Haïku-senryû (tercet!)
et points de
suspension...
brume d’automne
peaux plage et pensées
de plus en plus floues
brume
sur la plage
des fantômes sans linceuls
en forme de femme
brume sur la plage
des silhouettes vagues
vont et viennent
première
fraicheur
imaginer ces gens nus
tout habillés
Maguelone
plage nue
sans maillot
équinoxe
un grain entre ses seins
(presque) équidistant
dernier jour
d’été
elle montre sa fidélité
au soleil
fin septembre
plus de grains de sable
par naturiste
détenus
au-delà des nues
les textiles
la fille en maillot
ses parents non plus
rien à perdre
magie du soleil
faire d’un deux pièces
une pièce
sel sur les
lèvres
ses seins couleur caramel
au beurre salée
un dix octobre
l’eau de mer à vingt degrés
un plaisir pour deux
un cinq/sept/cinq pour un
tout nu et un deux pièces
envol de l’été
les peaux bronzées migrent loin
vers les habits chauds
sculpture nature
ses seins de statue en chair
et bronzés
nuit de Chine
la lune d’automne
de plus en plus jaune
nuit câline
un chat miaule sur le toit
plus éloquent que moi
nuit canine
un chien aboie dans la rue
ou dans le rêve
nue pour une fois
gardant juste du maillot
la trace
plage
de Maguelone…
un
couple et son chien
tout
nu
détenus
au-delà des nues
les textiles
première fraicheur
imaginer ces gens nus
tout habillés
la plage nue
sous une femme confondue
Maguelone
automne
croisé une femme enceinte
du printemps
première buée
dessiné sur la vitre
un soleil
fin de l’été
presque tous les boutons
refermés
dans le couloir
le
son dur de ses talons
avant
ses seins
seule à seul dans l’ascenseur
penser à DSK
dans le bois pour l’hiver
plein
de bêtes à l’abri
pour
l’hiver
la
bûche lâche
à
chaque coup de hache
ses
hôtes cachés
un an de plus
les années et les femmes
de
plus en plus belles
bain anniversaire
nager en mer au-delà
des soixantièmes
Au fil du temps...
jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi
sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante
des rires
sur la photo floue ...
le bonheur a bougé
soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons
en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam
cachant
le hâle de l’été
son châle
vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe
Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle
maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune
matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin
clair de lune
son visage illuminée
par son i phone
premier lézard
la chatte l'a vu
la première
silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige
pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public
souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent
à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt
sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre
reste un cœur
rayé de rides
sur son bras
devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant
nuit en
gîte
le chant du coq réveille
des
souvenirs
chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche
allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel
prenant le métro
pour la première fois
seul sourire
Trous dans la salade
Sur les lieux du crime
le serial croqueur
piaillements
- s’envolant du pin
une plume
22 décembre
une minute en plus
un jour en moins
avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit
premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre
plage déserte
sous un
bout de bois roulé
deux fourmis
soleil d’avril
les fumeurs
et les non fumeurs
en terrasse
enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre
soir d’été
prendre le temps avec elle
les garder
au café
les touristes boivent le pastis
en VO
jour d’été…
ne rien faire
mais bien
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil
balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe
Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes
sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux
aube grise
le café allume
son brouillard
la pluie
et les poules picorent
les flaques
sur la toile
nue
les pommes rougissent
sous son pinceau
retour
d’alpages
les dames admirent les bêtes
les bergers les dames
réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre
terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis
touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC
plage de Maguelone
toute nue sauf l’oreille
- allo
- nue -
juste autour des reins
la méditerranée
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