Un mignon petit recueil
aux éditions Liroli
Bonus de figues...
pleine de sucre
et de soucis pour les dents
figue fraîche
à l'ombre du figuier
où nichent des oiseaux
muets
sous le figuier
dans l'ombre bleue
des yeux
figues entr'ouverte
sur la chair rouge et tendre
la langue vit
la sucer
avant de l'ouvrir
pour le plaisir
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dans le cerisier
tout premier point blanc
encore une fois
aube blanche
le cerisier en fleur
avant le soleil
déjà vu
tous les cerisiers en fleurs
et pourtant
tête en l'air les jeunes voisins
sous le cerisier très bleu
très blanc
jaloux du vieux jardin
cerisier en fleurs
pleurs sans tristesse
et sans savoir pourquoi
- cerisiers en fleurs
la tasse à ses lèvres
dans la vapeur du thé
ses yeux brûlants
assise
avec lui sur le gazon
mouillée
en même temps
est-on toujours la même
le jour du printemps
Et si le troisième homme était une femme...
Et si le premier était n'importe qui, un françois très moyen...
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“Je suis contre tous les systèmes politiques qui croient détenir le monopole de la vérité. Je suis contre tous les monopoles idéologiques. Je vomis toutes les vérités absolues et leurs applications totales. Prenez une vérité, levez-la prudemment à hauteur d’homme, voyez qui elle frappe, qui elle tue, qu’est-ce qu’elle épargne, qu’est-ce qu’elle rejette, sentez-la longuement, voyez si ça ne sent pas le cadavre, goûtez en gardant un bon moment sur la langue — mais soyez toujours prêts à recracher immédiatement. C’est cela la démocratie. C’est le droit de recracher ”.
Romain Gary
matin de printemps changer de saison L'Ikebana , l'art des fleurs, tout comme le Haïku, nous vient du Japon. Ils sont des moyens de communication sociale. Le bouquet et le poème cherchent non pas à nous faire réfléchir, mais à nous transmettre une impression, nous faire expérimenter l'infiniment grand dans l'infiniment petit, le cosmos dans le microcosme, l'éternité dans l'instant éphémère, l'invisible dans le visible. Toujours au rythme des saisons.
le cognassier du Japon
dans le vent d’hiver
des colliers sur des corps sages
mais décolletés
Le principe du haïku est le tercet asymétrique.
Le principe du bouquet est la triade asymétrique.
Leur esthétique est celle du presque rien. Leur art est minimal.
retour du froid
chez le vieux voisin
le son de la scie
un lézard
déjà de retour
le printemps
le couple en vie
sur la vieille photo
rêve d’avenir
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
fin du chemin
une ombre marche
derrière moi
Pareil en plus long...
Faut-il marcher pour bien penser
Et bien penser est-ce utile
Tout ceux qui marchent pour marcher
Arrivent aussi et bien tranquille
Dans les chemins de nos écoles
Nous n’apprenons qu’à avancer
Laissons de coté les boussoles
Il vaut mieux sentir que penser
Quand je regarde en arrière
Je me vois souvent détacher
Impatient comme tous mes frères
Je ne sais faire que marcher
Nous sommes pareils aux gens pressés
Qui regardent toujours trop loin
Oubliant dans la traversée
Que l’important c’est le chemin
petit matin
l’amandier en fleurs et la maison
illuminés
premières chaleurs
des tee shirts et des nombrils
en noir et blanc
pas acclimatés
tremblants dans le tee shirt
premières chaleurs
lunettes de soleil
les yeux cachés
pas le reste
Tour du lac du Salagou en VTT lac du Salagou
éclat de roche dans l'eau
écarlate

Sur le chemin du Salagou,
Ruban écarlate
Nous avons comme un avant-goût
De sauce tomate
Avec son eau claire et du feu
Nous cuirons des pâtes
Mariant du rouge du blanc du bleu
Et des aromates
Bleus sont le lac et tes yeux
Et tes joues couleur de la terre
Et moi je fais de mon mieux
Pour t'enfoncer dans la pierre
haie ventée
les cyprès se courent
après
*
sur la plage
nue
des pieds aux chevilles
les abeilles l’abricotier
dans le blanc de l'abricotier...
embrassades
tout barbouillé de blanc
butin pour elles
la vraie vie
la vois-tu dans la voiture...
son visage
dans le bleu
des yeux brillants
avec du noir
8 mars
une bonne-femme de neige
sans balai
*
8 mars
elle fait sa grosse voix
pour rire (?)
elle
vote pour l'une ou l'autre
mais pas parce que c'est une
elle![]()
« Créer une image, ça consiste à ôter à l'objet toutes ses dimensions une à une : le poids, le relief, le parfum, la profondeur, le temps, la continuité et bien sûr le sens. C'est au prix de cette désincarnation, de cet exorcisme, que l'image gagne ce plus de fascination, d'intensité.»
*
Que faut-il pour que les images de presse échappent à la déferlante visuelle ?
"Elles doivent d'abord être délestées de cette surcharge politique, esthétique, d'information. Il faut un transfert poétique pour être ému. Il faudrait que le contenu puisse laisser à l'imagination le moyen de se frayer un chemin dans l'image. Je pense surtout à des images brutes. Je pense aussi à ces photos proches de l'anthropologie, qui ne sont pas formatées par l'économie qui les génère. Pour éviter la contamination, il faut aussi du vide entre les photos et dans les photos. Warhol disait qu'il faut réintroduire le néant dans l'image."
(Le Monde)
ses deux pointes
attirées par le plus
aimant
ah ! ses cuisses
à la cycliste dans la montée
fantasmatique
sur sa nuque
ses cheveux relevés
découverte
hiver ou non
ses boutons à elle
sont ouverts








