Lundi 26 mars 2007

Un mignon petit recueil
aux éditions Liroli



Bonus de figues...

pleine de sucre
et de soucis pour les dents
figue fraîche

à l'ombre du figuier
où nichent des oiseaux
muets


    sous le figuier
dans l'ombre bleue
des yeux


figues entr'ouverte
sur la chair rouge et tendre
la langue vit

 

  

 
 la sucer
avant de l'ouvrir
pour le plaisir

 

 

 

 

Dimanche 25 mars 2007

dans le cerisier    
tout premier point blanc
encore une fois  


 aube blanche 
le cerisier en fleur
avant le soleil
 

 déjà vu 
 
tous les cerisiers en fleurs 
et pourtant


   tête en l'air
sous le cerisier très bleu
très blanc


                  les jeunes voisins
             jaloux du vieux jardin
  cerisier en fleurs


pleurs sans tristesse
et sans savoir pourquoi
 - cerisiers en fleurs 

 

 

 

 

 

Samedi 24 mars 2007

la tasse à ses lèvres
dans la vapeur du thé
ses yeux brûlants

Samedi 24 mars 2007

assise
avec lui sur le gazon
mouillée

 

 

en même temps
est-on toujours la même
le jour du printemps

 

Jeudi 22 mars 2007

Et si le troisième homme était une femme...
Et si le premier était n'importe qui, un françois très moyen...

Pour votationner et ovationner cliquez sur l'image

“Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d’homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu’est-ce qu’elle épargne, qu’est-ce qu’elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue — mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C’est cela la démocratie. C’est le droit de recracher ”.
Romain Gary

 

par André publié dans : Divers
Mercredi 21 mars 2007

matin de printemps
le cognassier du Japon
dans le vent d’hiver

  changer de saison
 des colliers sur des corps sages 
 
    mais décolletés 


        L'Ikebana , l'art des fleurs, tout comme le Haïku, nous vient du Japon. Ils sont des moyens de communication sociale. Le bouquet et le poème cherchent non pas à nous faire réfléchir, mais à nous transmettre une impression, nous faire expérimenter l'infiniment grand dans l'infiniment petit, le cosmos dans le microcosme, l'éternité dans l'instant éphémère, l'invisible dans le visible. Toujours au rythme des saisons.
Le principe du haïku est le tercet asymétrique.
Le principe du bouquet est la triade asymétrique.
Leur esthétique est celle du presque rien. Leur art est minimal.

 

 

 

Mardi 20 mars 2007

 

 

retour du froid
chez le vieux voisin
le son de la scie


 

un lézard
déjà de retour
le printemps

 

 

Lundi 19 mars 2007

le couple en vie
sur la vieille photo
rêve d’avenir

 

 

Dimanche 18 mars 2007

je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois


 

 

 

Vendredi 16 mars 2007

fin du chemin
une ombre marche
derrière moi

   

 Pareil en plus long...

 


Faut-il marcher pour bien penser
Et bien penser est-ce utile 
Tout ceux qui marchent pour marcher
Arrivent aussi et bien tranquille

 

Dans les chemins de nos écoles
Nous n’apprenons qu’à avancer
Laissons de coté les boussoles
Il vaut mieux sentir que penser

 

 

Quand je regarde en arrière
Je me vois souvent détacher
Impatient comme tous mes frères
Je ne sais faire que marcher

 

 

Nous sommes pareils aux gens pressés
Qui regardent toujours trop loin
Oubliant dans la traversée
Que l’important c’est le chemin


Mercredi 14 mars 2007

petit matin
l’amandier en fleurs et la maison
illuminés

 

 

premières chaleurs
des tee shirts et des nombrils
en noir et blanc

 

pas acclimatés
tremblants dans le tee shirt
premières chaleurs



lunettes de soleil
les yeux cachés
pas le reste

Mardi 13 mars 2007

Tour du lac du Salagou en VTT

 lac du Salagou
éclat de roche dans l'eau
écarlate

 Sur le chemin du Salagou,
Ruban écarlate
Nous avons comme un avant-goût
De sauce tomate

Avec son eau claire et du feu
Nous cuirons des pâtes 
    Mariant du rouge du blanc du bleu
Et des aromates


 Bleus sont le lac et tes yeux
Et tes joues couleur de la terre
Et moi je fais de mon mieux
Pour t'enfoncer dans la pierre

Mardi 13 mars 2007

haie ventée
les cyprès se courent
après

 
*

 

sur la plage
nue
des pieds aux chevilles

 

 

Dimanche 11 mars 2007
salamanca.JPG (31765 octets)

Ces chaises et ces tables
aux reflets changeants
sont inoxydables
éternellement.

 

 

par André publié dans : Photos
Vendredi 9 mars 2007

les abeilles
dans le blanc de l'abricotier...
embrassades

                 l’abricotier    
tout barbouillé de blanc
     butin pour elles 

 



la vraie vie
la vois-tu dans la voiture...
son visage



dans le bleu 
 
des yeux brillants
avec du noir

Jeudi 8 mars 2007

8 mars
une bonne-femme de neige
sans balai

*

8 mars
elle fait sa grosse voix
pour rire (?)


elle
vote pour l'une ou l'autre
mais pas parce que c'est une
elle

Mercredi 7 mars 2007

    « Créer une image, ça consiste à ôter à l'objet toutes ses dimensions une à une : le poids, le relief, le parfum, la profondeur, le temps, la continuité et bien sûr le sens. C'est au prix de cette désincarnation, de cet exorcisme, que l'image gagne ce plus de fascination, d'intensité.»

*
Que faut-il pour que les images de presse échappent à la déferlante visuelle ?

 "Elles doivent d'abord être délestées de cette surcharge politique, esthétique, d'information. Il faut un transfert poétique pour être ému. Il faudrait que le contenu puisse laisser à l'imagination le moyen de se frayer un chemin dans l'image. Je pense surtout à des images brutes. Je pense aussi à ces photos proches de l'anthropologie, qui ne sont pas formatées par l'économie qui les génère. Pour éviter la contamination, il faut aussi du vide entre les photos et dans les photos. Warhol disait qu'il faut réintroduire le néant dans l'image."
(Le Monde)

par André publié dans : Divers
Mardi 6 mars 2007

ses deux pointes
attirées par le plus
aimant


ah ! ses cuisses
à la cycliste dans la montée
fantasmatique

 

 

sur sa nuque
ses cheveux relevés
découverte

 


hiver ou non
ses boutons à elle
sont ouverts

 

Texte libre

 Email
_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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