Jeudi 21 septembre 2006

Pour en finir avec le temps... durez!

A la fin, il n’y a pas de petit défi
Et si durer simplement c’était le dernier
Le dernier bonheur lent, dans le temps
Oh, pas très violent
Mais en empilant tous ces moments
On se croirait encore avant

 

 

 

Heureux celui qui attend...
(Ne plus rien espérer n’empêche pas d’attendre)

 

 

Il est bien tard  
Mais pas trop tard 
Vivons ces fugaces instants 
Que l’on nous donne et que l’on prend 
Où resplendit la douce lumière 
De l’ultime joie imitant la première 
Et du jour finissant

*

l’éclat du miroir
efface les rides
un instant

 

 

Lundi 18 septembre 2006

entre père et fils
un simpleman féminin
enfin trop humain

  

 

Samedi 16 septembre 2006


La vie est faite non d'années mais de moments...


16/09/46
attendre soixante ans
pour ces baisers là


90 ans
les chiffres à l’envers
un nouveau défi


Ce coup ci, c'est vraiment l'automne...

L’automne sera ce qu’on veut qu’il soit
Soyons doux pour l’autre, mais aussi pour soi
Tout est si fragile lorsque vient le soir
La brume descend mais je t’aperçois
L’amour nous relie par un fil de soie


Oh, et puis tant qu'on y est, pourquoi pas... ça coute rien...



Vendredi 15 septembre 2006

Moine Zen (poète et calligraphe) 1758-1831

J'habite une forêt profonde
Les glycines poussent chaque année un peu plus
Nulle préoccupation mondaine ne m'atteint
Parfois un bûcheron chante
Je recouds ma robe de moine au soleil
Je lis des poèmes à la lumière de la lune
Je voudrais dire aux hommes
Que pour être heureux peu de choses sont nécessaires.


ramassant du bois
puis traversant le pont
dans la brume du soir


l'automne se termine
qui pourrait comprendre
ma mélancolie


le voleur parti
n'a oublié qu'une chose,
la lune à la fenêtre


 Le ciel pur d?automne
Un boqueteau de vieux arbres ?
Et cette cabane ! 


 Le ciel clair d?automne
des milliers de moineaux ?
le bruit de leur ailes 



 Tendre souvenir :
la coiffure des enfants ?
violettes en fleur 



 La fenêtre ouverte
tout le passé me revient ?
bien mieux qu?un rêve ! 



 De tous petits groupes
de hérons passent dans le ciel ?
crépuscule d?automne 


 Combien sont-ils donc
avançant en zigzaguant
les marchands de sardine ? 


Sans être poudrée -
la blancheur de ton visage
jeune mariée !


Brûlant du bois mort
quand vient le soir on entend
la pluie automnale


A l'ombre des arbres
du mont Kugami, dans cette cabane
j'aimerais vieillir.

Ryokan

Jeudi 14 septembre 2006


4 jours en Vivarais, dans la maison familiale maternelle (que ces trois mots vont bien ensemble!) et pas la queue d'un haïku... juste qques points de suspension, quand même... En revanche la descente des gorges de l'Ardèche en canoë et de superbes randonnées sur la corniche du Vivarais...

Sanzon


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par André publié dans : Photos
Jeudi 14 septembre 2006


un détail
sur son visage
oublié


Le détail est la substance du monde.
Dans le haïku ou le senryû, c’est le détail qui ne dit pas tout…

Et puis, qui décide, et comment, ce qui est détail et ce qui ne l'est pas.
Le détail de l’histoire les détails d’une histoire.
(voir tous les petits détails révélés par Lanzmann
dans son film sur la Shoah )
Le détail rend la mort vivante et la vie mortelle.
Le détail c’est ce qui reste quand on n’a plus rien...


Auschwitz en 75 
 
Des tresses de cheveux blonds 
inoubliables

  

 

   Gris
les cheveux des survivants
pas ceux des morts

 

Vendredi 8 septembre 2006

rires et jeux de mains
dans la vieille vigne
vendange à la main


elle s’avance
vers la vigne tremblante
vendange mécanique

   

Coupé dans de l’eau 
si trouble si lointain 
le vin de mon père



vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre


Coteaux du Pic St Loup 
I
I
Viens
Vin  d'ici
Vin écarlate 
  Dans ce pays béni 
  Quand un raisin mûrit 
  Que ses grappes éclatent 
  Saveurs et parfums inondent
  Cette vigne  du bout du  monde  
OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO
Dans les vignes les raisins noirs
Caressés par de fines mains
Gonflent pour le défouloir
Bouche  en  suçoir
Peau en satin
Plaisir  divin
Gicle le vin
Petite
Fin
O



vu à la taille
au milieu des bonzaïs
le vigneron

St Jean de Fos(109427 octets)
le vin est un  
multiplicateur de l'individu.

 *

Là cest pour la forme...
pour le fond?

__
Sans vin
Dans la vie
Rien ne vit
On  survit
On  peut
Bien sûr
En boire

 

Un  peu

Mais croire

Que le vrai bonheur
 Est de ne jamais en boire 

C’est comme croire que la douleur

Peut s’enfermer dans  une bouteille 

Ou qu’en ne tombant jamais amoureux

On se  préservera  toujours du malheur

Pour  que  l’existence  nous  émerveille

Il  faut remplir nos verres et nos cœurs

Avec ce breuvage sauvage qui réveille

Trinquons mes frères avec l’âme sœur

Que coule ce philtre parfumé et doux

Quand je le bois tout pareil aux Dieux

Éternellement divin sans être odieux

Je suis le roi et le clochard  radieux

Aimant et  buvant quand  je veux

On ne vivra peut-être  pas vieux

Mais on aura  fait de son  mieux

Sans  bon vin sans son  ivresse
Tout  n’est que souvenir  pieux
Le chagrin devient tendresse 
Santé fraternité et adieu

Faute de Dieu

Fait de ton mieux
Vin, rend-nous  heureux
 
---------

chateau d'Aumelas(67442 octets)

N'oublie pas
Un jour tu ne sentiras plus le parfum
Celui des femmes et celui des roses 
Et tu oublieras le goût des choses
Mais n’y pense pas
Bois du vin 

Tu n’y changeras rien

D’autres ont bu d’autres boiront
Le vin nous unit

Âpre ou doux il m’enchante comme

Le goût de la vie des hommes
Et les saisons de notre vie

N'oublie pas
Un jour tu dormiras si longtemps

Sans un ami sans une femme
Que tu oublieras même le goût du Vin

 

 

 

Mardi 5 septembre 2006


Nuages en suspension...

Quand les hirondelles volent bas
les pavés se prennent pour des nuages


allongé dans l’herbe
face aux nuages
allongés dans le ciel

de la bréche de Roland




Le soleil a ouvert
Le manteau de sa gloire
Pour offrir aux lavandes
Un écrin de blés mûrs


Dimanche 3 septembre 2006


plage de Maguelone
nos deux vélos liés
l’un à l’autre

velos.jpg (71341 octets)


le gris foncé du ciel
dans le clair de la mer
petit air d’automne


plage en septembre
deux dames sans soleil
et sans rien


brume de septembre
silhouette sur la plage
asexuée

 
là bas sur le sable
une blonde sans le haut
sans le bas


 

 

 

fin de l’été
juste une naïade en vue
pour le troisième âge


fin d’août
entre les draps de bain
l ’ e s p a c e   s ’ a l l o n g e

 

 

 

 

Vendredi 1 septembre 2006

 En voyant tous ces groupes de touristes dociles et compacts, encadrés et gardés par des guides, on imagine qu’il y a 50 ans, ces même guides, souvent gars du pays, auraient été des bergers. 
Il n’y a presque plus de moutons et de plus en plus de touristes. Ils mènent donc leur troupeau humain avec la même passion*. A la prochaine génération, ils transmettront à leurs enfants, non pas la connaissance et l’amour des bêtes, mais celles des touristes... Le métier demande à peu prés les mêmes qualités… les troupeaux sont aussi très semblables : choisir un meneur ou une meneuse, les autres suivent ; bien surveiller les petits, on est responsable… On s’attache bien-sûr, mais à la fin il faut s’en séparer… 
Tout ça ne dure que l’été, comme les transhumances. 
Certains bergers, ce sont les derniers, alternent encore les deux activités… 
ils ont du mal à lâcher les grands espaces les chèvres et les brebis… 
mais les touristes sont si bêêêêêles.

   *Foucault appelait ça: "la relation pastorale"
qui peut se transposer à bien d'autres structures organisées...

par André publié dans : Provence
Vendredi 1 septembre 2006

La connaissance révèle, nomme et, par là même, classe. La parole s’adresse à un visage. 
La connaissance se saisit de son objet. Elle le possède. La possession nie l’indépendance de l’être, sans détruire cet être, elle nie et maintient. Le visage, lui, est inviolable ; ces yeux absolument sans protection, partie la plus nue du corps humain, offrent cependant une résistance absolue à la possession, résistance absolue où s’inscrit la tentation du meurtre : la tentation d’une négation absolue. 
Autrui est le seul être qu’on peut être tenté de tuer. Cette tentation du meurtre et cette impossibilité du meurtre constituent la vision même du visage. Voir un visage, c’est déjà entendre : « Tu ne tueras point ». 
Et entendre : « Tu ne tueras point », c’est entendre : « Justice sociale ». (...)

L’universalité est instaurée par ce fait, après tout extraordinaire, qu’il peut y avoir un moi qui n’est pas moi-même, un moi vu de face : la conscience, par ce fait extraordinaire qu’un moi souverain, envahissant le monde naïvement, aperçoit un visage et l’impossibilité de tuer. La conscience, c’est l’impossibilité d’envahir la réalité comme une végétation sauvage qui absorbe ou brise ou chasse tout ce qui l’entoure. 
Le retour sur soi de la conscience n’équivaut pas à une contemplation de soi, mais au fait de ne pas exister violemment et naturellement, au fait de parler à autrui.

 

Emmanuel Lévinas.

par André publié dans : Divers

Texte libre

 Email
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Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre


Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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