goutte à goutte
... le désir distillée
dans la soie
revu la fillette
dans son fauteuil roulant
toujours aussi triste
premier rendez-vous
elle a tout prévu
sauf elle
premier RDV
elle rougit pendant
les blancs
vingt ans après
pour la première fois ce soir
elle a vingt ans
premier RDV
ils n'ont jamais vu la mer
aussi belle
premier …
sa main les surprend
tous les deux
pressés dans le bus
ses seins étouffés
pensant à la mer
Les abeilles dans le romarin
Couvrent le refrain
Des voitures au loin
(tercets!)
rajeuni
plus jaune qu’en automne
le citron de Provence
la sentir la sucer
la manger vivante
l'huitre du bassin (de
Thau)
ce petit nuage
entre le soleil et moi
me suit partout
*
avec tout ça
v’la déjà le mimosa
pas vu venir
le chien et la poubelle,
rêver
d'un coup d'œil
entre deux stations
coup de foudre
redoux
les femmes aux terrasses
découvertes
dans la rue
des corps de plus en plus doux
redoux
trop doux
sur un banc une maman
en chaleur
bissextile
pas de bi cette année
tranquille
voyage moins long
pour la cigogne blanche
l'hiver plus court
dans l’église
regarder les saints
en pensant aux siens
Seins
Gorges ceintes
Saintes gorges
Seins gorgés de sucre d'orge
Seins gonflés qui se rengorgent
Saints louant les soutien gorges
Derniers remparts de la chair
Sanctuaire de prosélytes
Dont nuls ne s’échappent
Prison des frissons
Refuge et maintien pour la forme
Masques sans yeux pour sourds-muets intarissables
Instruments interdits pour musiques interdites
Fruits sains de nos ultimes illusions
Les premières gouttes de lait goûterons ici
Car là vit la source
Le secret y trouve asile même révélé
Exposées vulnérables
Ces formes jamais définitives
Sont gardées comme dans une armoire
Remplie de cotons et de voiles
Embaumées d’odeurs de femmes
Toute la sphéricité du monde
Concentrée dans ces creusets
Indubitable réalité matérielle
Et miroirs fantasmatiques
Qu'elles exhibent à la manière des médailles
Mais de celles qu'on méritent
Pour toujours tendres doux apaisants
Aperçus entre deux boutons déjà trop serrés
Dans un soutien encore adolescent
Ou nus cachés derrière un pull bleu en cachemire
Ou un T-shirt presque transparent
Tremblants légèrement
Pointés vers un ciel orageux
Vers des mains invisibles
On les devine si bien qu'on les voit
Qu'on les touche de loin
Et quand ce n'est plus l'été
Si cachés si enclos si enfouis
Qu’il faut du courage ou de l’imagination
On devine des frissons on devine des désirs
On ne comprend pas
Figure de prouesse fendant les regards
On s’écarte d’eux avec douceur
Comme on le fait pour des somnambules
Ils sont la réalité éternelle et enviée
De nos différences
Certains sont pleins de vie et de douleur
D’autres pleins de larmes et de passion
Sautillants malléables imprévus
Rarement domestiqués ou siliclonés
Car ils perdraient leur nature même
L’ombre de loin la plus profonde
Se trouve au cœur des décolletés
Elle marque la frontière avec elles
Parfois un micro sillon noir
Lu
avec les yeux les unit
La blancheur de certains éblouit
Eclairés de l’intérieur comme des lucioles
La nuit avec la lune ils se voient de loin
Ils tombent aussi avec aisance
Quand elles se penchent pour ramasser
D’autres fruits tombés à terre
Soupirants entre-eux dans une trouble émotion
Surtout s’ils sont honnêtes
Se soulevant et s'attirant aux très aimants
Ils s’amollissent comme la cire
Aux heures ardentes du soleil
Mais rien n’est plus sincère que ceux des baigneuses
Quand ils frémissent leurs rondeurs s’arrondissent
Quand la réalité les dépasse ils redeviennent eux-mêmes
Neutres et indifférents apaisant même les plus durs
Célestes et primordiaux
Leur raison première est l’émotion
Leur seconde l'opposition
L'ultime l'union
Provoquant l’étonnement émerveillé
Des garçons mais surtout des fillettes
Certains si petits ne grandiront jamais
Concentrant toute la féminité du monde
Ils garderont pour toujours leur adolescence
Et la naturalité palpitante de la jeunesse
Idéale fermeté immatérielle imaginée jusqu’au délire
Toujours en apesanteur
Partagés et multiples
Pièces détachées de toute pudeur débordante
Démonstration de l’évidence et de l’éclat de l’éphémère
Sublimation du volume et de l’intervalle parfait
Proéminents à l’abordage mais sans rancœur
Nous ne les verrons plus quand nous serons morts
Les squelettes n’en ont pas
Il ne faut donc jamais baisser les yeux devant eux
Même s’ils semblent inaccessibles et brûlants
Sinon on rend gorge
Et tout au bout
On devient flou
sous sa blouse
ses petits seins silencieux
censurés par la soie
Chuutttt…
plage naturiste
je l'imagine aussi
toute nue
vagues souvenirs
avec elle sur la plage
mouillée de plaisir
Nouveaux dessins et peintures de Pierre Artus

olé olé
ses seins sont tout
auréolés

pas ma taille...
« ça se porte ample »
soldes monstres
plus que du vert...
« ça revient à la mode »
soldes d’hiver
ce petit pull
pas indispensable
à part le prix







