Entre l’homme et la femme, c’est une guerre permanente, tantôt sournoise, tantôt ouverte, mais une guerre à mort. La seule langue compréhensible par l’un et l’autre sexe est
celle de l’amour fou, et l’univers de la passion le seul où ils puissent, ne serait-ce que fugitivement, se retrouver.
Se quitter dans la plénitude de la passion, échapper à la dégradation du temps, à l’attiédissement de l’amour, aux disputes mesquines, rien de plus heureux ne peut arriver à deux amants. Heureux
n’est pas l’adjectif qui convient, car, nous le savons, « il n’y a pas d’amour heureux », ce n’est pas heureux que j’aurais dû écrire : rien de plus beau. Ne garder de l’autre
qu’une image entièrement lumineuse, sans ombre ni tache…
G. Matzneff






