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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:00

 

Une ombre dans les courants d’air 
Cet hiver la misère est dans le vent 


la rom dans la rue
rit de rien rit de nous
rire pour vivre
 

la jeune Rom
presque le même foulard
que ma pauvre mère


son foulard rouge
dans le jardin à la française
un coquelicot


Dans le passage où elle "travaille", j’ai du mal à la regarder, question de dignité sans doute… Pas pour elle, pour moi, parce qu’elle est belle avec ses enfants… Mais cette beauté rebelle que vaut elle, que peut elle ?

Assise 
un par un la mendiante
nous juge

tous les visages fermés
seule la mendiante…

sans papier
la jeune Rom parle français
sans accent

On le sait bien qu’elle en rajoute : plus de noir, plus de grimaces,
plus de cinéma…
Mais un jour je l’ai vu pleurer, pour de vrai… Pas simple alors pour chacun de faire semblant : elle de jouer le rôle appris depuis l’enfance, nous celui si facile et si dur de l’indifférence…

plus deux degrés :
la jeune Rom et son bébé
n’en rajoutent pas

femme ou fillette
elle joue à la poupée
avec un bébé

On l’appréciera mieux après, dans le monde virtuel, au cinéma par exemple avec Kusturica ou Tony Gatlif…

mendiants yougos :
on s’attendrit moins
sans la musique

la mendiante mendie
les enfants jouent
les passants passent

 


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Published by André - dans Haïbun
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commentaires

André 04/02/2012 19:11


L’échange est utile et a permis une clarification de votre démarche. (N’oublie pas que je me fais l’avocat du diable :-))
Je souscris à ton souhait de privilégier la prose. 


Une différence fondamentale se situe au niveau du cheminement initial : soit on part du texte (le plus souvent ?) soit des tercets et cela explique sûrement le dosage entre les deux. 


Si j’évoquais le risque de textes stéréotypés ou artificiels c’est qu’il y a tellement de choses mièvres, transposées de l’ancien ou inventées avec les haïkus (réglementaires !) que les haïbuns
risquent de récupérer cette dérive en voulant singer ce qui semblent être des règles.
On n’en finira pas d’évoquer et de découvrir toutes les facettes de ce sujet.
Bref, encore une fois, seul le ressenti final compte. 

Danièle 04/02/2012 16:38


Si je me réfère aux haïbun anglo-saxons, il ne semble pas y avoir de règles très précises : ils vont de quelques lignes à plusieurs pages et leur nombre de haïku est très très variable. Il me
paraît régner une assez grande souplesse.



Le haïbun francophone n'a pas de passé. Il faut attendre de voir comment il évolue avec le temps. Il saura bien se forger sa propre personnalité à facettes multiples. Nous ne pouvons pas écrire
comme les Japonais, ce qui ne serait d'ailleurs pas souhaitable ; nous n'écrirons pas non plus comme les anglo-saxons car notre tempérament est bien différent.


Je n'aimerais pas, moi non plus, tomber dans quelques chose de stéréotypé et d'artificiel, j'ai simplement envie de redonner parfois à la prose aussi la belle place qu'elle mérite. 

André 03/02/2012 21:36


Merci pour ta réponse, Danièle; avec des approches différentes on arrive à peu prés au même point (je n'ai jamais pensé que tu voulais ne pas laisser exprimer quiconque, ça fait partie du
jeu!).
Il me semble quand même qu'on risque de recommencer la même démarche d'orthodoxie qu'avec les haïkus où l'on est parti de régles très strictes (que même les japonais ne respecte pas) pour finir
sur une assez grande liberté et une influence des diverses cultures. Il me semble aussi qu'on se calque beaucoup sur les expériences anglo saxone plutôt que de se rapprocher de ce qui nous
singularise en tant que francophones. 
Nous n'écrirons jamais comme les japonais (culture, écriture, moeurs, nature... différentes) et l'inverse aussi.
Peut être devrais je dire alors "texte en prose avec tercets", cela serait plus simple! :-)

Danièle 03/02/2012 19:06


Je viens de remplacer sur le site "définition" par "approche". C'est un peu plus nuancé, n'est-ce pas ?

Danièle 03/02/2012 19:02


Tu sais, André, je n'aime pas non plus être enfermée dans un cadre strict. La liberté est un trésor à préserver, en poésie et ailleurs.


Pour les définitions présentes sur le site, elles représentent sutout des points de vue personnels. Comme tu le remarques, ils sont variés car chacun appréhende le sujet avec sa sensibilité
propre. Certes, tout le monde n'a peut-être pas écrit de haïbun, mais tous en ont lu un certain nombre et peuvent exprimer leur avis sur la question.


Je te confie mon resssenti à la lecture de ton haïbun mais c'est tout. Loin de moi l'idée de ne pas laisser s'exprimer les personnalités : cela ne me ressemble pas.


Sans doute t'ai-je fait ce commentaire parce que je sais que tu maîtrises aussi parfaitement la prose et que je suis restée un peu sur ma faim ici. Je me souviens en particulier d'un excellent
texte de toi sur la vigne mais je ne parviens pas à le retrouver sur ton blog.


Au plaisir de te lire.