Haïku-senryû (tercet!)
et points de
suspension...
vent vif sur la place
plus de feuilles aux arbres
ni de robes aux filles
feu de feuilles en ville
la fumée dans l’espace
non fumeurs
le balayeur noir
la fumée blanche des feuilles
l’efface
Mistral
les feuilles une à une
par millions
Mistral
en l’air vers la mer
nuages et feuilles
enfin détachée
la feuille en chute libre
de mourir
lire à l’air libre
le vent dans les feuilles
des d’arbres aussi
coups de vent
jaune rouge marron
des mortes
en couleur
dans mon rêve:
j’évite le ménage
en me réveillant
(Vrai bien sûr
et ça marche !)
ton rose
la chambre à coucher
de soleil
ma main sur le tien
le mien dans ta main
besoin de rien
feux d’artifice
la foule se presse
fesses contre sexes
l’hiver bien tôt
les arbres en sens inverse
du printemps
arbres illuminés :
les platanes sans sève
plein de jus
des lumignons…
un
million de lumières
illumine
Lyon
ce midi
le ciel les arbres les peaux
plus bleu plus rouges plus douces
sur le coup de midi
le cadran solaire
croise un nuage
un
an de moins
des nuits et des jours
de plus en plus courts
de jour en jour
la séduction se replie
mais ne se rend pas
soleil d’automne
la feuille atterrit
sur son ombre
fin d’automne
les flamants de plus en plus
espacés
printemps en ville
les jeunes pousses
des jeunes filles
saison
bénie…
peut être encore vierge
déjà pleine de grâce
instant silencieux
les lèvres séparées
du baiser
cris des canards (coin coin!)
sur le canal une canette
de coca
la souplesse du tissu
dessine ses seins
ses fesses aussi
on perçoit
la peau sous la soie
où elle s’assoit
brouillard d’automne
au loin des montagnes sacrées
ou des buildings
temps brumeux
la pile arrêtée
du cadran solaire
brouillard en ville
on ne voit de ses formes
que le derrière
brume passagère
des hommes adoucis
se rapprochant des femmes
brume d’automne
la vigne vierge en profite
pour s’effeuiller
Au fil du temps...
jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi
sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante
des rires
sur la photo floue ...
le bonheur a bougé
soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons
en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam
cachant
le hâle de l’été
son châle
vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe
Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle
maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune
matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin
clair de lune
son visage illuminée
par son i phone
premier lézard
la chatte l'a vu
la première
silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige
pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public
souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent
à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt
sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre
reste un cœur
rayé de rides
sur son bras
devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant
nuit en
gîte
le chant du coq réveille
des
souvenirs
chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche
allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel
prenant le métro
pour la première fois
seul sourire
Trous dans la salade
Sur les lieux du crime
le serial croqueur
piaillements
- s’envolant du pin
une plume
22 décembre
une minute en plus
un jour en moins
avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit
premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre
plage déserte
sous un
bout de bois roulé
deux fourmis
soleil d’avril
les fumeurs
et les non fumeurs
en terrasse
enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre
soir d’été
prendre le temps avec elle
les garder
au café
les touristes boivent le pastis
en VO
jour d’été…
ne rien faire
mais bien
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil
balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe
Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes
sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux
aube grise
le café allume
son brouillard
la pluie
et les poules picorent
les flaques
sur la toile
nue
les pommes rougissent
sous son pinceau
retour
d’alpages
les dames admirent les bêtes
les bergers les dames
réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre
terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis
touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC
plage de Maguelone
toute nue sauf l’oreille
- allo
- nue -
juste autour des reins
la méditerranée
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