Jeudi 4 janvier 2007

 

Le haïku expression d’une impression et non description. 

   un monde
flottant entre analyse
et soleil levant

 

   Pour écrire des haïkus une vision objective et spontanée et une perception concrète de l’environnement naturel et humain tu auras… dirait Maître Yoda... et transcender la réalité tu devras.  Même sans se prendre la tête avec des contraintes trop rigides ou des considérations mystiques ou métaphysiques,
il faut respecter quelques règles, ne serait ce que pour parler un même langage…
Voir par exemple :
« Suggestions pour écrire des haïkus » ;
les respecter toutes ne serait pas très réaliste…
n’en respecter aucune le serait encore moins.  

   

 En vrac, quelques réflexions personnelles sur la pratique du haïku :

Haïku accompagné ou autonome…
   Le défi et la richesse du haïku ou senryû sont en partie liés à la contrainte de traduire en moins de 18 syllabes une sensation, une impression… La tentation est forte de rajouter un commentaire avant ou (et) après pour être sûr d’être bien compris…
Ben voyons ! Notre petit haïku se suffit à lui même : il « fonctionne » ou pas, mais tout seul, comme un grand!
On peut rajouter une indication si l’on fait référence à un fait culturel ou particulier inconnu du lecteur, mais en règle générale, si l’on partage la même culture et les mêmes codes, les sous entendus, les allusions, les références doivent être comprises (ou interprétées) à demi-mot…

Haïku à pied…
Lorsqu’on est spontanément séduit, ému ou amusé par un haïku ou senryû, on l’est par l’impression, la vision qu’il nous révèle (l’étincelle !) ; si ensuite, par réflexe, on compte les pieds et que l’on constate qu’il ne respecte pas le 5/7/5 "nippon initial", cela n’enlève rien à notre premier plaisir. En revanche, un texte sans esprit et sans lumières ne sera pas sauvé par le respect des règles ! Dommage !

Haïku en lignes...
J’aime bien respecter les 3 lignes et si possible
le
court/ long/ court : c’est le code d’identification visuel le plus évident. Pour la lecture orale on peut imaginer deux lignes matérialisées par la césure. On dit souvent que les haïkus sont écrits pour être lus oralement; pourtant, plus de 95% des haïkus et de la poésie en général sont visualisés (internet, livres) et bien rarement lu en public.
*
J’aime bien aussi, mais là c’est plus un jeu personnel,
réduire au minimum l’ensemble, sans tomber dans le SMS…



 L’utilisation (limitée) de verbes (richesse de la langue française !) ou d’adverbes ne me gêne pas ; là encore, leur présence ou leur absence ne nuise en rien à l’intérêt du texte… sauf à attacher plus d’importance à la lettre qu’à l’esprit... haïku. 
*
     Le senryû est le cousin déluré du haïku ; il ne peut pas s’empêcher d’être ironique et s’intéresse atousantabou, plus d’ailleurs à la nature humaine qu’à la nature tout court. La différence entre les deux est de moins en moins perceptible (mais qui a influencé l’autre !?)… On parle alors de " haïku urbain " et presque tout le monde est content 

"Le HAIKU veut toujours dire quelque chose.
L'idée que ça ne veut rien dire est une coquetterie de
sectaires précieux. " ( de précieuses ridicules!) 
(critique de R.Barthes par J.Sarocchi)


 A suivre...

 

 

Monet Claude - Impression Soleil Levant

Texte libre

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_____________

Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi



presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam



cachant 
le hâle de l’été
son châle 



 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle



maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin

 

 

    souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent



 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt



 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres



reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit


 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard



  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 



  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames



réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre



 terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée


  dans le square clos
 loin de ses racines
un ginkobiloba

 

dans l’ancien sentier
au sol des sorbes sucrées
pas souvent sucées



 octobre
de la bûche de pin fendue  
un parfum d’été  
  


 soir d'automne
juste assez de lumière 
 
pour ton visage

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Texte libre

Tout ce qu’on veut  
C’est être heureux
  

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    haïku 俳句   
  
senryû 川柳   


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