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Règles floues

Jeudi 2 mai 2013 4 02 /05 /Mai /2013 10:29

 

tongs jambes jupe

seins lèvres et yeux bleus

descendent l’escalier


*


ses jambes ses bras nus

son chien et ses seins pointus

viennent vers moi


*



Dans la vision tabulaire (opposée à la linéaire), on visualise des détails d’un texte ou d’un tableau dans un certain désordre et le cerveau reconstitue une vision d’ensemble subjective, impressionniste… voire cubiste !
Bref, au final l’assemblage nous ressemble car « qui se ressemblent s’assemblent » ! (CQFD)

 


Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mardi 5 mars 2013 2 05 /03 /Mars /2013 14:42

      « Ce qu’il a pu m’emmerder le belge (Denoël) avec mes trois points ! Ça le gênait les trois points !... Quand même, ça existe dans notre ponctuation, les points de suspension ! C’est même ce qu’il y a de mieux, autrement commode que le point virgule, cette sournoise qui n’est ni point ni virgule, qui estropie la syntaxe et permet toutes les tricheries. Les points de suspension c’est la vie même, c’est ça qui fait respirer la phrase et qui l’achève en beauté avant qu’elle se littératurise. Notre conversation, nos dialogues, ce sont des points de suspension avec des mots autour. » Céline

 

 

Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Dimanche 23 septembre 2012 7 23 /09 /Sep /2012 17:19

C’est un peu « cliché », mais on compare souvent le haïku avec des instantanés photographiques : Henri Cartier Bresson était celui qui était le plus proche de ce regard (cette école ?) 


« L'œil du siècle :

 En reportage photographique, il invente le regard.
Objectif mais attentif et discret. Ses propos sur le reportage

pourraient aussi bien s'appliquer à l'écriture du haïku. Le haïku par son regard, c'est la vie qui court avec ses joies, ses peines, ses drames, ses instants comiques. Loin des théories compassées, du comptage sur les doigts, de l'imitation des anciens, des règles étriquées, des images forcées, des photo-montages... »

Préface du livre d'Henri Cartier-Bresson "L'imaginaire d'après nature"
pp 19-22 (Fata Morgana, 1996, ISBN 2.85194.423.1)
 



“La photographie est un couperet qui dans l'éternité saisit l'instant présent qui l'a éblouie.
La photographie "fabriquée" ou mise en scène ne me concerne pas...

L'appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l'instrument de l'intuition et de la spontanéité, le maître de l'instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour signifier le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l'on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C'est par une économie de moyen et surtout un oubli de soi-même que l'on arrive à la simplicité d'expression…
Photographier : c'est retenir son souffle quand toutes nos facultés convergent pour capter la réalité fuyante ; c'est alors que la saisie d'une image est d'une grande joie physique et intellectuelle.
Photographier : c'est dans un même instant et une fraction de seconde reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait…
Ma passion n'a jamais été pour la photographie en elle-même, mais pour la possibilité en s'oubliant soi-même, d'enregistrer dans une fraction de seconde l'émotion procurée par le sujet et la beauté de la forme… ”
H.C.B.


Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 18 septembre 2012 2 18 /09 /Sep /2012 11:21

Donner à voir sans tout faire voir:


« Si l’on veut les points sur les i
On a perdu la poésie
… »

*

« L’effet qui formerait la cause
Est pure imagination
Renonce à la création
Le mot ne vient qu’après la chose »

Aragon (Le roman inachevé)

 


Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Mercredi 29 août 2012 3 29 /08 /Août /2012 14:36

 

vent sur la plage
si la dame nue
avait une robe…



Plus de robes d’été (compil.)!



Pour celles (et ceux ?!) qui se formaliseraient de ces « obsessions » en série (ces délires :-)), c’est un jeu, un peu (beaucoup !) pour rire : le senryû, initialement, est un amusement :
"un petit texte satyrique et comique*". 

D’ailleurs, à de rares exceptions près (saoul amoureux fou...), comment peut-on « faire de la poésie » en étant sérieux !

On n’est pas sérieux quand on fait de la poésie…  même après 17 ans, même et surtout en écrivant des haïku en français !

Comique vous dis-je !

Comédia ! Comediante !

*Voir l’introduction de Jean Cholley aux « Haïku érotiques » Editions Piquier

 


 

printemps précoce 
sa robe à fleurs ouverte
à deux boutons


Est-ce ma faute
Si les fruits de l’été se forment aux printemps
Si le temps de l’amour revient au temps des fleurs
Ouvertes sur les robes des jeunes filles en fleurs

 


Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Dimanche 5 août 2012 7 05 /08 /Août /2012 09:06

 

      « La poésie n’est rien qui ne chante pas. En japonais, un haïku, ça chante, de tout le jeu subtil des consonnes et des voyelles. »

Etiemble (Préface à « Le roman inachevé». Poésie/Gallimard)

 

 



sa peau souillée
d'écume de sable et de sel
son maillot de mer

 

 

  Perce voir le mot seul, le sentir, mais… le son aussi a un sens… essentiel… 
pas de poésie sans sons… sans musique…
 

soleil couchant
cachant le hale de son cou
son châle

 


Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 10:24


Dépêche de l’AFP* :
Le bruit court que, sur le modèle de la taxe carbone, on pourrait capitaliser les mots économisés dans les poèmes brefs avec la possibilité de pouvoir les réutiliser dans des haïkus dépassant les 17 syllabes réglementaires du protocole de Tokyo.
Le parti des vers a fait savoir qu’il trouvait cette mesure intéressante. En revanche le parti radical, dans un très bref communiqué, s’oppose à ces quotas et à ce qu’il considère comme "une pollution de l’environnement du haïku" ;  il annonce, "pour couper court aux rumeurs", qu’il continuera à œuvrer, sans vers et contre tout, pour la diminution des émissions de haïku à effet de manches.

*Agence France Poésie 

Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 21 janvier 2012 6 21 /01 /Jan /2012 16:10

   Il y a quelques années lorsque je voulais signifier le passage du temps (du mien !) dans des tercets du genre « senryus », je précisais « soir d’été » ; à présent j’en suis à « soir d’automne »… je n’ai pas vu passer « matin d’automne » !
Bientôt, sans surprise, ce sera « matin d’hiver » (pur et glacé) ; ensuite, si le temps le permet, nous finirons par « soir d’hiver » et, peut être un jour, si jour il y a, évoquerons nous la « nuit d’hiver »… mais ceci est une autre histoire, un autre temps... hors saison.
En attendant, bienvenue à… « tous les matins (de printemps !) du monde ».

 


soir d’été
juste assez de lumière
pour ses yeux bleus
(2004)


soir d’automne
les souvenirs lointains
plus précis
 

Remarque : ce jeu d’écriture est une forme de métaphore, étant entendu que pour les tercets du genre « haïku » on retrouve la réalité des mots de saison.

 


Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires

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Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi

sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante

          soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons


en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
 

je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois

presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam

cachant 
le hâle de l’été
son châle 



vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe

 


 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle

 

maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin


clair de lune
son visage illuminée
par son i phone

premier lézard
la chatte l'a vu
la première


silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige


pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public

 

           souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent


 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt


 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres


   
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre

   

reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant

nuit en gîte
le chant du coq réveille
des souvenirs

 

chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche

 

 

allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel

 

prenant le métro
pour la première fois
seul sourire   


Trous dans la salade

Sur les lieux du crime
le serial croqueur

 

piaillements
- s’envolant du pin
une plume

 

22 décembre    

une minute en plus

un jour en moins 


 

 avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit



premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre


plage déserte
sous un bout de bois roulé
deux fourmis


soleil d’avril
les fumeurs et les non fumeurs
en terrasse


enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre

 


soir d’été
prendre le temps avec elle
les  garder


au café
les touristes boivent le pastis
en VO



jour d’été…
ne rien faire
mais bien 


vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre


chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil


balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe 


Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit

 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard


  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 


  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames


réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre


terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée

 

 

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