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23 septembre 2012 7 23 /09 /septembre /2012 17:19

C’est un peu « cliché », mais on compare souvent le haïku avec des instantanés photographiques : Henri Cartier Bresson était celui qui était le plus proche de ce regard (cette école ?) 


« L'œil du siècle :

 En reportage photographique, il invente le regard.
Objectif mais attentif et discret. Ses propos sur le reportage

pourraient aussi bien s'appliquer à l'écriture du haïku. Le haïku par son regard, c'est la vie qui court avec ses joies, ses peines, ses drames, ses instants comiques. Loin des théories compassées, du comptage sur les doigts, de l'imitation des anciens, des règles étriquées, des images forcées, des photo-montages... »

Préface du livre d'Henri Cartier-Bresson "L'imaginaire d'après nature"
pp 19-22 (Fata Morgana, 1996, ISBN 2.85194.423.1)
 



“La photographie est un couperet qui dans l'éternité saisit l'instant présent qui l'a éblouie.
La photographie "fabriquée" ou mise en scène ne me concerne pas...

L'appareil photographique est pour moi un carnet de croquis, l'instrument de l'intuition et de la spontanéité, le maître de l'instant qui, en termes visuels, questionne et décide à la fois. Pour signifier le monde, il faut se sentir impliqué dans ce que l'on découpe à travers le viseur. Cette attitude exige de la concentration, de la sensibilité, un sens de la géométrie. C'est par une économie de moyen et surtout un oubli de soi-même que l'on arrive à la simplicité d'expression…
Photographier : c'est retenir son souffle quand toutes nos facultés convergent pour capter la réalité fuyante ; c'est alors que la saisie d'une image est d'une grande joie physique et intellectuelle.
Photographier : c'est dans un même instant et une fraction de seconde reconnaître un fait et l'organisation rigoureuse des formes perçues visuellement qui expriment et signifient ce fait…
Ma passion n'a jamais été pour la photographie en elle-même, mais pour la possibilité en s'oubliant soi-même, d'enregistrer dans une fraction de seconde l'émotion procurée par le sujet et la beauté de la forme… ”
H.C.B.


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Published by André - dans Règles floues
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commentaires

telos 25/09/2012 06:38


je suis d'accord avec toi, c'est comme pour une photo.


l'objectivité n'existe pas .si d'une machine.d'un mécanisme..je suis dans mes photos, je leur ressemble.quand un mot vient, il émane aussi du plus profond. c'est cela l'intérêt.sinon autant créer
une machine/poète à ordonner joliment les sonorités.


photographier, écrire c'est s'offrir presque une indécence de l'instant.après cela rebondit au travers des autres avec leur propre personnalité et parfois de manière bien différente.mais peu
importe l'essentiel pour moi c'est l'instant photographique qui ne peut être qu'émotion vraie.

André 24/09/2012 18:27


Merci, Françoise, pour ce commentaire. Je comprends ton point de vue, cette implication, cette fusion, cette harmonie avec le sujet saisi. Pour traduire tes impressions tu as ton objectif (pas
toujours objectif et c’est très bien). Pour les haïkus, les impressions sont traduites par l’écriture et c’est encore moins objectif. Même si, comme pour la photo, on arrive presque à
s’affranchir de la technique, on y met toujours la subjectivité lié à son vécu et à sa personnalité ; ceux qui aspirent à une objectivité parfaite (l’abstraction du je) ne sont pas naturel et
donc désincarnés : il ne s’agit pas de décrire encore moins de juger ou de commenter mais juste de voir avec ses yeux.

telos 24/09/2012 11:03


en macro, je dois m'isoler, rentrer dans le sujet, chercher son " esprit " sa ligne..le parcourir n'être qu'avec lui.. c'est très sensuel.et me demande une disponibilité totale.pour le paysage
c'est un peu différent plus technique. hier, j'ai fait 2h de macro,c'est dans l'instant fatiguant..mais si passionnant.la photo, oui, est un instant d'émotion figée.elle n'est pas la même pour le
photographe que pour le lecteur. cela me surprend parfois, encore.je trouve parfois une photo superbe car je la lis dans mon émotion comme la 1 de mon rticle de ce jour qui ne plaira pas
forcément..souvent pour en faire le tri, il vaut mieux différer de quelques jours pour justement être moins dans l'émotion de l'instant et davantage dans le regard critique


merci c'est intéressant cet article

Mido 23/09/2012 20:15


point de vue interessant, complétement d'accord  avec lui