sans déodorant
son odeur a des parfums
d’enfance
un mois d’avance
le coucou sait déjà
avant nous
coucoucou coucoucou
un coup de trop
pour ce coucou
Ààà ççç sa robe à fleurs
oOOo-(_)-oO @@@@!
o@@@!!!!!;;;@ 0 @......::;!@
'O@@!!!!!!!;;;;;;-- ,,,-@...lui…:;;!@
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@@@!!!!!;::::::::…........………elle;;;;;;;;;;!@
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!!!;;:::::::::haïku.…..@
;;; :::l’éternité….…@
::;;::d’un:...@
:instant:.@
-::;:
::
lilas
son odeur
de son esprit qui a
l’éternité – peut
attendre
soit mais éternité
à travers ma vie
transfusion __
changement de mode
d'être, voilà tout
frapper un si Quelques morceaux :
… je veux tout souffrir maladie à la- que jamais petit corps Oh ! ce sacrifice -
Quoi! la mort
énorme -- la
terrible mort
petit être
___
je dis à la mort lâche
hélas! elle est en nous
non dehors
il a creusé notre
tombe
en mourant
concession
le père seul
la mère seule
__
se cachant l'un
de l'autre
et cela se retrouve
_______
ensemble
J’apprécie beaucoup Mallarmé, son écriture souvent déconcertante par la syntaxe et le vocabulaire rare est faite de suggestions et de sensations… Ce langage très pur, porté par une exigence presque mystique tend vers l’essentiel, « vers la source d’où la pensée jaillit ».
Dépassant le symbolisme, son impersonnalité et son objectivité reposant sur une grande sensibilité m’ont toujours fait rêver d’un Mallarmé écrivant des haïkus ou plutôt des senryûs! Cela peut sembler paradoxal tant la complexité, l’hermétisme parfois, de ses textes s’opposent à la simplicité et au naturel du haïku.
Pourtant, son opposition au cliché, sa recherche du mot juste, la suppression de la ponctuation, son absence de personnalisation… font penser pour certains de ses poèmes à des idéogrammes. La lecture de « Pour un tombeau d’Anatole » réédité récemment (Points poésie) m’a conforté dans cette idée...
A partir de la maladie et de la mort annoncée de son jeune fils, Mallarmé essaie d’appréhender la réalité de la vie et de son futur terrible. Pas besoin pour cela de méditation profonde, « il suffira de savoir regarder ».
Ce recueil rassemble des petits textes bruts, inachevés, qui n’étaient pas destinés à être édités. Ils n’en sont que plus déchirants. Les notes de Jean Pierre Richard sont indispensables.
La Nature a lieu, on n’y ajoutera pas.
pour toi
qui ignores -
rien ne sera
soustrait (qu’à
toi) du deuil inouï
et c’est moi, l’homme
que tu eusses été
car je vais - à
dater de main-
tenant (l’) t’être
quelle on se
rattache, dési-
rant qu’elle
dure, pour l’avoir,
lui plus longtemps
Oh ! que les yeux des morts
etc.
ont plus de force
que ceux, les plus beaux
des vivants
__
qu’ils vous attireraient
_ __ __
yeux futurs,
pleins de terre
ne se
voilent de temps
mis de côté
par mort
une main
qui un instant
avant était lui
pour cela nier
sa vie
- pour l’ensevelir
et si au moins
- esprit -
je n’ai pas donné
sang suffisant -
que ma pensée
lui fasse une
vie plus belle
plus pure
lutte
des deux
père et fils
l’un pour
conserver fils en
pensée – idéal -
l’autre pour
vivre, en se relevant
etc -
...

premiers lilas
odeur du lilas
la même odeur
le même nez
dans la nuit
l’odeur du lilas
invisible
sur le lilas fané
un hanneton abimé
60 printemps
une moto pétarade
au même instant
je n’écoute plus
son cours de botanique
odeur du lilas
Vent du soir
Sentirait-on sans lui
le lilas

le machaon pris au piège
le libérer et ne plus le voir
![]()
première chaleur
le nombril encore blanc
et potelé
vent d’avril
les herbes aux fleurs blanches
sous le cerisier
au fond du vallon
la dernière s’éteint
petit matin
le signal
du vallon encore froid
coucou de printemps
printemps précoce
le coucou est remonté
pour la saison
coucou de printemps
le chant de la naissance
ou de la mort
chez le coucou
rechercher dans son chant
un haïku caché
coucou de printemps
toujours entendu son chant
jamais vu
son coucou
il chante encore
même sans lui
coucou coucou
toujours la même chose…
et pourtant
soleil voilé ce corps
sur la terrasse éclairée
cerisier en fleur
un instant l’imaginer
mort
vent de printemps
les cheveux de la vieille
s'envolent
bleu dans le vent
s'envolant majestueux
le sac poubelle
vue sur la mer
la rambarde du balcon
presque horizontale
couleurs du printemps
dans Saint Tropez sous la pluie
parapluie Hermès
vent de face en mer
les passagers à l’avant
vomissent en premier
dans le vieux figuier
la petite feuille brille
soleil d’Avril






