On trouve de tout sur internet, le meilleur et le pire; souvent il suffit d'un peu de second degré pour qu'ils se confondent...
Un été sans épilation (pour une écologie libidinale!)
Aisselles dans les fims
Paris moustache club
post-épilation
transperçant le pâle
les poils préservés
culottée
juste au-dessus du rose
un toupet noir reste quelques poils
au cœur du maillot
le compte est bon
Noir et blanc sur Rai due
Sophia Loren levant les bras
deux toupets noirs
Tadorne de Belon
uni pour la vie
le couple de canards
nous surprend ![]()
l’histoire d’amour…
elle ne l’a pas écrit
sur son CV
oh ! un coucou
- déjà
- mais non, pas l'oiseau
- ah !
la bécasse dans le livre :
« pitt pitt crouh crouh ! »
- grou grou tsi’p en vrai
entre les flaques
sur les pointes et bras ouverts
la funambule
les roumaines un mec assis
déphasées, synchronisées
avec les feux
derrière une voiture
en pleurs
![]()
nat king cole & harry belafonte - mama look a boo boo
marcher amoureux
au bord de la plage
tous deux même pas
pas sur le sable
ne marquant presque pas
pas à la légère
même l’absence
des pas invisibles
m’émeut
blanc tendre
un petit sein au soleil
ravi
un pantalon noir
chauffé par le soleil
aussi
![]()
du matin au soir
je suis le bruit de mes pas
et plus encore
sous le saule pleureur marcher amoureux
des marcheurs joyeux
se laissent caresser
*
au bord de la plage
tous deux même pas
au bord de la mer
mes pas dans ses pas
avant elle
![]()
deux mots si rares
qu’on ne les dit jamais
deux fois
Cher Valentin
chacun cherche du charme
à l’être chair
Saint Valentin
elle préfère l’action
à l’attention
des preuves d’amour
- plutôt saint Thomas
que saint Valentin
saint Valentin
la chatte fait un instant
patte de velours
quelques grammes
d’amour/ha(bitude)
et 97 kg/ha de pesticides
(pas de fleurs...)
givre au soleil
les cristaux illuminés
puis éteints
*
long nuage blanc
sur le sol et dans le ciel
selon le soleil
*
de notre lit
les branches du cerisier
nues aussi
retour en plaine
- oh! mais c'est plus de la neige -
amandiers en fleurs

Dans le haïku classique on insiste sur l’objectivité dans le regard, la dépersonnalisation presque… Cette démarche
peut s’envisager en harmonie avec une approche du zen… très difficilement compatible avec notre culture. Sans remonter à Descartes (" Je pense donc…"), la pensée occidentale se
retrouve plutôt dans cette phrase de Lautréamont: « Si j’existe, je ne suis pas un autre. »… Mais je me vois d’une façon et vous me voyez d’une autre… comme vous même… chaque réalité
résonne donc différemment… Notre corps est multiple ainsi que notre esprit, mais nous voyons à travers eux, à travers "je"… même si "je" peux être transcendé hors de toute race, de toute
culture, de tout sexe, de toute ascendance et descendance.
Bref, je ne suis convaincu que d’une chose, celui qui écrit des senryûs ou des haïkus n’est jamais à chaque fois le même homme… c’est même parfois une femme…
(Par tradition, dans la Chine ancienne, on exprimait ses sentiments par la voix de la femme... Autre temps...)
premier rendez-vous
elle a tout prévu
sauf elle
("je")
Le "il", lui, est souvent, paradoxalement, une façon plus objective (plus facile?) de dire "je"; "il" peut être
un effacement, une universalisation de l’homme, il peut aussi permettre de dire, dans les senryûs, des choses inavouables, qui ne peuvent être connues que du "je" seul…
Retour de voyage
est-ce une impression seulement,
il la trouve plus large
(anonyme… bien sûr !)
Toute cette digression parce que j’ai lu cette superbe phrase de Régis
Jauffret :
" Je est tout le monde et n’importe qui."
dans son dernier livre: « Microfictions ».

l’espace d’un instant
un quart d’arc en ciel
fractionne les deux

sur son eye liner
aquarellant son visage
des larmes joyeuses

chemin de St Jacques
lui vers l’Est moi vers lui
regards envieux
jour après jour
de l’orée à la tombée
toujours marchant
chemin à l’aube
les toiles du matin
de l’araignée du soir
fuyant
vers l’horizon jamais atteint
marcheur pour rien
chemin flou
dans le soleil de midi
flottent les marcheurs

Une fois n’est pas coutume, je me suis laisser aller à participer au concours de "poésies érotiques"
Avec bienveillance et mansuétude le jury a bien voulu me distinguer sous réserve de ne plus succomber à nouveau...
ou alors juste un peu...
un peu pour elle
j’écris de petits poèmes
sans oser lui dire
au pti’dej
elle le regarde
en rougissant
cher soleil
ses jambes sous la robe
ombres de chair
septième ciel
elle au premier
lui à la fin
ce soir on fume
sous des arbres verts
brume légère








