pas de poésie sans sons… sans musique…
 

 

Mercredi 5 mars 2008

  On n’écrit pas des haïkus pour écrire mais pour se relier à un instant vécu, éphémère. J’évite de trop transformer le premier jet, de l'arranger pour qu'il fasse plus haïku (le naturel artificiel !). C’est bon ou pas, mais quand c’est bon c’est presque toujours la première vision, la première étincelle ! Le coeur avant la pensée.

(Je mets à part les tercets ou les haïkus de circonstances, plus ou moins inventés, écrits pour le plaisir du jeu, des mots, des sonorités...)  


  un instant
on oublie le bleu...
vol de flamants



avec ses voisines
un voyageur sans âge
vire voyeur

Samedi 12 janvier 2008

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seul dans le bleu ciel
le flamant tricolore
cherche des roses

longeant sa parallèle
l'horizontal
étang de l'Or 


Le tanka comporte cinq vers, de 5-7-5-7-7 pieds (+ ou - !). Le haïku est un dérivé du tanka : dix-sept syllabes constituant les trois premiers vers du tanka. Les rapports entre sexes sont souvent réservés aux tankas.
Le renku est une forme classique de la poésie japonaise ; il est constitué d'une suite de tankas écris à plusieurs et liés entre eux
(exemple contemporain).

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un instant
on oublie le bleu
vol du flamant

 

aveuglant
le soleil sur l'étang
un vol de flamants

 

Jeudi 3 janvier 2008

Sous un figuier d'Avignon 
L'ombre verte étais sucrée 
Par les larmes d'une figue.
 Georges Duhamel
 

C'est un tercet, un peu sucré, mais bon... 
Comme quoi, vaut mieux un chouet' petit tercet qu'un mauvais haïku "réglementaire"... :-)

Lundi 31 décembre 2007

l’année s'achève
mettre des bougies neuves
au chandelier

l’année se termine
le mistral se lève
et chasse tout


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Plus que d’autres, la langue française sans ses verbes devient une langue morte. Vouloir à tout prix « écrire japonais» en français me semble vain et un peu ridicule. Si le haïku en français peut se défendre et exister c’est avec les atouts et les particularités de sa langue comme d’autres l’ont fait sans états d’âme (l’anglais bien sûr !). Cela n’exclue en rien le respect des autres règles qui touchent au fond et même à la forme… même celle de ne pas abuser de verbe et de verbiage… 

 

Dimanche 16 décembre 2007

seul  
au milieu de la nuit
le clair de lune

transcendentalité : C'est ce qui fait que même dans un haïku trivial, prosaïque, érotique ou même scatologique, il y a parfois quelque chose de plus que ce qui y est dit explicitement… de la tristesse dans la gaité, de l’espoir dans le noir…  

Aïe love you...

 

Mercredi 21 novembre 2007
Quelques définitions de mots japonais liés à la pratique du haïku :

Wabi : Austère beauté des choses simples, objets ou écrits.

Sabi : l’impermanence de la vie… la patine, la rouille, la mousse…

Le wabi-sabi est une interaction harmonieuse des deux termes... la beauté naturelle?
Yojô : le non-dit (ne pas tout dire…)
 
Fûryû: Notion simple et complexe qui exprime un idéal d'harmonie avec la nature, un désir d'évasion, le détachement des réalités quotidiennes; signifie aussi le goût pour la poésie, la peinture, le thé, tout ce qui est exempt de prosaïsme.

Kuzari : suspension

Kigos: ce sont les mots de saison
kakekotoba : mot avec un sens multiple (homophone)

kireji: Mot de césure

Sokkio : la spontanéité

Ukiyo : monde flottant

Yugen : mystère
Haïsha: photo avec haïku
Haïga: dessin avec haïku
Tanka: c'est un poème de plusieurs strophes écrit seul ou à plusieurs (on dit alors un renku) dont la forme originelle est un tercet de 17 pieds (ancêtre du haïku) suivi d'un distique de 14 pieds(2x7).
Senryû: similaire au haïku mais avec plus de liberté dans les régles et qui met l'accent sur l'humour, l'ironie, l'auto-dérision, l'humain au lieu de la nature.
Haïbun : Texte poétique en prose parsemé de haïkus ou de senryûs.
Futon : ... Non je déconne...

Glossaire plus complet sur TempsLibres
    


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Mercredi 7 février 2007

  Dans le haïku classique on insiste sur l’objectivité dans le regard, la dépersonnalisation presque… Cette démarche peut s’envisager en harmonie avec une approche du zen… très difficilement compatible avec notre culture. Sans remonter à Descartes (" Je pense donc…"), la pensée occidentale se retrouve plutôt dans cette phrase de Lautréamont: « Si j’existe, je ne suis pas un autre. »… Mais je me vois d’une façon et vous me voyez d’une autre… comme vous même… chaque réalité résonne donc différemment… Notre corps est multiple ainsi que notre esprit, mais nous voyons à travers eux, à travers "je"… même si "je" peux être transcendé hors de toute race, de toute culture, de tout sexe, de toute ascendance et descendance.  
 Bref,  je ne suis convaincu que d’une chose, celui qui écrit des senryûs ou des haïkus n’est jamais à chaque fois le même homme… c’est même parfois une femme…

 (Par tradition, dans la Chine ancienne, on exprimait ses sentiments par la voix de la femme... Autre temps...)


 premier rendez-vous
elle a tout prévu
sauf elle 

("je")


 Le "il", lui, est souvent, paradoxalement, une façon plus objective (plus facile?) de dire "je"; "il" peut être un effacement, une universalisation de l’homme, il peut aussi permettre de dire, dans les senryûs, des choses inavouables, qui ne peuvent être connues que du "je" seul…

Retour de voyage
est-ce une impression seulement,
il la trouve plus large
(anonyme… bien sûr !)

 Toute cette digression parce que j’ai lu cette superbe phrase de
Régis Jauffret : 
" Je est tout le monde et n’importe qui."
dans son dernier livre: « Microfictions ».

 

 

 

 

 

Jeudi 4 janvier 2007

 

Le haïku expression d’une impression et non description. 

   un monde
flottant entre analyse
et soleil levant

 

   Pour écrire des haïkus une vision objective et spontanée et une perception concrète de l’environnement naturel et humain tu auras… dirait Maître Yoda... et transcender la réalité tu devras.  Même sans se prendre la tête avec des contraintes trop rigides ou des considérations mystiques ou métaphysiques,
il faut respecter quelques règles, ne serait ce que pour parler un même langage…
Voir par exemple :
« Suggestions pour écrire des haïkus » ;
les respecter toutes ne serait pas très réaliste…
n’en respecter aucune le serait encore moins.  

   

 En vrac, quelques réflexions personnelles sur la pratique du haïku :

Haïku accompagné ou autonome…
   Le défi et la richesse du haïku ou senryû sont en partie liés à la contrainte de traduire en moins de 18 syllabes une sensation, une impression… La tentation est forte de rajouter un commentaire avant ou (et) après pour être sûr d’être bien compris…
Ben voyons ! Notre petit haïku se suffit à lui même : il « fonctionne » ou pas, mais tout seul, comme un grand!
On peut rajouter une indication si l’on fait référence à un fait culturel ou particulier inconnu du lecteur, mais en règle générale, si l’on partage la même culture et les mêmes codes, les sous entendus, les allusions, les références doivent être comprises (ou interprétées) à demi-mot…

Haïku à pied…
Lorsqu’on est spontanément séduit, ému ou amusé par un haïku ou senryû, on l’est par l’impression, la vision qu’il nous révèle (l’étincelle !) ; si ensuite, par réflexe, on compte les pieds et que l’on constate qu’il ne respecte pas le 5/7/5 "nippon initial", cela n’enlève rien à notre premier plaisir. En revanche, un texte sans esprit et sans lumières ne sera pas sauvé par le respect des règles ! Dommage !

Haïku en lignes...
J’aime bien respecter les 3 lignes et si possible
le
court/ long/ court : c’est le code d’identification visuel le plus évident. Pour la lecture orale on peut imaginer deux lignes matérialisées par la césure. On dit souvent que les haïkus sont écrits pour être lus oralement; pourtant, plus de 95% des haïkus et de la poésie en général sont visualisés (internet, livres) et bien rarement lu en public.
*
J’aime bien aussi, mais là c’est plus un jeu personnel,
réduire au minimum l’ensemble, sans tomber dans le SMS…



 L’utilisation (limitée) de verbes (richesse de la langue française !) ou d’adverbes ne me gêne pas ; là encore, leur présence ou leur absence ne nuise en rien à l’intérêt du texte… sauf à attacher plus d’importance à la lettre qu’à l’esprit... haïku. 
*
     Le senryû est le cousin déluré du haïku ; il ne peut pas s’empêcher d’être ironique et s’intéresse atousantabou, plus d’ailleurs à la nature humaine qu’à la nature tout court. La différence entre les deux est de moins en moins perceptible (mais qui a influencé l’autre !?)… On parle alors de " haïku urbain " et presque tout le monde est content 

"Le HAIKU veut toujours dire quelque chose.
L'idée que ça ne veut rien dire est une coquetterie de
sectaires précieux. " ( de précieuses ridicules!) 
(critique de R.Barthes par J.Sarocchi)


 A suivre...

 

 

Monet Claude - Impression Soleil Levant

Mardi 5 décembre 2006

Il arrive parfois que certains haïkus ou senryûs personnels qui nous semblent faibles ou anodins soient appréciés par des lecteurs (parfois d’ailleurs pour des raisons qui nous sont étrangères);  à l’inverse, le plus souvent, des haïkus qui nous semblaient très réussis passent totalement inaperçus… va comprendre… 

 

 

 par exemple :

 souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent

 

 

Texte libre

 Email
_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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suspension sur ce blog  
  


    haïku 俳句   
  
senryû 川柳   


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