spectacle de rue
bien joué le clochard déguisé
ah non c’est un vrai
été 2011
des ventres lisses
sans nombrils
sourire du soir
la
douceur du soleil
mieux que Photoshop
Haïku-senryû (tercet!)
et points de
suspension...
spectacle de rue
bien joué le clochard déguisé
ah non c’est un vrai
été 2011
des ventres lisses
sans nombrils
sourire du soir
la
douceur du soleil
mieux que Photoshop
Fourberies de Scapin :
parfaites la diction
et la dentition
la débutante
déguisée en laide
reste belle
vieux cabot
déguisé en beau
un peu trop
deux japonaises
peaux et chapeaux pales
presqu’un 5/7/5
l’ado naissante
dévoile un peu plus
que son âge
instant d’hésitation
les seins matures
de la fillette
scène d’amour
ses yeux au loin dans les miens
Festival d’Avignon
théatre
de rue
les acteurs plus vrais
que les spectateurs
si près des yeux
toucher l'émotion
devant le palais
un
japonais joue du Nô
au loin un saxo
Juliette est morte.
grand cœur de Juliette
pensée pour lui
pensée pour elle
Lien :
http://haiku-senryu.over-blog.net/article-16351688.html
passe un cheval
une poule suit
pleine d’espoir
passe une poule
je suis un coq je suis
le rideau de brume
déchiré par le vent :
le chêne tout nu
Article Libé
quelques cheveux blancs
adoucissent sa blondeur
vieillir en douceur
l’appât
après la pente de ses cuisses
piège à vie
... D'où l'importance capitale de la culture esthétique qui nourrit ce qui est pour moi la poésie de la vie. La prose, c'est-à-dire l'inévitable et l'obligatoire, sans joie, est ce qui peut nous faire survivre et nous empêche de vivre vraiment. Vivre vraiment, c'est vivre poétiquement c'est-à-dire dans l'épanouissement de soi, la communauté, l'amour, la participation à autrui et au monde.
Le monde est merveilleux et horrible. L'esthétique nous aide à nous émerveiller et nous permet de regarder l'horreur. Ainsi le second mouvement du Quintette de Schubert exprime la pire douleur de l'âme, et pourtant il nous donne le bonheur de sa musique qui traduit cette douleur sans l'anesthésier.
L'esthétique des oeuvres nous permet de développer une esthétique de vie quotidienne. "La nature imite ce que l'oeuvre d'art lui propose", a-t-on dit. Elle nous favorise l'émerveillement devant la mer, la montagne, les grands arbres, un papillon qui volette, un enfant qui gambade, un chien fou d'amour qui bondit vers son maître, un beau visage...
Voila donc tout ce qui devrait animer une politique de la culture : une politique de l'esthétique qui contribuerait à démocratiser la poésie de vivre, à ce que
chacun puisse vivre de belles émotions et découvre ses propres vérités.
Edgar Morin
sur Facebook
sa photo d’il y a dix ans
mais non retouchée
fleurs en chaleur
leur pollen pour l’apiculteur
du sperme en couleurs
une dentelle
d’un simple pétale…
magie des chenilles
rose pale
un à un les boutons
de la robe à fleurs
Le haïku : d’une impression première à une impression partagée.
« Ce que j’ai toujours aimé dans les impressionnistes (route de neige de Monet), c’est qu’on est devant un
moment, une parcelle du temps fixé à jamais. De ces millions de vilains matins de mars, des millions de gens qui l’ont vécu, il ne reste rien… qu’un Monet. »
Paul Morand (Journal inutile)
deux corps nus liés
au pied de deux vélos
d’homme
Maguelone…
ses seins naturels
dans du synthétique
Méditerranée…
l’horizon sans surface
mer et ciel face à face
peinture à l’eau de mer
du bleu ciel sur du bleu marine
plage de Maguelone
une dame ronde et lisse
sur les galets
halte de l’étang :
deux Tadornes de Bélon
entre deux mondes
plage de Maguelone
aller d’un demi tour
du sable à la lune
plage naturiste
la dame timide
garde son string
sans bruit sans vagues
des corps dans la brume
sans queues ni têtes
les fesses fermées
les seins ensablés
seule l’effluve blonde
croisant un vélo
malgré la vitesse
l’odeur du cyclo
Maguelone
plus personne à l’ombre
du vieux tamaris
rires d’enfants
les vagues chatouillent aussi
le ciel
les yeux glissants
sur les corps huilés
des gens âgés
deux dames en juin
avec un bronzage d’aout :
réchauffement
peaux nues solaires
les corps stockent le désir
pour la nuit
soleil de juin
déjà levé
l’oiseau joyeux
dit « Je suis là »
jamais ce jour de joie
ne sera rejoué
"C’est le déclin du jour,
et je me souviens du nombre infini de jours
que j’ai vu mourir ainsi…"
Pier Paolo Pasolini
Au fil du temps...
jupe volante
l’air de rien derrière elle
le Mistral et moi
sur le bonzaï
une goutte de rosée
géante
des rires
sur la photo floue ...
le bonheur a bougé
soirée d’aout
la discussion prolongée
avec les grillons
en vol
deux libellules collées
s’envoient en l’air
je vois par instant
le visage du bonheur
comme je te vois
presque charmant
son prince saccadé
sur la webcam
cachant
le hâle de l’été
son châle
vent sur la plage:
si la dame nue
avait une robe
Bouquet fané
Abandonné au soleil
Son ombre est si belle
maison d’enfance
tout est plus petit
même la lune
matin d’été
j’aperçois dans son jardin
mon père au loin
clair de lune
son visage illuminée
par son i phone
premier lézard
la chatte l'a vu
la première
silence glacé
le crissement des pas
le dit de la neige
pleine lune
en panne au bon moment
l’éclairage public
souriant
le vieux pissant comme avant
sous le vent
à défaut de chair
en fin les cendres chaudes
du cher défunt
sorti de l’urne
dans le ruisseau vers la mer
descendre en cendres
le soleil après la nuit
le feu avant la cendre
reste un cœur
rayé de rides
sur son bras
devant la tombe
s’arrêter de vivre
un instant
nuit en
gîte
le chant du coq réveille
des
souvenirs
chez le boucher
sur la fausse orchidée
une vraie mouche
allongé dans l’herbe
face au nuage
allongé dans le ciel
prenant le métro
pour la première fois
seul sourire
Trous dans la salade
Sur les lieux du crime
le serial croqueur
piaillements
- s’envolant du pin
une plume
22 décembre
une minute en plus
un jour en moins
avec l’abeille
le brin de lavande
vrombit
premières fourmis
attendre un peu
pour la poudre
plage déserte
sous un
bout de bois roulé
deux fourmis
soleil d’avril
les fumeurs
et les non fumeurs
en terrasse
enterrement
des inconnus se regardent
cherchant l’autre
soir d’été
prendre le temps avec elle
les garder
au café
les touristes boivent le pastis
en VO
jour d’été…
ne rien faire
mais bien
vigne de mon père
une rangée de vieux ceps
vert tendre
chercheurs d’ombre…
les boulistes tournent
avec le soleil
balancement :
la libellule libère
le brin d’herbe
Au restaurant
devant le « m’as-tu vu »
elle ôte ses lunettes
sous l’abat-jour
la lumière tronconique
dissout la nuit
grippe aviaire
l’expert à la télé rassure
les deux cancéreux
aube grise
le café allume
son brouillard
la pluie
et les poules picorent
les flaques
sur la toile
nue
les pommes rougissent
sous son pinceau
retour
d’alpages
les dames admirent les bêtes
les bergers les dames
réalisant
ses cheveux grisonnants
en relisant l’offre
terrasse au midi
toutes les ombres
sentent l’anis
touristes en Provence
retrouvant dans les lavandes
l’odeur des WC
plage de Maguelone
toute nue sauf l’oreille
- allo
- nue -
juste autour des reins
la méditerranée
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