près d'elle
ressemblant à un poisson
un bois flotté
seul sur la plage
son sexe à l’air
résigné
J’évite de rajouter des commentaires aux petits textes du blog mais vu le nombre de visiteurs j’imagine que certains, découvrant cette "poésie bréve de l'instant", s'interrogent (entre autre !) sur l’absence de ponctuation. Et bien, outre que ces vermisseaux minimalistes n’oseraient pas se parer de majuscules, cela permet plus de liberté dans l’ouverture du haïku ou senryû ; un certain flou, un double sens comme, je l’espère, dans ces deux là. On peut aussi visualiser les choses dans un certain désordre ; en poésie et surtout en peinture on appelle ça « la lecture tabulaire » (opposée à la linéaire) : on perçoit des parties d’une scène (ou du texte) et le cerveau reconstitue une vision d’ensemble subjective... une impression quoi...
entendre à nouveau
le bruit de la rivière
fin de l’été
le soleil sur l’eau
un homme nu entre
dans elle
couchés sur le rocher
trois naturistes rouges
sur fond blanc
sur la lingerie
de la voisine étendue...
des phéromones
contournant l'écran
de la culotte humide
des pattes noires
effleurant
la lingerie mouillée
des autochtones
légères
sur la lingerie étendue
trois fourmis
sur le fil tout droit
des virages en épingles...
le linge rallonge
(désolé!)

toute noire
sur son fil
vers la lumière
Comme il s'agit du même fil... je rajoute cet article déjà édité...
la fourmi
le soleil et la lune
matin d'été
la fourmi
traverse l'espace d'un instant
le ciel
ma Vibram©
en suspens sur sa vie...
fourmi noire
sur
la
cor
de
à
lin
ge
la
four
mi
noi
re
prend
son
temps
et
le
mien
la fourmi
rouge
dans la chair de la figue
invisible
La machine
à vendanger l’évite
La vieille vigne
Avant les machines...
(Avant... danger!)
Les vendangeuses
De peaux sensibles
Sages femmes des vignes
Sectionnent les grappes
Des cépages nobles
Lien ombilical
Du vin qui va naître
Rires et cris éclatent
Dans tous le vignoble
Rites et jeux sacrés
Jus béni sucré
Éternel baptême
C’est tout ce que j’aime !
tes mains
les bras tendus pliant les draps
témoins
froissement
... plier les draps à deux
encore une fois
Les mouchoirs
lavés des larmes
A repasser
village perché
la plus belle vue
depuis les WC
les nuages à l’ouest
en place pour le coucher
avant soir d’été
la vieille fontaine
le fronton amplifie
son faible son
Que nous veut on quand on nous dit « Je t'aime ». La déclaration est elle une offre ou une demande. La magie de la formule ne tient pas à son sens mais à son élocution. Sans dire ce qu'elle requiert, elle exige, tout simplement. « Je t'aime » est une clé, un mot de passe. Qui exprime sa flamme se confère des droits. L'amour a l'étrange vertu de légitimer ce qui se trame en son nom. De l'ardeur à la caresse, il n'a rien à justifier ; du dépit à la violence, non plus. Ce que vous veut qui vous aime est sans recours. Et à quoi s'expose t on quand on aime ? si doucement
Au pire et au meilleur ! De l'autre comme de soi.
L'amour invite à souffrir autant qu'à faire souffrir. Il anoblit ce qu'on subit comme ce qu'on fait subir. L'amour contente autant qu'il aveugle. Il pare de noblesse nos plus grandes faiblesses. En son nom tout peut se faire et en son nom, tout se fait.
Est-ce folie d'aimer... est ce un crime d'aimer à la folie ?
(inspiré du livre de J.C. Lavie: L'amour est un crime parfait (Gallimard Sciences humaines))
... lu sur ses lèvres
les deux mots
les libellules
se lançant de leurs quatre ailes
des reflets bleus

rosée du matin
endormie sur un jonc
la libellule
si rapide
la libellule verte
sur l’herbe bleue
sans électricité
pendant l’orage
juste la sienne
après l’orage
les cailloux du chemin
se reposent
dans les pins
l’odeur du torrent boueux
fin de soif
sous la cascade
le crapaud au sec
moi dans l’eau
Autrement dit...
Émouvant rocher
Au bord d’un ruisseau
Paradis caché
Des vieux provençaux
De l’eau qui s’étale
Puis se rétrécit
Plonge verticale
Et se radoucit
Cela tourbillonne
C’est un lieu qui vit
La mousse me donne
Toujours des envies
Bien des provençales
Aiment y passer
A l'horizontale
Sans le regretter
Baignoire idéale
Ombrage précieux
Dans cette eau glaciale
Un corps audacieux
Flotte immobile
Comme un nouveau né
Position fœtale
Sensations innées
Avec le crapaud
Qui habite ici
Rien dans le propos
Nous différencie
Je suis la nature
L’eau et le soleil
Origine obscure
Nous sommes pareils
Bref...
avec le crapaud
même eau même soleil
du pareil au même











