Jeudi 31 août 2006

Dans mon rêve
je m’endors dans ses bras
en rêvant


Vue de dos on dirait une japonaise.
Sur ce chemin tourbillonnant, mon cou aussi se bride, mes bras toujours se balancent avec une étonnante régularité d’avant en arrière, le pouce devant, l’auriculaire derrière, très loin derrière, pendant que le haut de ses cuisses épousent la cadence de mes mains. Hier soir, elle sautillait presque nue au milieu de la belle nuit. Ses seins n’étaient pas blancs mais comme éclairés de l’intérieur. On aurait dit des lucioles. Sa bouche silencieuse gigotait entre nous. Ce matin je cours après elle en essayant de ne pas la rattraper. Tout est là pourtant, le tissu qui balance, le nylon humide, la peau brillante et les courbes qui s’élancent dans un murmure confus et une solitude immense entre l’expression du désir éternel et l’espoir fragile du plaisir. Une voix ondule et fait lever ses bras, ah ! ses bras ! Une mélodie la caresse en équilibre. Elle est si belle avec ses mains posées sur le ciel. Moi, en bas, j’ai une sorte de chicungugna orphelin de mère, le B je crois, celui qui rend hyper lucide, qui rend fou quoi. Suspendue au ciel elle me fascine et me fait signe. Je la prends en photo, plusieurs fois. Le jour se lève, il faut qu’elle remaquille sa nuit, elle a un petit pli sur son sourire. Le bout de sa lèvre a un goût précis de dentifrice. Calme et vierge, jonglant avec d’autres nuages elle monte dans le ciel et disparaît un peu, puis beaucoup. Dans ces conditions je n’essaie même plus de la suivre. Une autre fois peut-être, quand je serais plus jeune. Je me réveille et me rendort ou l’inverse en pensant que cette nuit ma barbe va encore pousser, des poils nouveaux qui n’auront pas connus les siens.
Après j’ai encore rêvé du Fuji-yama…
  
 

 

Au petit jour
quelques tâches blanches
bien réelles

 

 

 

 

par André publié dans : Haïbun
Mercredi 30 août 2006

 ça nous fait pas jeune...


Mercredi 30 août 2006

Son chien
lape sur la tombe
l’eau tombée là 

   

 

   

au cimetière
les pieds dans la terre
du bon coté

   

 

   

sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit

  

 

   

pluie d’été
sous l’imper transparent
la chemise hawaïenne

  

 

   

entre les tuiles
traversant les particules
un trait sort du trou

   

 

 

 concert en plein air 
 
sur les visages et les partitions       
un courant passe  


     

dans la rosée du matin
et la lumière d’août
 je suis été

   

 

   

sur la toile nue
les pommes rougissent 
sous son pinceau

 

 

 touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC

  

marché de Provence
tous ses corps de femmes fraîches
tous ces parfums

    

 

 

 

 banc d’hiver
son visage au soleil
pâle
 

  

réalisant

ses cheveux grisonnants

en relisant l’offre 

Sur le Senryû
 Karaï Senryû (1718-1790) est le créateur de ce genre poétique 
(littéralement Senryû signifie : saule de la rivière).
    Le senryû est teinté d'humour et était au début utilisé
à des fins satiriques.
      Le Senryû est plus subversif que le Haiku, il peut dénoncer nos travers, notre société, les institutions...  
En fait, le Senryû ne respecte rien ni personne...
et surtout pas des règles... un rebelle quoi!

 

Mercredi 30 août 2006

les fleurs du lilas
de plus en plus claire
pluie de printemps



dans le ciel gris   
entre les deux ruines   
un iris bleu

 

 

bronze fluide
filant en en zigzag
lézard ?

 

 

la pluie
et les poules picorent
les flaques

  

 

matin glacial
reflet sur le lac
immobile


vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre

  

 

Chutes mortelles
La table tombe de la tonnelle
aux tons d’automne

 

 

Mardi 29 août 2006

 

 

 

Mardi 29 août 2006

 

 sur sa deux chevaux
les portes s’ouvrent vers l’avant
vers le V


zig zag bleu vert
zébrant le gazon blond
le lézard

  

à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt


ma bouche joueuse
suçote sous la douche
la mousse de sa joue

 

ah ! un cha cha cha
chacun cherche sa chacune

c’est chaud pour le choix

 

 

olé olé
les siens sont tout
auréolés

     

 

__ 

niant
en  riant

de soulever
souvent  sa  robe
en courant dans l’escalier
c’est encore le vent  qu’elle crie

_______________________________

  

 

 
Dimanche 27 août 2006

Je vis à nouveau
Car vivre c’est voir
Sortant du tableau
Le regard de braise
De la dame en noir
Bordée d’un halo
De bleu manganèse
Le flou du pastel
Fait vibrer la toile
De son corps partiel
Que le vide voile
On sent affleurer
L’ardeur d’une flamme
Cet air éclairé
De certaines femmes
Tout se passe ailleurs
Comme un iceberg
Le corps en couleur
A jamais couvert

(Pastel de Mary Cassatt- 1844/1926)

Samedi 26 août 2006


J'ai commis qques haïkus dans ce délicieux petit ouvrage ...




Vendredi 25 août 2006




Kevin Llewellin


Mercredi 23 août 2006


papillonnant
pas pressé de perdre ses points
petit paon de nuit




   nue sur la dune
les mains sous la nuque
  sans retenue
 

 

voile de brume
vision d’un bout du vallon
que le vent dévoile

 

 

 

sa bouche boudeuse
suçant sa mèche blonde
 bêcheuse

 

 

 

chaque bond
affranchit les boucles
de son chignon

 

 

 

son chignon
niché au fond
de son fichu

 

 

 

cheveux fauves
cherchant à se faufiler
  de son chignon



Lundi 21 août 2006


la fourmi
le soleil et la lune
matin d’été

DSCN3485a.jpg (44858 octets)

la fourmi
traverse l’espace d’un instant
la lune

Dimanche 20 août 2006

Andrzej Swietochowski est mort le 24/03/06.
Il écrivait des livres plein de vide et de vie,
uniques et universels...
Il faisait aussi des dessins plein de vie,
de mort et de vide...

Tete



D'autres dessins...

Samedi 19 août 2006

un couteau perdu
planté sur la plage
bien propre

pluie sur la plage
pas la pluie sous un parapluie
peau sous la pluie

pluie sur la plage
marcher contre elle
toute mouillée

pluie sur la plage
juste pour elle
et pour nous

pluie sur la plage
ne voir plus qu’elle
tout simplement

Samedi 19 août 2006


DSCN3483a.jpg (104942 octets)


Plein soleil
La libellule immobile
elle aussi




DSCN3480a.jpg (110237 octets)


pétales bleus
dans l’eau fin de l’été
des libellules

Samedi 19 août 2006


L’espace d’un instant
un quart d’arc en ciel
fractionne les deux


DSCN3438a.jpg (41737 octets)

Samedi 19 août 2006

bar

 nuit pâle
vue du bar dans la vitre sale 
le petit jour

nuit sans fin
les deux miroirs multiplient
verres et regards

fin de nuit
dernier verre
d’un jour sans fin


lueur de l’aube
d’une nuit passée à boire
où est-elle

seuls avec les autres
dans la glace du comptoir
on s’évite

au coin de ses lèvres
le bout rouge crée l’atmosphère
coin fumeur

regards lointains
derrière la glace du comptoir
on fait ses contes

deux yeux brillants
dans la glace du comptoir
brûlants derrières

fomenté par les serveurs
soulèvement de chaises
sur les tables

Samedi 19 août 2006


toutes ces étoiles
n’ont pas sa lumière
nuit sans elle


la lumière de l’une
éteint celle des autres
nuit sans elles

toutes ces étoiles
détaillées faute de toit
nuits sans tunes

étoile filante
manque toujours la même
nuit sans elle


Dans mon rêve
je m’endords dans ses bras
en rêvant  

Mercredi 2 août 2006




plage de Maguelone
les mobiles de la sculpture
pendantes aussi



Texte libre

 Email
_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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