Mercredi 30 août 2006

 ça nous fait pas jeune...


Mercredi 30 août 2006

Son chien
lape sur la tombe
l’eau tombée là 

   

 

   

au cimetière
les pieds dans la terre
du bon coté

   

 

   

sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit

  

 

   

pluie d’été
sous l’imper transparent
la chemise hawaïenne

  

 

   

entre les tuiles
traversant les particules
un trait sort du trou

   

 

 

 concert en plein air 
 
sur les visages et les partitions       
un courant passe  


     

dans la rosée du matin
et la lumière d’août
 je suis été

   

 

   

sur la toile nue
les pommes rougissent 
sous son pinceau

 

 

 touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC

  

marché de Provence
tous ses corps de femmes fraîches
tous ces parfums

    

 

 

 

 banc d’hiver
son visage au soleil
pâle
 

  

réalisant

ses cheveux grisonnants

en relisant l’offre 

Sur le Senryû
 Karaï Senryû (1718-1790) est le créateur de ce genre poétique 
(littéralement Senryû signifie : saule de la rivière).
    Le senryû est teinté d'humour et était au début utilisé
à des fins satiriques.
      Le Senryû est plus subversif que le Haiku, il peut dénoncer nos travers, notre société, les institutions...  
En fait, le Senryû ne respecte rien ni personne...
et surtout pas des règles... un rebelle quoi!

 

Mercredi 30 août 2006

les fleurs du lilas
de plus en plus claire
pluie de printemps



dans le ciel gris   
entre les deux ruines   
un iris bleu

 

 

bronze fluide
filant en en zigzag
lézard ?

 

 

la pluie
et les poules picorent
les flaques

  

 

matin glacial
reflet sur le lac
immobile


vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre

  

 

Chutes mortelles
La table tombe de la tonnelle
aux tons d’automne

 

 

Texte libre

 Email
_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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