Vendredi 27 avril 2007

sans déodorant
son odeur a des parfums
d’enfance

 

 

Mercredi 25 avril 2007

un mois d’avance
le coucou sait déjà
avant nous


coucoucou coucoucou
un coup de trop
pour ce coucou

Samedi 21 avril 2007

              Ààà                            ççç
        oOOo-(_)-oO                  @@@@!
     o@@@!!!!!;;;@ 0             @......::;!@
  'O@@!!!!!!!;;;;;;--   ,,,-@...lui…:;;!@
 @@@!!!!!!!;;:;;;;:EUx.@@........:;;;;;;;;;!@
@@!!!!!!!!!;;:::::.....OUI..…..,…...;;;;;;;;;;!@  
 @@@!!!!!;::::::::…........………elle;;;;;;;;;;!@
  @@!!!!;;::::::::……......…..…..…..;;;;;;:;!@
    @@!!:;;::::::::...Love’’’’…….....;;;;;;!@
      @!!!!;::::::::…....for you!…=…...:::@
         !!!!!;:::::::::…......….……....….@
            !!!;:::::::::::.… …………
eux
..@
               !!!;;:::::::::haïku.…..@
                  ;;; :::
l’éternité
….…@
                     ::;;::
d’un:
...@
                        :
instant
:.@
                          -::;:
                            ::

sa robe à fleurs
                lilas
  son odeur

 

Jeudi 19 avril 2007

de son esprit qui a
l’éternité – peut
attendre
     soit mais éternité
     à travers ma vie

transfusion __
 changement de mode
  d'être, voilà tout



Quoi! la mort
 énorme -- la
 terrible mort

frapper un si
  petit être

___
je dis à la mort   lâche

hélas! elle est en nous
non dehors


il a creusé notre
tombe
    en mourant

concession


le père seul
   la mère seule
__
   se cachant l'un
   de l'autre
   et cela se retrouve
   _______
ensemble

    J’apprécie beaucoup Mallarmé, son écriture souvent déconcertante par la syntaxe et le vocabulaire rare est faite de suggestions et de sensations… Ce langage très pur, porté par une exigence presque mystique tend vers l’essentiel, « vers la source d’où la pensée jaillit ». 
 Dépassant le symbolisme, son impersonnalité et son objectivité reposant sur une grande sensibilité m’ont toujours fait rêver d’un Mallarmé écrivant des haïkus ou plutôt des senryûs! Cela peut sembler paradoxal tant la complexité, l’hermétisme parfois,  de ses textes s’opposent à la simplicité et au naturel du haïku.
  Pourtant, son opposition au cliché, sa recherche du mot juste, la suppression de la ponctuation, son absence de personnalisation… font penser pour certains de ses poèmes à des idéogrammes. La lecture de « Pour un tombeau d’Anatole » réédité récemment (Points poésie) m’a conforté dans cette idée...  
 
  A partir de la maladie et de la mort annoncée de son jeune fils, Mallarmé essaie d’appréhender la réalité de la vie et de son futur terrible. Pas besoin pour cela de méditation profonde, « il suffira de savoir regarder ». 
  Ce recueil rassemble des petits textes bruts, inachevés, qui n’étaient pas destinés à être édités. Ils n’en sont que plus déchirants. Les notes de Jean Pierre Richard sont indispensables.

  Quelques morceaux :

 … 
 
 La Nature a lieu, on n’y ajoutera pas. 

 je veux tout souffrir
pour toi
qui ignores -
rien ne sera
soustrait (qu’à
toi) du deuil inouï

 
et c’est moi, l’homme
 que tu eusses été
car je vais - à
dater de main-
tenant (l’) t’être

 

 

 

   maladie à la-
quelle on se
rattache, dési-
rant qu’elle
dure, pour l’avoir,
lui plus longtemps


 Oh ! que les yeux des morts
etc.
   ont plus de force
que ceux, les plus beaux
des vivants 
 
__ 
 
   qu’ils vous attireraient 
 
              _ __ __

 

       que jamais
yeux futurs,
      pleins de terre
ne se 
 
    voilent de temps

 

     petit corps
mis de côté
par mort
une main
   qui un instant
   avant était lui

 

 Oh ! ce sacrifice -
pour cela nier
sa vie
   - pour l’ensevelir


et si au moins
  - esprit -
je n’ai pas donné
sang suffisant -


que ma pensée
lui fasse une
vie plus belle
     plus pure


lutte
  des deux
  père et fils
  l’un pour
conserver fils en
pensée – idéal -
l’autre pour
vivre, en se relevant
etc -
...

 

Mercredi 18 avril 2007

premiers lilas
la même odeur
le même nez 


dans la nuit
l’odeur du lilas 
 
invisible


sur le lilas fané
un hanneton abimé
60 printemps


 odeur du lilas
une moto pétarade
au même instant

 
je n’écoute plus
son cours de botanique
odeur du lilas



Vent du soir
Sentirait-on sans lui
le lilas

 

Lundi 16 avril 2007

le machaon pris au piège
le libérer et ne plus le voir



  
 première chaleur
le nombril encore blanc
et potelé

 

 

Jeudi 12 avril 2007

vent d’avril 
 
les herbes aux fleurs blanches
sous le cerisier

 

 

au fond du vallon 
la dernière s’éteint
petit matin

 

 

Mercredi 11 avril 2007

le signal
du vallon encore froid
 coucou de printemps



printemps précoce
le coucou est remonté
pour la saison


coucou de printemps
le chant de la naissance
ou de la mort

 

       chez le coucou 
 
rechercher dans son chant 
       un haïku caché

 

 

  

 coucou de printemps
toujours entendu son chant
jamais vu


  

son coucou
il chante encore
même sans lui 


coucou coucou
toujours la même chose…
et pourtant

Dimanche 8 avril 2007

soleil voilé
sur la terrasse éclairée
cerisier en fleur


ce corps
un instant l’imaginer
mort

Mardi 3 avril 2007

 

 

vent de printemps
les cheveux de la vieille 
 
s'envolent

  

 

bleu dans le vent
s'envolant majestueux
le sac poubelle

 

 

Lundi 2 avril 2007

vue sur la mer
la rambarde du balcon
presque horizontale

 

 

 

 

couleurs du printemps
dans Saint Tropez sous la pluie
parapluie Hermès

 

 

 

 

vent de face en mer
les passagers à l’avant
vomissent en premier

 

 

 

 

dans le vieux figuier
la petite feuille brille
soleil d’Avril

 

 

 

 

 

Texte libre

 Email
_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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