perdus
dans la vigne
grappiller
les grains oubliés
par la machine
Haïku-senryû (tercet!)
et points de
suspension...
perdus
dans la vigne
grappiller
les grains oubliés
par la machine
septembre
elle remet d’abord
le haut
Maguelone…
ses seins naturels
dans du synthétique
vent de fraicheur
le naturiste enfile
un textile
iceberg
un bout de son sein blanc
émerge
monde fluctuant…
ses seins dans l’eau
deux fois plus gros
si elle en avait un
ça serait du 90 C
presqu’aussi beau
qu’une goutte d’eau
son nombril diamant
l’un brillant l’autre noir
deux soleils sur son corps
tas de bois flotté
passe le monsieur chauve
et la dame lisse
sa peau si bronzée
son maillot noir invisible
... étés passés…
deux dames avec leurs premiers strings
du début
leurs seins depuis
ont rajeunis
fin du monde
s’allongent l’ombre et l’espace
entre les corps
la rose trémière
au milieu des ruines
l’araignée habite
au dernier étage
des fleurs
Méditerranée…
l’horizon sans surface
mer et ciel face à face
peinture à l’eau de mer
couleur ciel et marine
Saint Jean Cap Ferrat
même les Mouettes
se la pètent
devant les transats
la mer très chère
pas très chaude
l’envie balance
suspendue entre ses seins
la tête de mort
printemps de bonne heure
enrobée de boutonnées
une robe fleur
chaleur
les femmes auréolées
la peau des saintes en pleurs
parfum
à fleur de peau la sueur
mêlée des deux
La fleur est le paroxysme de la jouissance
La jouissance est brève et soudaine, son expression (son explosion !) doit l’être aussi.
...
De l’impression vive à l’expression brute.
(L’écrit suggère, l’imaginaire traduit.)
le maxi dans le mini
oh ! même mieux
le mini dans le mini !
Pourquoi faire long et compliqué quand on peut faire simple et court ?
Mais aussi, pourquoi faire terne et inodore quand on peut faire éclatant et parfumé ?
L’impression vive…
« Je déteste cette habitude scholastique de développer… Seuls les bavards traitent le sujet. Quand je veux traduire une impression vive, mon premier
mouvement n’est pas de laisser aller ma plume, comme disent les sots, mais un reflexe de contraction, de gêne, de refus… Je déteste les bavards, tous les chroniqueurs qui ne parlent de rien en
parlant de tout. C’est difficile d’être bref… »
Paul Morand (Journal inutile)
« La rage de l’expression…
« Que rien désormais ne me fasse revenir de ma détermination : ne sacrifier jamais l'objet de mon étude à la mise en valeur de quelque trouvaille
verbale que j'aurai faite à son propos, ni à l'arrangement en poème de plusieurs de ces trouvailles.
En revenir toujours à l'objet lui-même, à ce qu'il a de brut, de différent : différent en particulier de ce que j'ai déjà (à ce moment) écrit de lui.
Que mon travail soit celui d'une rectification continuelle de mon expression (sans souci a priori de la forme de cette expression) en faveur de l'objet brut.
Ainsi, écrivant sur la Loire d'un endroit des berges de ce fleuve, devrai-je y replonger sans cesse mon regard, mon esprit. Chaque fois qu'il aura séché sur une expression, le replonger dans
l'eau du fleuve.
Reconnaître le plus grand droit de l'objet, son droit imprescriptible, opposable à tout poème... Aucun poème n'étant jamais sans appel a minima de la part de l'objet du poème, ni sans plainte en
contrefaçon.
L'objet est toujours plus important, plus intéressant, plus capable (plein de droits) : il n'a aucun devoir vis-à-vis de moi, c'est moi qui ai tous les devoirs à son égard.
Ce que les lignes précédentes ne disent pas assez : en conséquence, ne jamais m'arrêter à la forme poétique celle-ci devant pourtant être utilisée à un moment de mon étude parce qu'elle dispose
un jeu de miroirs qui peut faire apparaître certains aspects demeurés obscurs de l'objet. L'entrechoc des mots, les analogies verbales sont un des moyens de scruter l'objet.
Ne jamais essayer d'arranger les choses. Les choses et les poèmes sont inconciliables.
Il s'agit de savoir si l'on veut faire un poème ou rendre compte d'une chose (dans l'espoir que l'esprit y gagne, fasse à son propos quelque pas nouveau).
C'est le second terme de l'alternative que mon goût (un goût violent des choses, et des progrès de l'esprit) sans hésitation me fait choisir.
Ma détermination est donc prise ...
Peu m'importe après cela que l'on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quant à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m'avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon
coup de reins pour en sortir. »
Francis Ponge
« Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le Maître cueille pour le plaisir. Nous sommes tous des fleurs plantées sur cette terre que Dieu cueille en son temps, un peu plus tôt, un peu plus tard. Autre est la rose empourprée, autre le lys virginal, autre l’humble violette. Tachons de plaire, selon le parfum et l’éclat qui nous sont donnés… »
Saint Théophane Vénard
"De ce que nous voyons, il n'est
rien qui ne soit fleur".
Basho
L'Ikebana (la voie des fleurs) tout comme le haïku sont des moyens
traditionnels de communication sociale.
Le simple bouquet
et le poème bref cherchent, non pas à nous faire réfléchir, mais à nous transmettre une impression, nous faire expérimenter l'infiniment grand dans l'infiniment petit, le cosmos dans le
microcosme, l'éternité dans l'instant éphémère, l'invisible dans le visible. Toujours au rythme des saisons.
Le principe visuel du haïku est surtout le tercet asymétrique.
Le principe du bouquet ikebana est le plus souvent la triade asymétrique, trois points principaux symbolisant le ciel,
la terre et humanité à travers les trois piliers: asymétrie, espace et profondeur.
Leur esthétique est celle du presque rien. Leur
art est minimal.
Le "Fûryû" (souffle du vent) est une doctrine philosophique japonaise qui cherche à marquer une idée de style, de
finesse, d'élégance ou de beauté et qui se retrouve notamment dans la cérémonie du thé, l’ikebana, le haïku...
Cette notion de Fûryû , employée par Basho, fut reprise par le Bouddhisme Zen
et reposait sur une trilogie : la simplicité intérieure (Sabi) l'attention aux choses simples de la vie (Wabi) et la sensibilisation à ce qui se trouve derrière le superficiel (Yugen). Cette
trilogie était le cadre à l'intérieur duquel le Samouraï devait découvrir la pureté de la pensée (Sei), la valeur du calme (Juku), l'harmonie intérieure (Wa), la sagesse (Juju) et
l'humilité.
robe rouge relevée
les coquelicots aussi
en robe des champs
jardin secret
cachant les jeunes pousses
la robe à fleurs
sur les hauts talons
ses
longues jambes
rallongées par la mini
couleur lait fraise
son coup de soleil
au décolleté
couleur lavande
retrouver l’odeur
dans la robe en fleur
rose
pale
un à un les boutons
de la robe à fleurs
par derrière
la robe à fleurs cueillies
par le vent
fin d’un été
les fleurs des robes
jamais fanées
Un nouveau kigo (mot de saison): robe d’été
robe et vent d’été
tout a déjà été
inventé
ville classée
ses monuments ses musées
ses robes d’été
stop au feu vert
priorité aux robes d’été
découvertes
deux burqas noires croisent
une robe d’été
robe d’été
prendre l’air puis du plaisir
puis du désir
vent d’été
la culotte adaptée
à la robe
robe et vent d’été
jambes taille seins offerts
grâce à eux
son vœux le plus chair
se réincarner
en robe d’été
robe d’été
pour le plaisir des jambes
rien que pour lui
femme
la douceur de l’être
robe d’été
soleil obscurité
être ou ne pas être
en robe d’été
renaissance
on devient femme
en robe d’été
sa robe vichy rose
déjà belle sans elle
les seins des statues
sans saisons au musée
robes d’été
forêt monotone…
la ville si jolie
avec ses belles
des pins à perte de vue
des pin up à chaque rue
printemps en ville
pas de fleurs dans les rue
des jeunes filles
son sourire
sous la lueur du parasol…
dix ans de moins
été en
ville
presqu’autant d’hommes amoureux
que
de femmes
en ville en vélo
l’envie de s’envoler
au village
sortie des écoles
sur le gros 4x4
non au nucléaire
Au fil du temps...
jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi
sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante
des rires
sur la photo floue ...
le bonheur a bougé
soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons
en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam
cachant
le hâle de l’été
son châle
vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe
Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle
maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune
matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin
clair de lune
son visage illuminée
par son i phone
premier lézard
la chatte l'a vu
la première
silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige
pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public
souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent
à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt
sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre
reste un cœur
rayé de rides
sur son bras
devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant
nuit en
gîte
le chant du coq réveille
des
souvenirs
chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche
allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel
prenant le métro
pour la première fois
seul sourire
Trous dans la salade
Sur les lieux du crime
le serial croqueur
piaillements
- s’envolant du pin
une plume
22 décembre
une minute en plus
un jour en moins
avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit
premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre
plage déserte
sous un
bout de bois roulé
deux fourmis
soleil d’avril
les fumeurs
et les non fumeurs
en terrasse
enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre
soir d’été
prendre le temps avec elle
les garder
au café
les touristes boivent le pastis
en VO
jour d’été…
ne rien faire
mais bien
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil
balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe
Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes
sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux
aube grise
le café allume
son brouillard
la pluie
et les poules picorent
les flaques
sur la toile
nue
les pommes rougissent
sous son pinceau
retour
d’alpages
les dames admirent les bêtes
les bergers les dames
réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre
terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis
touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC
plage de Maguelone
toute nue sauf l’oreille
- allo
- nue -
juste autour des reins
la méditerranée
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