Jeudi 30 août 2007

 près d'elle
 ressemblant à un poisson 
un bois flotté 


seul sur la plage
son sexe à l’air
résigné

 

  J’évite de rajouter des commentaires aux petits textes du blog mais vu le nombre de visiteurs j’imagine que certains, découvrant cette "poésie bréve de l'instant", s'interrogent (entre autre !) sur l’absence de ponctuation. Et bien, outre que ces vermisseaux minimalistes n’oseraient pas se  parer de majuscules, cela permet plus de liberté dans l’ouverture du haïku ou senryû ; un certain flou, un double sens comme, je l’espère, dans ces deux là. On peut aussi visualiser les choses dans un certain désordre ; en poésie et surtout en peinture on appelle ça « la lecture tabulaire » (opposée à la linéaire) : on perçoit des parties d’une scène (ou du texte) et le cerveau reconstitue une vision d’ensemble subjective... une impression quoi...  

Mercredi 29 août 2007

entendre à nouveau
le bruit de la rivière
fin de l’été

le soleil sur l’eau
un homme nu entre
dans elle


Reflets(90314 octets)

 

couchés sur le rocher
trois naturistes rouges
sur fond blanc

 

Vendredi 24 août 2007

sur la lingerie
de la voisine étendue...
des phéromones


          contournant l'écran
 de la culotte humide
          des pattes noires

effleurant
la lingerie mouillée
des autochtones

légères
sur la lingerie étendue
trois fourmis


sur le fil tout droit
des virages en épingles...
le linge rallonge
(désolé!)

 


 
toute noire
sur son fil
vers la lumière

 

Comme il s'agit du même fil... je rajoute cet article déjà édité...


la fourmi
le soleil et la lune
matin d'été

DSCN3485a.jpg (44858 octets)

la fourmi
traverse l'espace d'un instant
le ciel


 ma Vibram©
en suspens sur sa vie...
fourmi noire
 

  

sur 
la
   cor
   de
   à
      lin
         ge 
         la
             four
            mi
              noi
              re
                     prend
                   son 
 
                                 temps          
                      et 
                        le  
                            mien


 la fourmi rouge                                           
 dans la chair de la figue
                                        
invisible


Mercredi 22 août 2007

La machine
à vendanger l’évite
La vieille vigne

Suzette(60290 octets)

 

Avant les machines...
(Avant... danger!)

 

Les vendangeuses
De peaux sensibles
Sages femmes des vignes
Sectionnent les grappes
Des cépages nobles
Lien ombilical
Du vin qui va naître

 

 
Rires et cris éclatent
Dans tous le vignoble
Rites et jeux sacrés
Jus béni sucré
Éternel baptême
C’est tout ce que j’aime
 !

 

Mardi 21 août 2007

tes mains
les bras tendus pliant les draps
témoins

froissement
... plier les draps à deux
encore une fois

Les mouchoirs
lavés des larmes
A repasser

Lundi 20 août 2007

village perché
la plus belle vue
depuis les WC

 

 

les nuages à l’ouest
en place pour le coucher
avant soir d’été

 

 

la vieille fontaine
le fronton amplifie
son faible son

 

 

 

Vendredi 17 août 2007

Que nous veut on quand on nous dit « Je t'aime ». La déclaration est elle une offre ou une demande. La magie de la formule ne tient pas à son sens mais à son élocution. Sans dire ce qu'elle requiert, elle exige, tout simplement. « Je t'aime » est une clé, un mot de passe. Qui exprime sa flamme se confère des droits. L'amour a l'étrange vertu de légitimer ce qui se trame en son nom. De l'ardeur à la caresse, il n'a rien à justifier ; du dépit à la violence, non plus. Ce que vous veut qui vous aime est sans recours. Et à quoi s'expose t on quand on aime ?
Au pire et au meilleur ! De l'autre comme de soi.
L'amour invite à souffrir autant qu'à faire souffrir. Il anoblit ce qu'on subit comme ce qu'on fait subir. L'amour contente autant qu'il aveugle. Il pare de noblesse nos plus grandes faiblesses. En son nom tout peut se faire et en son nom, tout se fait.
Est-ce folie d'aimer... est ce un crime d'aimer à la folie ?
(inspiré du livre de J.C. Lavie: L'amour est un crime parfait  (Gallimard Sciences humaines))


si doucement
       ... lu sur ses lèvres
 les deux mots

 

 

 

par André publié dans : Divers
Jeudi 16 août 2007

    buis.jpg (72525 octets)

 Buis du Verdon            

feuille qui dure                         

de la verdure                          

au vermillon      

 

 

Lundi 13 août 2007

les libellules
se lançant de leurs quatre ailes
des reflets bleus

 

 rosée du matin
endormie sur un jonc
la  libellule

 

si rapide
la libellule verte
sur l’herbe bleue

Vendredi 10 août 2007

 

sans électricité
pendant l’orage
juste la sienne

après l’orage
les cailloux du chemin
se reposent


dans les pins
l’odeur du torrent boueux
fin de soif

 

 

Dimanche 5 août 2007

le brin de lavande
oscille
l’abeille aussi

de mes doigts à son nez
le brin de lavande
voyage entre nous

Valensole (17589 octets)

Jeudi 2 août 2007

sous la cascade
le crapaud au sec
moi dans l’eau

poemes14.jpg (21845 octets)

 

 Autrement dit...

  Émouvant rocher
Au bord d’un ruisseau
Paradis caché
Des vieux provençaux

De l’eau qui s’étale
Puis se rétrécit
Plonge verticale
Et se radoucit


 Cela tourbillonne
C’est un lieu qui vit
La mousse me donne
Toujours des envies

Bien des provençales
Aiment y passer
A l'horizontale
 Sans le regretter

Baignoire idéale
Ombrage précieux
Dans cette eau glaciale
Un corps audacieux

Flotte immobile
Comme un nouveau né
Position fœtale
Sensations innées

 Avec le crapaud
Qui habite ici
Rien dans le propos
Nous différencie
 

Je suis la nature
L’eau et le soleil
Origine obscure
Nous sommes pareils

 C'est vraiment le crapaud du poème!  

 

 

Bref...   

 avec le crapaud
  même eau même soleil
 du pareil au même

 

 

 

 



Texte libre

 Email
_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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