sur le trottoir
une belle souriante
trop![]()
un jour ordinaire
dont on ne se méfiait pas
nuit glaciale
tel qu’en lui-même
son image persiste
au-delà de l’être
sa tenue légère
en dit moins sur elle
qu’elle
tout là haut
à la frontière du bas noir
un inconnu blanc![]()
nuit de vent au loin
au chaud dans le lit ça rit
pas près de dormir
taillées en triangle
ses boucles dorés
yeux sur ses lobes
quai de la gare
le sourire d’un regard
éternel
assise au soleil banc d’hiver
rêvant d’un autre
jour d’hiver
son visage au soleil
pâle
Derrière la haie
le tailleur de cyprès
chauve
sans ses feuilles
loin de ses racines
un ginkobiloba
la mer nue
derrière lisse
elle aussi
sourire sans raison
juste la saison
réchauffement
les flamants avancent le temps
des rapprochements
septième ciel
le cou des flamants vers lui
en érection
temps des amants
les flamants matent les femelles
la dame attend
le pain doré
juste entre nos deux bols
soleil de décembre
* au couchant
les soleils sur l’étang de l’Or
volent les flamants
Eté 62
Une robe blanche
dans la nuit
Songe d’été
Le visage d’une fille
dans la nuit de juin
Vrai baiser
Le premier c’est pas moi
le premier
Nuit de juin
La caresse d’un sein
toujours jeune
Dernier soir
Tâche blanche qui s’éteint
Nuit noire ![]()
des roses ouvertes
une robe entr’ouverte
dis ! Janvier ?!
réchauffement
elle s’échauffe
en en parlant
beauté glacée
la sueur sous ses aisselles
tempère
réchauffement
la dame et sa fourrure
plus criarde
caressant
les poils superflus de la chatte
réchauffement
Ils sont forts ces canadiens... irrésistibles même:
Têtes à claques
Ne pas rater : Willi Waller 2006, le pilote, la tente...
Arrêt’ don d’niaiser
Les Pop-Tarts (Gaufrette trop sucrée avec glaçage synthétique. Un classique pour toute une génération d'enfants au Québec).
Le haïku expression d’une impression et non description.
un monde
flottant entre analyse
et soleil levant
Pour écrire des haïkus une vision
objective et spontanée et une perception concrète de l’environnement naturel et humain tu auras… dirait Maître Yoda...
et transcender la réalité tu devras. Même sans se prendre la tête avec des contraintes trop rigides ou des considérations mystiques ou métaphysiques,
il faut respecter quelques règles, ne serait ce que pour parler un même langage…
Voir par exemple : « Suggestions pour écrire des haïkus » ;
les respecter toutes ne serait pas très réaliste…
n’en respecter aucune le serait encore moins.
En vrac, quelques réflexions personnelles sur la pratique du haïku :
Haïku accompagné ou autonome…
Le défi et la richesse du haïku ou senryû sont en partie liés à la contrainte de traduire en moins de 18
syllabes une sensation, une impression… La tentation est forte de rajouter un commentaire avant ou (et) après pour être sûr d’être bien compris…
Ben voyons ! Notre petit haïku se suffit à lui même : il « fonctionne » ou pas, mais tout seul, comme un grand!
On peut rajouter une indication si l’on fait référence à un fait culturel ou particulier inconnu du lecteur, mais en règle générale, si l’on partage la même culture et les mêmes codes, les sous
entendus, les allusions, les références doivent être comprises (ou interprétées) à demi-mot…
Haïku à pied…
Lorsqu’on est spontanément séduit, ému ou amusé par un haïku ou senryû, on l’est par l’impression, la vision qu’il nous
révèle (l’étincelle !) ; si ensuite, par réflexe, on compte les pieds et que l’on constate qu’il ne respecte pas le 5/7/5 "nippon initial", cela n’enlève rien à notre premier
plaisir. En revanche, un texte sans esprit et sans lumières ne sera pas sauvé par le respect des règles ! Dommage !
Haïku
en lignes...
J’aime bien respecter les 3 lignes et si possible
le
court/ long/ court : c’est le code d’identification visuel le plus évident. Pour la lecture orale on peut imaginer deux lignes matérialisées par la césure. On dit
souvent que les haïkus sont écrits pour être lus oralement; pourtant, plus de 95% des haïkus et de la poésie en général sont visualisés (internet, livres) et bien rarement lu en public.
*
J’aime bien aussi, mais là c’est plus un jeu personnel,
réduire au minimum l’ensemble, sans tomber dans le SMS…
L’utilisation (limitée) de verbes (richesse de la langue française !) ou d’adverbes ne me gêne pas ; là encore, leur présence ou leur
absence ne nuise en rien à l’intérêt du texte… sauf à attacher plus d’importance à la lettre qu’à l’esprit... haïku.
*
Le senryû est le cousin déluré du haïku ; il ne peut pas s’empêcher d’être ironique et s’intéresse atousantabou, plus d’ailleurs à la nature humaine qu’à la nature tout
court. La différence entre les deux est de moins en moins perceptible (mais qui a influencé l’autre !?)… On parle alors de " haïku urbain " et presque
tout le monde est content
"Le HAIKU veut toujours dire quelque chose.
L'idée que ça ne veut rien dire est une coquetterie de
sectaires précieux. " ( de précieuses ridicules!)
(critique de R.Barthes par J.Sarocchi)
A suivre...
Ce modeste blog recevait tranquillement une petite centaine de visiteurs/jour; depuis quelques jours, ce nombre a subitement doublé !!?
L’hypothèse la plus probable pour expliquer ce doublement est la parution dans la revue Psychologie magazine d’un article, très bien fait du reste, sur le haïku. On y trouve que du beau monde et quelques bonnes adresses web. Merci donc à eux et notamment à Catherine Belkhodja de Marco Polo.
A propos, comment expliquer mon amour de l’écrit sur papier et en plus glacé… Faudra que j’en parle à ma psy…
la beurette blonde
avec ses racines
dans ses cheveux
coups de coeur
à minuit ça vibre jusqu’au bout
du sien
robe blanche
d’une nuit passée à boire
aube du premier jour
premiers petits vœux
il souhaite une bonne année
pour de vrai
an ben granada *
al mens que siam pas maï
que sieguem pas mens
une année gagnante
et qu'au moins si l'on n'est pas plus
l'on ne soit pas moins
*
douze coups
champagne pas terrible
mais ses lèvres !
penchée décolletée
elle admire les cadeaux
moi aussi
toutes ces lèvres
toutes ces joues tous ces baisers
premier janvier
*
Qui que tu sois, où que tu sois, je te souhaite, per l’an qué ven, du plaisir et de l’espoir (à redonner !) et, pourquoi pas, un peu de chance et de bonheur (ça va avec !)… si non, de la tendresse et des émotions (partageons les !)… allez je te mets aussi quelques câlins (à échanger !) parce que j’espère qu'elle sera longue et sans temps mort…
Sincèrement, même si l’on se connaît encore à peine…











