Vendredi 1 septembre 2006

 En voyant tous ces groupes de touristes dociles et compacts, encadrés et gardés par des guides, on imagine qu’il y a 50 ans, ces même guides, souvent gars du pays, auraient été des bergers. 
Il n’y a presque plus de moutons et de plus en plus de touristes. Ils mènent donc leur troupeau humain avec la même passion*. A la prochaine génération, ils transmettront à leurs enfants, non pas la connaissance et l’amour des bêtes, mais celles des touristes... Le métier demande à peu prés les mêmes qualités… les troupeaux sont aussi très semblables : choisir un meneur ou une meneuse, les autres suivent ; bien surveiller les petits, on est responsable… On s’attache bien-sûr, mais à la fin il faut s’en séparer… 
Tout ça ne dure que l’été, comme les transhumances. 
Certains bergers, ce sont les derniers, alternent encore les deux activités… 
ils ont du mal à lâcher les grands espaces les chèvres et les brebis… 
mais les touristes sont si bêêêêêles.

   *Foucault appelait ça: "la relation pastorale"
qui peut se transposer à bien d'autres structures organisées...

par André publié dans : Provence
Vendredi 1 septembre 2006

La connaissance révèle, nomme et, par là même, classe. La parole s’adresse à un visage. 
La connaissance se saisit de son objet. Elle le possède. La possession nie l’indépendance de l’être, sans détruire cet être, elle nie et maintient. Le visage, lui, est inviolable ; ces yeux absolument sans protection, partie la plus nue du corps humain, offrent cependant une résistance absolue à la possession, résistance absolue où s’inscrit la tentation du meurtre : la tentation d’une négation absolue. 
Autrui est le seul être qu’on peut être tenté de tuer. Cette tentation du meurtre et cette impossibilité du meurtre constituent la vision même du visage. Voir un visage, c’est déjà entendre : « Tu ne tueras point ». 
Et entendre : « Tu ne tueras point », c’est entendre : « Justice sociale ». (...)

L’universalité est instaurée par ce fait, après tout extraordinaire, qu’il peut y avoir un moi qui n’est pas moi-même, un moi vu de face : la conscience, par ce fait extraordinaire qu’un moi souverain, envahissant le monde naïvement, aperçoit un visage et l’impossibilité de tuer. La conscience, c’est l’impossibilité d’envahir la réalité comme une végétation sauvage qui absorbe ou brise ou chasse tout ce qui l’entoure. 
Le retour sur soi de la conscience n’équivaut pas à une contemplation de soi, mais au fait de ne pas exister violemment et naturellement, au fait de parler à autrui.

 

Emmanuel Lévinas.

par André publié dans : Divers

Texte libre

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Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

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C’est être heureux
  

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