Pour en finir avec le temps... durez!
A la fin, il n’y a pas de petit défi
Et si durer simplement c’était le dernier
Le dernier bonheur lent, dans le temps
Oh, pas très violent
Mais en empilant tous ces moments
On se croirait encore avant
Heureux celui qui attend...
(Ne plus rien espérer n’empêche pas d’attendre)
Il est bien tard
Mais pas trop tard
Vivons ces fugaces instants
Que l’on nous donne et que l’on prend
Où resplendit la douce lumière
De l’ultime joie imitant la première
Et du jour finissant
*
l’éclat du miroir
efface les rides
un instant
entre père et fils
un simpleman féminin
enfin trop humain
La vie est faite non d'années mais de moments...
16/09/46 attendre soixante ans pour ces baisers là |
90 ans les chiffres à l’envers un nouveau défi |
Ce coup ci, c'est vraiment l'automne...
L’automne sera ce qu’on veut qu’il soit
Soyons doux pour l’autre, mais aussi pour soi
Tout est si fragile lorsque vient le soir
La brume descend mais je t’aperçois
L’amour nous relie par un fil de soie
Oh, et puis tant qu'on y est, pourquoi pas... ça coute rien...
Moine Zen (poète et calligraphe) 1758-1831
J'habite une forêt profonde
Les glycines poussent chaque année un peu plus
Nulle préoccupation mondaine ne m'atteint
Parfois un bûcheron chante
Je recouds ma robe de moine au soleil
Je lis des poèmes à la lumière de la lune
Je voudrais dire aux hommes
Que pour être heureux peu de choses sont nécessaires.
ramassant du bois
puis traversant le pont
dans la brume du soir
l'automne se termine
qui pourrait comprendre
ma mélancolie
le voleur parti
n'a oublié qu'une chose,
la lune à la fenêtre
Le ciel pur d?automne
Un boqueteau de vieux arbres ?
Et cette cabane !
Le ciel clair d?automne
des milliers de moineaux ?
le bruit de leur ailes
Tendre souvenir :
la coiffure des enfants ?
violettes en fleur
La fenêtre ouverte
tout le passé me revient ?
bien mieux qu?un rêve !
De tous petits groupes
de hérons passent dans le ciel ?
crépuscule d?automne
Combien sont-ils donc
avançant en zigzaguant
les marchands de sardine ?
Sans être poudrée -
la blancheur de ton visage
jeune mariée !
Brûlant du bois mort
quand vient le soir on entend
la pluie automnale
A l'ombre des arbres
du mont Kugami, dans cette cabane
j'aimerais vieillir.
Ryokan
4 jours en Vivarais, dans la maison familiale maternelle (que ces trois mots vont bien ensemble!) et pas la queue d'un haïku... juste qques points de suspension, quand même... En revanche la descente des gorges de l'Ardèche en canoë et de superbes randonnées sur la corniche du Vivarais...








un détail
sur son visage
oublié
Le détail est la substance du monde.
Dans le haïku ou le senryû, c’est le détail qui ne dit pas tout…
Et puis, qui décide, et comment, ce qui est détail et ce qui ne l'est pas.
Le détail de l’histoire les détails d’une histoire.
(voir tous les petits détails révélés par Lanzmann
dans son film sur
Le détail rend la mort vivante et la vie mortelle.
Le détail c’est ce qui reste quand on n’a plus rien...
Auschwitz en 75
Des tresses de cheveux blonds
inoubliables
Gris
les cheveux des survivants
pas ceux des morts
rires et jeux de mains
dans la vieille vigne
vendange à la main
elle s’avance
vers la vigne tremblante
vendange mécanique
Coupé dans de l’eau
si trouble si lointain
le vin de mon père
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
* Là cest pour la forme... __ Un peu Mais croire Que le vrai bonheur C’est comme croire que la douleur Peut s’enfermer dans une bouteille Ou qu’en ne tombant jamais amoureux On se préservera toujours du malheur Pour que l’existence nous émerveille Il faut remplir nos verres et nos cœurs Avec ce breuvage sauvage qui réveille Trinquons mes frères avec l’âme sœur Que coule ce philtre parfumé et doux Quand je le bois tout pareil aux Dieux Éternellement divin sans être odieux Je suis le roi et le clochard radieux Aimant et buvant quand je veux On ne vivra peut-être pas vieux Mais on aura fait de son mieux Sans bon vin sans son ivresse Faute de Dieu Fait de ton mieux Tu n’y changeras rien D’autres ont bu d’autres boiront Âpre ou doux il m’enchante comme Le goût de la vie des hommes Sans un ami sans une femme
Coteaux du Pic St Loup
I
I
Viens
Vin d'ici
Vin écarlate
Dans ce pays béni
Quand un raisin mûrit
Que ses grappes éclatent
Saveurs et parfums inondent
Cette vigne du bout du monde
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Dans les vignes les raisins noirs
Caressés par de fines mains
Gonflent pour le défouloir
Bouche en suçoir
Peau en satin
Plaisir divin
Gicle le vin
Petite
Fin
O
vu à la taille
au milieu des bonzaïs
le vigneron

le vin est un
multiplicateur de l'individu.
pour le fond?
Sans vin
Dans la vie
Rien ne vit
On survit
On peut
Bien sûr
En boire
Est de ne jamais en boire
Tout n’est que souvenir pieux
Le chagrin devient tendresse
Santé fraternité et adieu
Vin, rend-nous heureux
---------
N'oublie pas
Un jour tu ne sentiras plus le parfum
Celui des femmes et celui des roses
Et tu oublieras le goût des choses
Mais n’y pense pas
Bois du vin
Le vin nous unit
Et les saisons de notre vie
N'oublie pas
Un jour tu dormiras si longtemps
Que tu oublieras même le goût du Vin
Quand les hirondelles volent bas
les pavés se prennent pour des nuages
allongé dans l’herbe
face aux nuages
allongés dans le ciel

Le soleil a ouvert
Le manteau de sa gloire
Pour offrir aux lavandes
Un écrin de blés mûrs
plage de Maguelone
nos deux vélos liés
l’un à l’autre
le gris foncé du ciel
dans le clair de la mer
petit air d’automne
plage en septembre
deux dames sans soleil
et sans rien
brume de septembre
silhouette sur la plage
asexuée
là bas sur le sable
une blonde sans le haut
sans le bas
fin de l’été
juste une naïade en vue
pour le troisième âge
fin d’août
entre les draps de bain
l ’ e s p a c e s ’ a l l o n g e
En voyant tous ces groupes de touristes dociles et compacts, encadrés et gardés par des guides, on imagine qu’il y a 50 ans, ces même guides, souvent gars du pays, auraient été des bergers.
Il n’y a presque plus de moutons et de plus en plus de touristes. Ils mènent donc leur troupeau humain avec la même passion*. A la prochaine génération, ils transmettront à leurs enfants, non pas la connaissance et l’amour des bêtes, mais celles des touristes... Le métier demande à peu prés les mêmes qualités… les troupeaux sont aussi très semblables : choisir un meneur ou une meneuse, les autres suivent ; bien surveiller les petits, on est responsable… On s’attache bien-sûr, mais à la fin il faut s’en séparer…
Tout ça ne dure que l’été, comme les transhumances.
Certains bergers, ce sont les derniers, alternent encore les deux activités…
ils ont du mal à lâcher les grands espaces les chèvres et les brebis…
mais les touristes sont si bêêêêêles.
*Foucault appelait ça: "la relation pastorale"
qui peut se transposer à bien d'autres structures organisées...
La connaissance révèle, nomme et, par là même, classe. La parole s’adresse à un visage.
La connaissance se saisit de son objet. Elle le possède. La possession nie l’indépendance de l’être, sans détruire cet être, elle nie et maintient. Le visage, lui, est inviolable ; ces yeux absolument sans protection, partie la plus nue du corps humain, offrent cependant une résistance absolue à la possession, résistance absolue où s’inscrit la tentation du meurtre : la tentation d’une négation absolue.
Autrui est le seul être qu’on peut être tenté de tuer. Cette tentation du meurtre et cette impossibilité du meurtre constituent la vision même du visage. Voir un visage, c’est déjà entendre : « Tu ne tueras point ».
Et entendre : « Tu ne tueras point », c’est entendre : « Justice sociale ». (...)
L’universalité est instaurée par ce fait, après tout extraordinaire, qu’il peut y avoir un moi qui n’est pas moi-même, un moi vu de face : la conscience, par ce fait extraordinaire qu’un moi souverain, envahissant le monde naïvement, aperçoit un visage et l’impossibilité de tuer. La conscience, c’est l’impossibilité d’envahir la réalité comme une végétation sauvage qui absorbe ou brise ou chasse tout ce qui l’entoure.
Le retour sur soi de la conscience n’équivaut pas à une contemplation de soi, mais au fait de ne pas exister violemment et naturellement, au fait de parler à autrui.
Emmanuel Lévinas.






