Dans mon rêve
je m’endors dans ses bras
en rêvant
Vue de dos on dirait une japonaise.
Sur ce chemin tourbillonnant, mon cou aussi se bride, mes bras toujours se balancent avec une étonnante régularité d’avant en arrière, le pouce devant, l’auriculaire derrière, très loin derrière,
pendant que le haut de ses cuisses épousent la cadence de mes mains. Hier soir, elle sautillait presque nue au milieu de la belle nuit. Ses seins n’étaient pas blancs mais comme éclairés de
l’intérieur. On aurait dit des lucioles. Sa bouche silencieuse gigotait entre nous. Ce matin je cours après elle en essayant de ne pas la rattraper. Tout est là pourtant, le tissu qui balance, le
nylon humide, la peau brillante et les courbes qui s’élancent dans un murmure confus et une solitude immense entre l’expression du désir éternel et l’espoir fragile du plaisir. Une voix ondule et
fait lever ses bras, ah ! ses bras ! Une mélodie la caresse en équilibre. Elle est si belle avec ses mains posées sur le ciel. Moi, en bas, j’ai une sorte de chicungugna orphelin de
mère, le B je crois, celui qui rend hyper lucide, qui rend fou quoi. Suspendue au ciel elle me fascine et me fait signe. Je la prends en photo, plusieurs fois. Le jour se lève, il faut qu’elle
remaquille sa nuit, elle a un petit pli sur son sourire. Le bout de sa lèvre a un goût précis de dentifrice. Calme et vierge, jonglant avec d’autres nuages elle monte dans le ciel et disparaît un
peu, puis beaucoup. Dans ces conditions je n’essaie même plus de la suivre. Une autre fois peut-être, quand je serais plus jeune. Je me réveille et me rendort ou l’inverse en pensant que cette
nuit ma barbe va encore pousser, des poils nouveaux qui n’auront pas connus les siens.
Après j’ai encore rêvé du Fuji-yama…
Au petit jour
quelques tâches blanches
bien réelles





