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Mardi 23 août 2011 2 23 /08 /Août /2011 11:00

La fleur est le paroxysme de la jouissance

La jouissance est brève et soudaine, son expression (son explosion !) doit l’être aussi.
...
De l’impression vive à l’expression brute.

(L’écrit suggère, l’imaginaire traduit.)

le maxi dans le mini
oh ! même mieux
le mini dans le mini !

Pourquoi faire long et compliqué quand on peut faire simple et court ?
Mais aussi, pourquoi faire terne et inodore quand on peut faire éclatant et parfumé ?



L’impression vive…

« Je déteste cette habitude scholastique de développer… Seuls les bavards traitent le sujet. Quand je veux traduire une impression vive, mon premier mouvement n’est pas de laisser aller ma plume, comme disent les sots, mais un reflexe de contraction, de gêne, de refus… Je déteste les bavards, tous les chroniqueurs qui ne parlent de rien en parlant de tout. C’est difficile d’être bref… »

Paul Morand (Journal inutile)




  « La rage de l’expression…

« Que rien désormais ne me fasse revenir de ma détermination : ne sacrifier jamais l'objet de mon étude à la mise en valeur de quelque trouvaille verbale que j'aurai faite à son propos, ni à l'arrangement en poème de plusieurs de ces trouvailles.
En revenir toujours à l'objet lui-­même, à ce qu'il a de brut, de différent : différent en particulier de ce que j'ai déjà (à ce moment) écrit de lui.
Que mon travail soit celui d'une rectification continuelle de mon expres​sion (sans souci a priori de la forme de cette expression) en faveur de l'objet brut.
Ainsi, écrivant sur la Loire d'un endroit des berges de ce fleuve, devrai-je y replonger sans cesse mon regard, mon esprit. Chaque fois qu'il aura séché sur une expression, le replonger dans l'eau du fleuve.
Reconnaître le plus grand droit de l'objet, son droit imprescriptible, opposable à tout poème... Aucun poème n'étant jamais sans appel a minima de la part de l'objet du poème, ni sans plainte en contrefaçon.
L'objet est toujours plus important, plus intéressant, plus capable (plein de droits) : il n'a aucun devoir vis-à-vis de moi, c'est moi qui ai tous les devoirs à son égard.
Ce que les lignes précédentes ne disent pas assez : en conséquence, ne jamais m'arrêter à la forme poétique celle-ci devant pourtant être utilisée à un moment de mon étude parce qu'elle dispose un jeu de miroirs qui peut faire apparaître certains aspects demeurés obscurs de l'objet. L'entrechoc des mots, les analogies verbales sont un des moyens de scruter l'objet.
Ne jamais essayer d'arranger les choses. Les choses et les poèmes sont inconciliables.
Il s'agit de savoir si l'on veut faire un poème ou rendre compte d'une chose (dans l'espoir que l'esprit y gagne, fasse à son propos quelque pas nouveau).
C'est le second terme de l'alternative que mon goût (un goût violent des choses, et des progrès de l'esprit) sans hésitation me fait choisir.
Ma détermination est donc prise ...
Peu m'importe après cela que l'on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quant à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m'avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon coup de reins pour en sortir. »

Francis Ponge




  « Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le Maître cueille pour le plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lys virginal, autre l’humble violette. Tachons de plaire, selon le parfum et l’éclat qui nous sont donnés… »

Saint Théophane Vénard

 

Par André - Publié dans : Règles floues - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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