Haïku-senryû (tercet!)
et points de
suspension...
papillonnant
pas pressé de perdre ses points
petit paon de nuit
nue sur la dune
les mains sous la nuque
sans retenue
voile de brume
vision d’un bout du vallon
que le vent dévoile
sa bouche boudeuse
suçant sa mèche blonde
bêcheuse
chaque bond
affranchit les boucles
de son chignon
son chignon
niché au fond
de son fichu
cheveux fauves
cherchant à se faufiler
de son chignon
Andrzej Swietochowski est mort le 24/03/06.
Il écrivait des livres plein de vide et de vie,
uniques et universels...
Il faisait aussi des dessins plein de vie,
de mort et de vide...
un couteau perdu
planté sur la plage
bien propre
pluie sur la plage
pas la pluie sous un parapluie
peau sous la pluie
pluie sur la plage
marcher contre elle
toute mouillée
pluie sur la plage
juste pour elle
et pour nous
pluie sur la plage
ne voir plus qu’elle
tout simplement
nuit pâle
vue du bar dans la vitre sale
le petit jour
nuit sans fin
les deux miroirs multiplient
verres et regards
fin de nuit
dernier verre
d’un jour sans fin
lueur de l’aube
d’une nuit passée à boire
où est-elle
seuls avec les autres
dans la glace du comptoir
on s’évite
au coin de ses lèvres
le bout rouge crée l’atmosphère
coin fumeur
regards lointains
derrière la glace du comptoir
on fait ses contes
deux yeux brillants
dans la glace du comptoir
brûlants derrières
fomenté par les serveurs
soulèvement de chaises
sur les tables
Les rires des étudiants
inondent les quais
- vie à Venise
Flottant sur le pont
la longue robe blanche
- nuit vénitienne
les petits vénitiens
sortent de l’école
- risée sur l’eau

Deux cappuccinos
avec deux cœurs en cacao
- coup de poudre
(et coup de cœur!)
Pendu par les pieds
le Pinocchio pendouille
- Parroquià San Polo
Sur la gondole
un couple
presque amoureux
clic
- à Nicéphore Niepce
Venise reconnaissante
Son sourire
entre Salute et soleil
- mienne vénitienne
Rió Fuséri
embouteillage de gondoles
- amours stagnantes
Place St Marc
- la peintre a des lunettes
anti-foule
Je te montre le clocher
dix têtes se lèvent
- Venise
La déclaration
- ce soir sur la gondole
il se jette à l’eau
Sur les Zattere
notre image dans la vitrine
ternie
Trop de touristes à Venise
dit un touriste
parmi les touristes
les enfants jouent
au milieu des touristes
- voyage désorganisé
terrasse à Venise
- regarder la vie traverser
à travers deux verres
Sur la placette
que des voix italiennes
- Vénézia
Soirée vénitienne
- les masques des plus belles
sont plus petits
Jeune vénitienne
- son visage masqué
pas son nombril
Au fil du temps...
jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi
sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante
des rires
sur la photo floue ...
le bonheur a bougé
soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons
en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam
cachant
le hâle de l’été
son châle
vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe
Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle
maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune
matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin
clair de lune
son visage illuminée
par son i phone
premier lézard
la chatte l'a vu
la première
silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige
pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public
souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent
à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt
sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre
reste un cœur
rayé de rides
sur son bras
devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant
nuit en
gîte
le chant du coq réveille
des
souvenirs
chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche
allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel
prenant le métro
pour la première fois
seul sourire
Trous dans la salade
Sur les lieux du crime
le serial croqueur
piaillements
- s’envolant du pin
une plume
22 décembre
une minute en plus
un jour en moins
avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit
premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre
plage déserte
sous un
bout de bois roulé
deux fourmis
soleil d’avril
les fumeurs
et les non fumeurs
en terrasse
enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre
soir d’été
prendre le temps avec elle
les garder
au café
les touristes boivent le pastis
en VO
jour d’été…
ne rien faire
mais bien
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil
balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe
Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes
sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux
aube grise
le café allume
son brouillard
la pluie
et les poules picorent
les flaques
sur la toile
nue
les pommes rougissent
sous son pinceau
retour
d’alpages
les dames admirent les bêtes
les bergers les dames
réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre
terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis
touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC
plage de Maguelone
toute nue sauf l’oreille
- allo
- nue -
juste autour des reins
la méditerranée
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