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Haïbun

Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 00:00

force de la vie
la beauté éphémère
dans chaque insecte

En vieillissant l’espace et le temps s’altèrent avec une autre syntaxe. La page se lit différemment suivant le sens du vent… L’impression d’un léger flottement du monde… La vie émerge enfin du virtuel... L'obscur n'a plus de secret pour la lumière.

 

A trop penser, à trop vouloir voir l’invisible, il se venge… Il sort de la réalité comme une vision subliminale. Il veut sa vie. Il veut tout voir... Mais où que je porte mes regards tout me tire des larmes. J’attends l’amour et la mort et leurs certitudes comme la foudre. Mes ailes sont trop sensibles au vent. Je veux me poser pas me reposer, voir le présent pas l’avenir encore moins l’éternité...

Je vole en tremblant avec le scarabée


le scarabée
brillant jusqu’à la fin…
même un peu après

Par André - Publié dans : Haïbun - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 31 juillet 2008 4 31 /07 /Juil /2008 14:39

Avignon 2008
tous les dos sont tournés

un rang devant
un dos aux grains de toute beauté

 
à l’entracte les yeux sur son dos
dressé de haut en bas sans soutien

peut être personne ne les a jamais su
ces beaux grains de peau
ne les a jamais admirés
aussi longtemps que moi...
(fallait l'avertir qu'elle ne verrait pas
celui qui verra vraiment son envers)
les yeux fermés
je peux replacer tous les grains de son corps
à leur place dans ce décor
même les plus petits
(surtout les plus petits!)
réciter par coeur la ligne de son dos
jusqu'à la chute finale de sa nuque...
et l'autre à coté d'elle
qui ne la regarde même pas

pas trop vu la pièce
de face
juste la beauté
de dos

Avignon 2008
pas de spectacle plus beau
qu'une nuque nue
 



Par André - Publié dans : Haïbun - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
Vendredi 30 mai 2008 5 30 /05 /Mai /2008 15:42

 Haïbun rêvé et écrit à 16 000 pieds...

chaque fois
les coups sont les mêmes
la foudre est pour moi...


avion Dubaï Paris:
Cécilia Sarkozy en vie
pas en photo

Cécilia moins glacée
que sur le papier


émirat d’artifice ;
Cécilia plus jolie
en vrai

mots crus des gens
sur Cécilia et moi
je m’attendris

si fine si frêle
si femme si si

on dirait Sisi

sirène peut être
j’ai pas vu ses jambes
que son profil
le droit je crois
croisé son regard
gardé en secret
son nez en trompette
ces yeux qui la guettent
son air effacé
cette silhouette
la vue de son dos
pas vu en photo
jamais plus jamais
ne le reverrai
                           déjà vu une reine (en vrai aussi si si!)
très peu de princesses
la première dame
reine d’elle-même

et un peu de moi

 

des heures ensemble
sans qu’elles passent…
rajeuni de six heures


lentement dans l’espace
l’amour n’a qu’un temps…
décalage au rêve


Par André - Publié dans : Haïbun - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 17:45

(Clin d’œil à PereC)


quitter le quai
ne croire qu’à des actes
désincarnés

Dés qu’on quitte le quai à Pékin les questions se bousculent dans la quiétude du compartiment… Quel crédit accorder aux explications de l’accompagnateur… Quelle confiance accorder à notre cornac, camarade au bec de canard, laquais de la Dictature  Républicaine Démocratique… Comment combler ma curiosité sur les questions complexes concernant le communisme et le capitalisme… Comment concilier compétitivité, croissance et équité… Qu’adviendra-t-il quand le carcan qui écrase les démocrates s’écartera… Croire que Coubertin les conduira à la démocratie équivaut à croire que les banquiers concourent pour la conquête de l’équité… Qui m’a piqué ma couette et  niqué mes claquettes dans le couloir et pourquoi continuer à s’enquiquiner à n’écrire qu’avec ces consonnes à la con… 



accoster
croire encore à des combats
sans victoires
Par André - Publié dans : Haïbun - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 16 janvier 2008 3 16 /01 /Jan /2008 17:48

dans l’église
regarder ceux des saintes
en pensant aux siens


Seins
Gorges ceintes
Saintes gorges
Seins gorgés de sucre d'orge
Seins gonflés qui se rengorgent
Saints louant les soutien gorges
Derniers remparts de la chair
Sanctuaire de prosélytes
Dont nuls ne s’échappent
Prison des frissons
Refuge et maintien pour la forme
Masques sans yeux pour sourds-muets intarissables
Instruments interdits pour musiques interdites
Fruits sains de nos ultimes illusions
Les premières gouttes de lait goutterons ici
Car là vit la source
Le secret y trouve asile même révélé
 Exposées vulnérables
Ces formes jamais définitives
Sont gardées comme dans une armoire 
Remplie de cotons et de voiles
Embaumées d’odeurs de femmes
Toute la sphéricité du monde
Concentrée dans ces creusets
Indubitable réalité matérielle
Et miroirs fantasmatiques
Qu'elles exhibent à la manière des médailles
Mais de celles qu'on méritent 
Pour tous tendres doux apaisants
Et toujours sensiblement différents
Corps de fillette hésitant encore
Sous l'affirmation émergente de la maturité
Aperçus entre deux boutons déjà trop serrés 
Dans un soutien encore adolescent
Poitrine virginale déjà développée
Respirant la santé et le désir
Parlant de printemps
Seins moulés de profil
Saillants hors de la finesse verticale
S’arrondissant puis retombant sous leur poids
Ou nus cachés derrière un pull bleu en cachemire 
Ou un T-shirt presque transparent
Tremblants légèrement
 Pointés vers un ciel orageux 
Vers des mains invisibles
 On les devine si bien qu'on les voit
Qu'on les touche de loin
Et quand ce n'est plus l'été
Si cachés si enclos si enfouis
Qu’il faut du courage ou de l’imagination
On devine des frissons on devine des envie
 On ne comprend pas
Figure de prouesse fendant les regards
On s’écarte d’eux avec douceur
Comme on le fait pour des somnambules
Ils sont la réalité éternelle et enviée
De nos différences
Certains sont pleins de vie et de douleur
D’autres pleins de larmes et de passion
Sautillants malléables imprévus
Rarement domestiqués ou siliclonés
Car ils perdraient leur nature même
L’ombre de loin la plus profonde
Se trouve au cœur des décolletés
Elle marque la frontière avec elles
Parfois un micro sillon noir
Lu avec les yeux les unit
La blancheur de certains éblouit
 Eclairés de l’intérieur comme des lucioles
La nuit avec la lune ils se voient de loin
Ils tombent aussi avec aisance
Quand elles se penchent pour ramasser
D’autres fruits tombés à terre
Soupirants entre-eux dans une trouble émotion
Surtout s’ils sont honnêtes
Se soulevant et s'attirant aux très aimants 
Ils s’amollissent comme la cire
Aux heures ardentes du soleil
Mais rien n’est plus sincère que ceux des baigneuses
Quand ils frémissent leurs rondeurs s’arrondissent
Quand la réalité les dépasse ils redeviennent eux-mêmes
Neutres et indifférents apaisant même les plus durs
Célestes et primordiaux
Leur raison première est l’émotion
Leur seconde l'opposition
L'ultime l'union
Provoquant l’étonnement émerveillé
Des garçons mais surtout des fillettes
Certains si petits bonzaïs ne grandiront jamais
Concentrant toute la féminité du monde
Ils garderont pour toujours leur adolescence
Et la naturalité palpitante de la jeunesse
Idéale fermeté immatérielle imaginée jusqu’au délire
Toujours en apesanteur
Partagés et multiples
Pièces détachées de toute pudeur débordante
Démonstration de l’évidence et de l’éclat de l’éphémère
Sublimation du volume et de l’intervalle parfait
Proéminents à l’abordage mais sans rancœur
Nous ne les verrons plus quand nous serons morts
Les squelettes n’en ont pas
Il ne faut donc jamais baisser les yeux devant eux 
Même s’ils semblent inaccessibles et brûlants
Sinon on rend gorge
Et tout au bout
On devient flou
(Oufl!)

sous sa blouse
ses petits seins silencieux
censurés par la soie

Chuutttt

André Cayrel

Par André - Publié dans : Haïbun - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 31 août 2006 4 31 /08 /Août /2006 18:32

Dans mon rêve
je m’endors dans ses bras
en rêvant


Vue de dos on dirait une japonaise.
Sur ce chemin tourbillonnant, mon cou aussi se bride, mes bras toujours se balancent avec une étonnante régularité d’avant en arrière, le pouce devant, l’auriculaire derrière, très loin derrière, pendant que le haut de ses cuisses épousent la cadence de mes mains. Hier soir, elle sautillait presque nue au milieu de la belle nuit. Ses seins n’étaient pas blancs mais comme éclairés de l’intérieur. On aurait dit des lucioles. Sa bouche silencieuse gigotait entre nous. Ce matin je cours après elle en essayant de ne pas la rattraper. Tout est là pourtant, le tissu qui balance, le nylon humide, la peau brillante et les courbes qui s’élancent dans un murmure confus et une solitude immense entre l’expression du désir éternel et l’espoir fragile du plaisir. Une voix ondule et fait lever ses bras, ah ! ses bras ! Une mélodie la caresse en équilibre. Elle est si belle avec ses mains posées sur le ciel. Moi, en bas, j’ai une sorte de chicungugna orphelin de mère, le B je crois, celui qui rend hyper lucide, qui rend fou quoi. Suspendue au ciel elle me fascine et me fait signe. Je la prends en photo, plusieurs fois. Le jour se lève, il faut qu’elle remaquille sa nuit, elle a un petit pli sur son sourire. Le bout de sa lèvre a un goût précis de dentifrice. Calme et vierge, jonglant avec d’autres nuages elle monte dans le ciel et disparaît un peu, puis beaucoup. Dans ces conditions je n’essaie même plus de la suivre. Une autre fois peut-être, quand je serais plus jeune. Je me réveille et me rendort ou l’inverse en pensant que cette nuit ma barbe va encore pousser, des poils nouveaux qui n’auront pas connus les siens.
Après j’ai encore rêvé du Fuji-yama…
  
 

 

Au petit jour
quelques tâches blanches
bien réelles

 

 

 

 

Par André - Publié dans : Haïbun - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

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Au fil du temps...

jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi

sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante

          soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons


en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
 

je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois

presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam

cachant 
le hâle de l’été
son châle 



vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe

 


 Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle

 

maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune 


       matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin


clair de lune
son visage illuminée
par son i phone

premier lézard
la chatte l'a vu
la première


silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige


pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public

 

           souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent


 à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt


 sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres


   
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre

   

reste un cœur
rayé de rides
sur son bras


  devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant

nuit en gîte
le chant du coq réveille
des souvenirs

 

chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche

 

 

allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel

 

prenant le métro
pour la première fois
seul sourire   


Trous dans la salade

Sur les lieux du crime
le serial croqueur

 

piaillements
- s’envolant du pin
une plume

 

22 décembre    

une minute en plus

un jour en moins 


 

 avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit



premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre


plage déserte
sous un bout de bois roulé
deux fourmis


soleil d’avril
les fumeurs et les non fumeurs
en terrasse


enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre

 


soir d’été
prendre le temps avec elle
les  garder


au café
les touristes boivent le pastis
en VO



jour d’été…
ne rien faire
mais bien 


vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre


chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil


balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe 


Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes


sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit

 
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux


 aube grise
 le café allume 
 son brouillard


  la pluie
et les poules picorent
les flaques


 sur la toile nue     
les pommes rougissent     
sous son pinceau 


  retour d’alpages 
les dames admirent les bêtes    
 
 les bergers les dames


réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre


terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis 



touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC



 plage de Maguelone
 toute nue sauf l’oreille 
- allo


- nue -
juste autour des reins
la méditerranée

 

 

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